LE MAJOR GÉNÉRAL AU ROI DE BAVIÈRE
Berlin, 3 novembre 1306.
Sire, l'Empereur me charge de faire connaître à V. M. que par suite des mouvements de la Grande Armée, ainsi que par ceux ultérieurs qui auront lieu, il est utile à l'ensemble des opérations que V. M. veuille bien donner ses ordres pour faire porter un petit corps d'observation du côté de Forchheim. L'Empereur ayant retiré ses troupes de cette partie de vos Etats, Sire, il est nécessaire qu'il y ait de ce côté un millier d'hommes et 500 du côté de Kronach ; il faut que V. M. mette dans cette petite place une garnison capable de se défendre envers et contre tout et qu'elle soit bien approvisionnée.
1. Portée par le lieutenant-colonel bavarois Pocci, détaché à l'état-major particulier du Major général.
Rien ne donne à penser que les Autrichiens soient dans l'intention de remuer, mais l'Empereur au milieu de ses plus grands succès a pour principe de prévoir à tout et il faut que, telle chose qui puisse arriver, l'ennemi ne puisse jamais s'emparer de ces petites places importantes par leur position. Les commandants doivent être sur leurs gardes et faire le service comme si l'ennemi pouvait y arriver d'un moment à l'autre ; telles sont les instructions que j'ai données avant la campagne au général Merle, commandant à Braunau; telles sont celles qu'il est utile que V. M. veuille bien donner aux commandants de toutes ses places sur ses frontières.
l'empebeub au maréchal kellermann.
Berlin, S novembre 1806.
Mon cousin, je reçois votre lettre du 3 octobre. Je vous ai fait connaître le désir que j'avais que vous me fissiez passer le plus d'hommes possible. Le 28e d'infanterie légère n'a que 1,600 hommes ; envoyez-lui en au plutôt 400 autres. J'ai des places fortes où je les ferai exercer s'ils ne sont pas instruits, et dont ils formeront même la garnison.
Je vous ai donné ordre de faire partir la l,f compagnie du corps de gendarmerie d'ordonnance. Lorsque ce corps sera de 1,200 hommes et digne de vous, je vous appellerai volontiers pour le commander. Ne laissez point de troupes en arrière. J'occupe beaucoup de pays. Nos postes sont déjà sur les confins de la Pologne. J'ai donc besoin de troupes; mais il faut que les renforts m'arrivent de bonne heure, sinon ils arriveront trop tard. Les Russes sont bien loin; mais il est possible que nous les rencontrions et que nous soyons aux mains dans un mois ; il n'y a pas de temps à perdre. Tout ce qui arriverait après la bataille ne servirait pas à grand'chose; partez de ce principe.
J'ai vu avec peine que vous aviez envoyé un régiment de cuirassiers pour escorter des prisonniers dans l'intérieur de la France. C'est aux gardes nationales à faire ce service.
Je suis ici dans un pays de cavalerie. Ainsi donc, quand il y aura dans les dépôts de cavalerie 15 hommes en état de partir, envoyez-les-moi sur-le-champ1.
8 novembre 1806.
Le général Rapp me remettra sur la carte un tracé des canaux qui communiquent de l'Oder avec l'Elbe et s'assurera si on a placé des postes pour intercepter ce qui s'y trouve.
Napoléon, l'empereur au major général.
Berlin, 3 novembre 1806.
Donnez ordre aux détachements du 5e et du 9° régiment de dragons, qui viennent du camp de Meudon, de rejoindre ce soir leurs régiments qui sont à Berlin. Donnez ordre au général Beaumont de se rendre demain, à 11 heures du ma-