LE GÉNÉRAL LRMAROIS AU MAJOR OÉNRRAL
Wittenberg, s novembre 1806.
Il est arrivé hier un trésor venant do Mayence ; il est parti ce matin pour Spandau et escorté par 4 compagnies de sapeurs et par un détachement du 28e léger commandé par le major de ce régiment.
Il existe dans les dépôts des différents corps d'armée des hommes qui sont nus ; presque tous ont été blessés à l'affaire de léna. Je crois indispensable que V. À. me fasse passer ou m'autorise à requérir 100 capotes, îoo pantalons ou culottes et 200 paires de souliers.
Il me déserte journellement, pour rejoindre leurs régiments, des militaires qui ne veulent pas rester sur les derrières ; comme je n'ai ici ni officiers ni sous-officiers et que ce sont eux-mêmes qui se gardent, il m'est impossible d'arrêter ceux qui veulent aller rejoindre leur corps.
M. le feld-maréchal de Mollendorf est parti ce matin pour Berlin où il arrivera après-demain.
LE GÉNÉRAL LBMABOIB AU MAJOR ORHBRAIi.
Wittenberg, 4 novembre 1806.
Les soldats qui se trouvent dans leurs dépôts respectifs n'ont pas les moyens de se blanchir et de se faire la barbe, et beaucoup d'entre eux n'ont que la chemise qu'ils ont sur le corps ; presque tous ceux qui ont été blessés et qui ont tout perdu sont venus m'en demander. Ils réclament également le pain de soupe puisqu'ils sont casernes. Je prie V. À. S. de vouloir bien m'autoriser à leur faire distribuer une demi ou un quart de ration de supplément.
Tous les jours il se commet des brigandages et des assassinats dans les villes et villages à 6 lieues à la ronde de Wittenberg. Je crois qu'un détachement de gendarmerie me serait d'une grande utilité pour arrêter le pillage : je n'ai ici que 8 hussards (du 1er régiment laissés par ordre du Major général] qui ne sont pas propres à ce service.