S. LB GÉNÉRAL COMPANS AU GÉNÉRAL LAPLANCHE
Vous voudrez bien, en exécution des ordres de S. Exe. le maréchal Soult,
LE MARÉCHAL NE Y AU MAJOR GÉNÉRAL
Schônabeck, 7 novembre 1806.
J'ai l'honneur d'adresser à V. A. S. le plan de la forteresse de Magdeburg avec remplacement des troupes qui forment le blocus.
Le général Colbert dont le quartier général est à Gommera commande sur la rive droite.
Le général Marchand est établi à Gross-Ottersleben.
Le général Vandamme a son quartier général à Olvenâtadt, appuyant sa gauche à l'Elbe.
Les troupes sont retranchées dans leurs positions, de même que les postes avancés : des coupures ont été faites sur différentes communications que le nombre de mes troupes ne me permettait pas de garder : l'artillerie est disposée sur le flanc et sur le front des divisions pour battre la plaine et protéger la retraite des avant-postes en cas de sortie ; enfin toutes les mesures ont été prises pour ôter à l'ennemi toute communication avec ses dehors et lui enlever les moyens de fourrager.
Pendant la nuit des postes d'observation s'approchent de la place sur les 2 rives de l'Elbe, de manière qu'aucune patrouille ne peut en sortir : à la Diane ces postes rentrent derrière la première chaîne de vedettes : ils sont tous relevés à cette même heure et restent doublés jusqu'au grand jour.
Il règne dans le service beaucoup d'exactitude et il en est résulté que l'ennemi, après avoir tenté plusieurs sorties, n'a pas pu parvenir à nous faire un seul prisonnier.
La fusillade et la canonnade se répètent presque toutes les nuits entre Neustadt et Diesdorf, ce qui fatiguait extrêmement la garnison de Magdeburg. Je fais tirer 2 fois chaque
faire délivrer aux régiments de la division de cavalerie légère la quantité de chevaux ci-après mentionnés, savoir : au 11e régiment de chasseurs, 18 chevaux ; — au 16e, 18 ; — au 22e, 20. — Je vous invile à vous faire donner des reçus de ces chevaux, que vous voudrez bien m'envoyer.
nuit des fusées de signaux. Toutes ces alertes excèdent l'ennemi en sorte que les déserteurs et prisonniers disent que la garnison n'a qu'une nuit de repos pendant laquelle elle est souvent obligée de prendre les armes.
Cette extrême fatigue a causé beaucoup de maladies ; le nombre des hommes aux hôpitaux et des fiévreux s'élève, dit-on, à 1,800.
Le jour qui a suivi l'essai de bombardement que j'ai fait faire, les bourgeois se sont assemblés sous les fenêtres du gouverneur et le menaçaient de se révolter si on refusait de rendre la place.
Le ô j'ai fait ma dernière sommation au gouverneur et le 6 les pourparlers ont commencé. J'ai envoyé aujourd'hui un projet de capitulation ; M. de Kleist a fait assembler son conseil de guerre ; il paraît qu'il y règne dé la diversité dans les opinions; mais malgré les lenteurs que cela cause, j'espère avoir dans peu une réponse définitive.
LE MARÉCHAL NEY AU MAJOR GÉNÉRAL
Scbônebeck, 7 novembre 1806.
J'ai eu l'honneur de vous adresser le résumé des rapports journaliers du blocus de Magdeburg jusqu'au 2 de ce mois.
Le 3 quelques détachements de la 3e division ont été envoyés pendant la nuit pour enlever les postes que l'ennemi aurait pu avoir hors de la place ; ils se sont avancés jusqu'aux palissades sans rencontrer personne. — On a reçu 11 déserteurs.
Le 4 il est arrivé un déserteur.
La nuit du 4 au 5 la 2° division a pris les armes. La 3e division a également été sous les armes toute la nuit ; l'ennemi a tenté une sortie entre 8 et 9 heures ; il a été vivement repoussé. On a tiré sur la place 12 bombes et quelques obus ; une maison a été brûlée dans la ville et 2 autres dans le faubourg de Neustadt.
Le 6 il est arrivé 5 déserteurs.
i/EMPEREUR AU MARÉCHAL NET.
Berlin, 7 novembre 1806.
