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LE GÉNÉRAL SOHOI8 K i/lCMPBBKCTR

Berlin, 9 novembre 1806.

V. M. paraît persuadée qu'il existe de grands abus dans les bataillons du train; elle croit que les 6,635 hommes présents à Tannée pourraient conduire 3,600 chevaux de plus qu'ils ne le font et elle est surprise que les hommes qui n'en conduisent pas, forment le septième du train. J'ai l'honneur de lui représenter que, d'aprôs la formation des bataillons du train, il doit y avoir

que 48 pièces. — Le 5* corps n'a que 24 pièces. Il a cependant 370 hommes. Ainsi vous pourrez très-bien augmenter de quelques pièces de 3 les corps comme je l'ai demandé, sans leur fournir une augmentation de personnel.

dans chacun 100 hommes qui montent 82 chevaux de selle et n'en conduise ut pas de trait, savoir:

1 capitaine commandant 3 chevaux de selle.

1 adjudant-major 2 —

l quartier-maître t —

1 adjudant sous-officier l —

1 maître trompette 1 —

1 artiste vétérinaire X —

4 maîtres ouvriers »

6 officiers 12 —

6 maréchaux des logis chefs ..... 6 —

12 maréchaux des logis 12 —

6 fourriers 6 —

21 brigadiers 24 —

12 maréchaux »

12 bourreliers »

12 trompettes 12 —

Ce qui forme en hommes le sixième de chaque bataillon, le complet n'étant que de 604 hommes.

Il y a à l'armée il bataillons du train; conséquemment 1,100 hommes ne conduisent pas de chevaux de trait; il y a en outre u employés de brigades de réquisition qui n'en conduisent pas, ce qui fait un total de 1,111 hommes qu'il faut déduire des 6,635 existants. Il n'en reste donc que 5,524 conduisant des chevaux de trait. Dans ce nombre 300 au moins mènent plus de 600 chevaux blessés ou malades à raison de 50 environ par bataillon. Ces chevaux n'ont point été compris sur l'état, attendu qu'on n'y a porté que les chevaux pouvant servir. Il n'y a donc réellement que 5,224 soldats du train conduisant des chevaux en état. À raison de 2 par homme ils n'en pourraient mener que 10,448 ; il en existe 8,845 dans les corps d'armée ou au parc; il y en a de plus en route pour rejoindre le parc 800 qui ont été achetés à Anspach et qui ne sont pas compris sur l'état, ce qui fait 9,645 pour lesquels il faut 4,823 soldats ; il n'y en aurait effectivement de trop que 401 qui pourraient mener 802 chevaux de plus qu'il n'en est porté existants sur l'état do situation ; mais je suis certain que tous ces hommes sont employés et que môme plusieurs ont 3 chevaux à conduire. Ces chevaux proviennent de réquisitions ou de prises à l'ennemi. N'ayant pas les procès-verbaux de leur incorporation dnns les bataillons du train, je ne les ai pas compris sur l'état; ils n'en existent pas moins ; le parc seul en a reçu le 7, 180 provenant des 26 bouches à feu prussiennes attelées prises à l'ennemi. Ils emploient non seulement les hommes du train, mais même un grand nombre de canonniers.

V. M. trouvera sans doute que la proportion d'un sixième d'hommes ne conduisant pas de chevaux est beaucoup trop forte. Depuis longtemps j'ai remarqué cet inconvénient, et dans plusieurs propositions que j'ai faites pour changer l'organisation de ces bataillons, notamment dans une du 4 juin, j'ai demandé une augmentation de 14 soldats par compagnie ou 84 par bataillon,

CAMP. DU PBUSSB. U. 49

28e BULLETIN DE LA GRANDE-ARMEE.

Berlin, 7 novembre 1806.

S. M. a passé aujourd'hui, sur la place du palais de Berlin, depuis 11 heures du matin jusqu'à 3 heures après midi, la revue de la division de dragons du général Klein. Elle a fait plusieurs promotions. Cette division a donné avec distinction à la bataille d'Iéna, et a enfoncé plusieurs carrés d'infanterie prussienne. L'Empereur a vu ensuite défiler le grand parc de l'armée, l'équipage de pont et le parc du génie ; le grand parc est commandé par le général d'artillerie Saint -Laurent,

ce qui élubl irait au septième la proportion des hommes non montés. Je ne pense pas qu'il soit possible d'en mettre moins, car il faut nécessairement beaucoup do surveillance et d'ouvriers dans ce corps, plus même que dan* tout autre, vu sou genre de service qui oblige à le morceler souvent.

V. M. trou\e qu'il y a dans les corps d'armée plus de canonnière qu'il n'en faut pour le service dos bouches à feu existantes ; elle croit par exemple que dans le 1er corps où il existe 534 hommes d'artillerie, officiers et sous-officiers compris», on pourrait servir 50 pièces de canon. J'observerai qu'il est indispensable d'avoir dans chaque corps au moins îoo hommes pour le service du parc ; ils peuvent à peine suffire pour les travaux, la garde et l'escorte et pour aller chercher des munitions au grand parc. Il ne reste point de canonniers disponibles pour ramasser les pièces prises à l'ennemi. Il n'y a donc réellement au i»r corps que 434 hommes pour le service des pièces; il faut en défalquer 48 officiers, sous-officiers, tambours, trompettes ou maréchaux, ce qui réduit le nombre à 386 qui suffit à peine pour le service de 38 bouches à feu à raison de 10 pour chacune.

Afin que l'artillerie puisse réellement servir en proportion de ses canonnière, il serait nécessaire que les commandants des corps d'armée fissent fournir de l'infanterie pour la garde et l'escorte du parc et pour les convoi? Autrefois il existait des auxiliaires qui faisaient ce service et fournissaient en outre 5 hommes par pièce de 8 et par obusier, et 7 hommes par pièce do a.

Cette mesure de prendre des auxiliaires dans l'infanterie fut encore appliquée dans le courant de la campagne.

LB OKvÉEAL QDDI» AUX GBSSBAUX PETIT ET GAUTXBB.

Posen, 15 novembre 1806.

Les 4 pièces d'artillerie prussiennes accordées à la division par M. le Maréchal étant dépourvues du nombre de canonnière nécessaires pour les servir et do soldats du train pour conduire les chevaux, vous voudrez bien prescrire & M. le colonel du 12e régiment d'envoyer au parc de la division 8 hommes, du 21e il hommes, du 25e il hommes et du 85e 8 hommes, dont partie pour un des services et partie pour l'autre. Ces militaires devront être rendus aujourd'hui au parc à Berdichkow.

l'équipage de pont par le colonel Bouchu et le parc du génie par le général du génie Cazal.

S. M. a témoigné au général Songis, inspecteur général, sa satisfaction de l'activité qu'il mettait dans l'organisation des différentes parties du service de l'artillerie de cette Grande Armée.

Le général Savary a tourné près de Wismar sur la Baltique, à la tête de 500 chevaux du 1er de hussards et du 7' de chasseurs, le général prussien Usedom, et Ta fait prisonnier avec 2 brigades de hussards et 2 bataillons de grenadiers. Il a pris aussi plusieurs pièces de canon. Cette colonne appartient au corps que poursuivent le grand-duc de Berg, le prince de Ponte-Corvo et le maréchal Soult, lequel corps, coupé du côté de l'Oder et de la Poméranie, paraît acculé du côté de Lttbeck.

Le colonel Exelmans, commandant le 1er régiment de chasseurs du maréchal Davout, est entré à Posen, capitale de la grande Pologne. 11 y a été reçu avec un enthousiasme difficile à peindre -, la ville était remplie de monde, les fenêtres parées comme en un jour de fête ; à peine la cavalerie pouvait-elle se faire jour pour traverser les rues.

Le général du génie Bertrand, aide de camp de l'Empereur, s'est embarqué sur le lac de Stettin, pour faire la reconnaissance de toutes les passes.

On a formé à Dresde et à Wittenberg un équipage de siège pour Magdeburg ; l'Elbe en est couvert. Il est à espérer que cette place ne tiendra pas longtemps. Le maréchal Ney est chargé de ce siège.

l'empereur au maréchal mortier.

J'ai reçu votre lettre du 3 novembre. Je suis surpris que le régiment italien ne soit pas encore arrivé. Il devait être le 26 à May en ce. J'imagine que les hommes à pied qui étaient à Mayence sont arrivés, et que vous les avez montés

sur les chevaux de l'Électeur. Je ne vous parle plus de Cassel, parce que vous en êtes parti depuis longtemps. Il est nécessaire que vous soyez le 10 ou le 11 à Hamburg. Le roi de Hollande vous donnera vos instructions. Cela ne doit pas vous empêcher de vous mettre en correspondance avec les commandants de Berlin et de Stettin ; car il est possible que dans quelques jours, je me porte de ma personne au milieu de la Pologne, où mes postes sont déjà arrivés. Si le Roi s'en retourne en Hollande et que vous commandiez en chef, cela ne changera rien à votre position.

Vous laisserez un petit corps devant Hameln et Nienburg et vous vous porterez dans le Lauenburg et de là sur Hamburg d'où, selon les ordres que je vous enverrais, vous vous porteriez dans la Poméranie suédoise, à la poursuite de la colonne du général BlUcher. Vous laisserez à Hanovre un commandant avec une poignée de monde. Point de dilapidations, portez-y une grande attention; je n'en veux pas, tout doit être clair et net. Vous ne sauriez m'envoyer trop souvent des officiers pour m'instruire de toutes vos opérations. J'enverrai demain au roi de Hollande des instructions sur la prise de possession de Hamburg. Faites aux Suédois le plus de mal que vous pourrez, et tâchez de couper la colonne de Blttcher, qui était le 3 à Kriwitz. Mettez-vous en correspondance avec le maréchal Ney, qui assiège Magdeburg.

l'empereur au maréchal lannes.