Je donne ordre au général Lemarois, qui est à Wittenberg, de vous expédier 6 pièces de 24 et 2 mortiers avec armement et approvisionnement. Nous avons de la poudre et des bombes en quantité à Dresde. Vous avez des canonnière qui peuvent servir ce matériel. Bombardez Magdebur^. Toutes les lettres de Stettin assurent que la place n'est pas approvisionnée et manque des objets les plus importants. Je vous ai fait connaître que le bombardement devait toujours aller en augmentant. Servez les pièces avec des boule te rouges, afin de mettre le feu à la ville. J'imagine que vous avez établi de petites redoutes devant la ville, afin que, si les assiégés mécontents de se voir ainsi maltraités, faisaient des sorties, vous puissiez les recevoir. Envoyez fréquemment des officiers au roi de Hollande à Hanovre et au maréchal Mortier qui arrivera le 10 à Hamburg, et faites-moi passer régulièrement les nouvelles que vous aurez de ces deux corps. Je vous recommande aussi de m'envoyer fréquemment des officiers et le bulletin du bombardement. 11 y a à Wittenberg 500 milliers de poudre, à Dresde des bombes tant qu'on en veut. Envoyez à Wittenberg des officiers, et à Dres.le, à M. de îliiard que j'ai nommé commandant de cette ville et qui a ordre de vous fournir tout ce dont vous aurez besoin. Ne tardez pas à m'apprendre que Magdeburg es>t rendu ou en feu. Vous ne manquerez pas de faire connaître au gouverneur qu'il vous est arrivé un équipage de siège de Dresde; qu'avec 100 pièces d'artillerie et les officiers du génie et d'artillerie que vous avez, la place sera bientôt prise ; que dans 8 jours vous aurez passé le fossé et pratique la brèche ; que la ville sera brûlée et saccagée ; qu'arrivé à ce point, il n'y aura pas de capitulation pour les officiers ; que cette résistance est sans but, car mes armées sont sur 1 1 Vistule, et que Ettstrin et Stettin sont pris. Si jamais ils dou-
taient de cette prise, je ne verrais pas d'inconvénient qu'un de leurs officiers se rendit par Berlin à Kiistrin et à Stettin, et revînt à Magdeburg pour les assurer de la position des choses. J'imagine qu'avant le 15 novembre vous aurez Magdeburg.
Mes troupes sont entrées en Pologne ; elles ont été reçues à Posen avec un enthousiasme difficile à peindre. Le peuple de Pologne demande à grands cris des armes ; je lui en ai envoyé. Les Russes n'y étaient pas encore entrés le 1er novembre. 11 est probable que nous les rencontrerons dans les premiers jours de décembre. Vous sentez combien je désire que vous soyez débarrassé de Magdeburg, pour être, vers ce temps, sur la Vistule. Vous trouverez à Magdeburg une partie du trésor du prince de Hesse-Cassel et beaucoup de caisses de régiments. Que rien ne vous échappe ; pour cela faites visiter tous les fourgons et bagages, et ne laissez aux officiers que ce qui leur appartient bien véritablement.
l'empereur au général songis.
Berlin, 7 novembre 1806.
Le Major général vous donnera l'ordre d'envoyer le générai Pernety pour diriger le bombardement de Magdeburg. Des mortiers ont été envoyés d'Erfurt et sont déjà arrivés au camp devant cette place. 6 pièces de 24 et 8 mortiers sont partis de Wittenberg par l'Elbe. Tout cela est abondamment approvisionné de poudre, bombes et boulets. Mon intention est que le bombardement commence et se continue avec la plus grande activité, de manière qu'il aille tous les jours en augmentant pendant 10 jours ; on embrasera tous les points de la ville. Les pièces tireront à boulets rouges pour mettre le feu: Il est impossible que l'ennemi résiste à l'idée de la destruction de cette grande ville. Le général Pernety correspondra fréquemment avec vous. Il tirera de Dresde tout ce dont il aura besoin.
l'empereur au général songis.
Berlin, 7 novembre 1806.
En lisant avec attention l'état de situation que vous m'avez remis, je vois que le 1er bataillon du train a au corps du maréchal Davout 543 hommes dont 70 à cheval sur des chevaux de selle. Voilà donc 473 hommes qui devraient servir 946 chevaux ; cependant ce bataillon ne sert que 672 chevaux ; il pourrait donc servir de plus 274 chevaux. — Je vois en outre 70 chevaux de selle sur 473 de trait servant le train ; cela forme 1/7. Comment les officiers et maréchaux des logis sont-ils le 1/7 du train? On peut faire la même observation pour tous les autres bataillons ; j'y vois partout le même abus. En définitif 6,635 hommes du train montant 827 chevaux de selle et 8,845 chevaux de trait, tandis qu'ils devraient monter 11,600 chevaux de trait; ils montent 3,000 chevaux de moins qu'ils le pourraient; j'ai donc un personnel supérieur aux chevaux. Vous voyez le tort que cela fait. Il y a beaucoup d'abus dans ces bataillons du train ; tâchez d'y porter remède; ce ne sont pas les chevaux qui me manquent ici, ce sont les hommes du train ' .
Je puis faire la même observation sur le matériel que sur le personnel. Je vois que j'ai au 1er corps 534 canonniers ; je devrais donc avoir de quoi servir plus de 50 pièces de canon; cependant le 1er corps n'a que 38 pièces de canon. — Le 3e corps n'a que 36 pièces de canon et a un personnel de 540 hommes. Il peut donc très bien servir les 6 pièces de 3 que je veux lui donner. — Le 4ê corps a 410 hommes et n'a