Le Major général vous envoie un ordre de mouvement pour que votre cavalerie légère pousse des reconnaissances le 9 jusqu'à Schneidemtihl. Si vous pouvez y être le 9 ou le 10, soyez-y. (Voir les ordres concernant le mouvement du 5e corps. Campagne de Pologne, page 68.)

Une compagnie d'artillerie doit être arrivée à Stettin ; elle ne perdra pas un moment à armer la place. Les 1,200 hommes que vous y laissez, vont être employés de la manière suivante :

200 à Damm, 200 au fort de Prusse, 100 au fort Guillaume, 100 au fort Léopold, 600 dans Stettin. Ces hommes se baraqueront par compagnie dans les bastions. Par ce moyen, leur service ne sera pas pénible et ils seront toujours en mesure. Ces 1,200 hommes seront promptement augmentés par les 600 hommes de votre corps d'armée qui partent de Wittenberg et par les détachements qui arrivent de tous côtés.

Donnez ordre que tout ce qui arrivera de votre corps s'arrête à Stettin, pour en renforcer la garnison, jusqu'à nouvel ordre. Ce corps ensuite formera Parrière-garde de votre division. Il sera de 2,000 hommes environ et vous rejoindra lorsque la tête du corps d'armée du prince de Ponte-Corvo sera à Stettin, et selon l'ordre que je donnerai. Je vais d'ailleurs envoyer un corps auxiliaire de 1,500 hommes de troupes allemandes.

Recommandez que l'on arme la place avec la plus grande activité et que sous 2 jours il y ait des canons dans chaque bastion. Assurez-vous qu'il y ait une compagnie d'artillerie de 100 hommes complète. Par les états que m'a remis le commandant de l'artillerie, cette compagnie est la 18e du 5e régiment d'artillerie à pied, forte de 100 hommes. Assurez- vous qu'il y ait un chef supérieur de l'artillerie et plusieurs officiers du génie. J'ai donné mes ordres au général Chasseloup. Je veux défendre tout Stettin.

Stettin, avec 1 ,200 hommes, ayant des canons sur tous les bastions, doit être à l'abri de toute surprise, si, à la manière des Turcs, et suivant l'usage que nous avons aussi pratiqué avec succès, au lieu de monter la garde tous les jours, on confie la garde de chaque pièce à une compagnie, on se baraque dans chaque bastion, on exige que, de nuit, tout le monde soit là jusqu'à 10 heures du matin ; lorsqu'on est certain que l'ennemi ne paraît pas, on ne fait rester que la moitié de son monde près de la pièce, et l'on permet au reste d'aller se promener en ville.

Donnez vos ordres en conséquence au commandant de la place. J'ai donné l'ordre à l'état-major d'envoyer des officiers pour commander au fort de Damm et au fort de Prusse.

l'empereur au général lemarois a wittenberg.

Berlin, 7 novembre 180 s.

Je vois avec plaisir la situation déjà avancée des fortifications ; mais je ne puis voir sans peine qu'il n'y ait pas une pièce en batterie. Qu'avant le 10, il y en ait au moins 20, et que les ouvrages soient garnis. Je suis étonné que vous n'ayez pas reçu d'ordre pour envoyer de l'artillerie à Magdeburg ; il y a 4 jours que vous auriez dû y envoyer des mortiers et des pièces; envoyez-y sur-le-champ 6 pièces de 24, approvisionnées chacune à 500 boulets, avec la poudre nécessaire, et 2 mortiers avec 300 bombes. Faites venir à Wittenberg les 500 milliers de poudre de Torgau. Vous pouvez en envoyer 100 milliers à Magdeburg. Je ne pense pas que les bateaux qui les porteront seront assez bêtes pour se jeter dans la ville. Prévenez bien le maréchal Ney du jour où ils partiront, afin qu'il fasse garder l'endroit où on les débarquera.

Envoyez à Berlin tous les constructeurs de fours français qui seraient à Wittenberg. Combien avez-vous de fours de faits ? Ramassez des boulangers pour vous faire du biscuit ; il faut que vous ayez à Wittenberg un approvisionnement.

Je vous ai donné l'ordre de revenir près de moi ; mais, avant de partir, ordonnez qu'on ne ménage pas les palissades. Je suppose que l'adjudant commandant Nivet est capable de me répondre de ce poste. Il faut que l'on cantonne la garnison qu'on aura dans les bastions, en chargeant chaque officier de la défense d'un ouvrage. Par ce moyen vous défendrez avec 600 hommes ce que vous ne défendriez pas avec 4,000 hommes. Vous ne me dites pas si les fossés sont pleins d'eau ; c'est un moyen de défense pour la place, et qui la mettra à l'abri d'un coup de main. Renvoyez une des 2 compagnies de sapeurs que vous avez ; cela ne répond pas à votre demande, mais j'ai aujourd'hui d'autres points à garder. Vous devez avoir une bonne compagnie d'artillerie à pied, c'est

tout ce qu'il vous faut. Les officiers d'artillerie ne manqueront pas d'instruire quelques soldats d'infanterie à la manœuvre du canon.

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