LB GÉNÉRAL, COMPAX8 AU MAJOR GBMSRAL
Francfort-sur-l'Oder, 25 novembre 1806.
J'ai l'honneur d'adresser à V. A. l'état des prisonniers de guerre prussiens faits par le 4e corps d'armée depuis l'ouvorlure de la campagne jusqu'à ce jour. Ceux de la bataille d'Iéna, de l'assaut do Lùbeck et de la capitulation du général Blùcher n'y sont poiut compris, savoir:
Les premiers parce que les troupes qui les firent les conduisirent aussitôt à une réunion qu'on en formait en arriére du champ de bataille où ils se trouvèrent confondus avec ceux des autres corps d'armée ; M. le général Saint- Hilaire en évalue le nombre à 6oO, dont un officier général et plusieurs officiers subalternes. 300 furent faits par la cavalerie légère.
Les seconds parce qu'en vertu d'un arrangement pris entre S. A. I. et R. le grand-duc de Berg, S. A. le prince de Ponte-Corvo et S. E. M. le maréchal Soult, tous les prisonniers d'infanterie de l'assaut de Lùbeck et de la capitulation du général Blùcher devaient être dirigés sur Wiltenberg par les soins de M. le chef de l'état-major général du 1er corps d'armée et tous ceux de cavalerie sur Potsdam par les miens. Le 4e corps ne fit à Lùbeck que des prisonniers d'infanterie qui furent conduits de suite au dépôt général qu'en fît former M. le général Maison, commandant do la place. Ce général m'informe officiellement que le nombre s'en élevait à plus de 2,000. Le général prussien commandant à Lùbeck en faisait partie.
Les troisièmes (tous ceux de la cavalerie) parce que d'après les ordres de M. le maréchal Soult, je dus les mettre en marche sans les laisser s'arrêter. L'escorte en fut confiée à la division de dragons aux ordres de M. le général Sahuc ; le chef de l'état-major de cetto division, laquelle cessa dés lors de faire partie du corps d'arméo, a sans doute dû en adresser l'état à V. A. ou le remettre au commandant de Potsdam.
Je prie V. A. de vouloir bien être convaincue que la rapidité des marches du corps d'armée et les motifs que je viens de lui exposer, ne m'ont pas permis d'apporter au travail que j'ai l'honneur de lui adresser ni plus d'exactitude dans sa confection, ni plus de célérité dans son envoi. Je désire qu'il remplisse ses intentions.
L'état des régiments de cavalerie prussienne prisonniers de guerre escortés par la 4e division de dragons, comprend : officiers, 307 ; — sous-officiers et soldats, 8,746; — chevaux d'officiers, 1,171 ; — de troupe, 8,794. — Cet état n'a pas de date.
Les drapeaux et étendards seront présentés à V. M. par 2 officiers d'état-major des 2 corps d'armée1 ; parmi ces drapeaux il y en a 8 qui ont été pris par la division du général Legrand dans les ouvrages avancés de la place et sur les remparts de Ltibeck lorsqu'elle s'en est emparée de vive force. 2 étendards ont été pris dans une charge par la cavalerie légère du corps d'armée.
Ainsi ce qui restait de l'armée prussienne et qui il y a 8 jours formait encore un total de 30,000 hommes dont 7,000 de cavalerie et 100 pièces de canon, est au pouvoir de V. M. ; il ne s'en est échappé qu'un parti de 300 chevaux avec 3 pièces de canon qui, s' étant rejeté sur l'Elbe, est parvenu à passer ce fleuve à Luneburg et s'est porté sur Hameln. Le major Ameil que j'avais envoyé depuis 4 jours en détachement sur l'Elbe pour intercepter tout ce qui voudrait passer, n'a pu prendre qu'une centaine de chevaux de ce parti et beaucoup d'hommes d'infanterie égarés; mais il a fait passer en sûreté M. Roguin, payeur général de la Grande Armée, qu'il a rencontré à Boitzenburg se rendant à Hamburg avec 1,200,000 fr. qu'il doit remettre, dit-il, à M. Bourrienne, ministre de V. M. à Hamburg. M. Roguin a manqué d'être pris à Boitzenburg (rapport du major Ameil).
Sire, le corps d'armée a fait des marches inouïes pour parvenir au résultat qu'il a enfin obtenu à Liibeck ; mais il croirait n'avoir rien fait si V. M. n'était pas satisfaite de sa conduite.
LE MARECHAL NET A L EMPEREUR
Schônebeck, 8 novembre 1806.
J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de V. M. copie de l'armistice conclu la nuit dernière avec le gouverneur de Magdeburg8.
l. Le colonel Gérard et l'adjudant commandant Ricard, premiers aides du
camp des maréchaux Bemadotte et Soult. — L'Empereur les nomma généraux.
9. S. Exe. Monseigneur le maréchal Ney, graud-officier de l'Empiro, grand-
J'ai dans ce moment dans la place des officiers qui règlent les conditions de la capitulation sur cette base déjà consentie que la garnison sera prisonnière et envoyée en France à l'exception des officiers qui rentreront chez eux sur parole.
Le gouverneur demandait un délai pour ses dispositions; je l'ai restreint et il défilera le 11.
La garnison paraît être forte de 20,000 hommes y compris 1 ,800 malades et les blessés ; on assure qu'il y a dans la place environ 800 pièces de canon.
Mon intention est à moins que V. M. n'en ordonne autrement de laisser à Magdeburg le 6* d'infanterie légère et le 15* de dragons resté à Brunswick et de partir le 13 avec le reste de mon corps d'armée pour me diriger sur Berlin.
Je laisserai dans la place, pour y commander, un général avec les officiers d'artillerie et du génie nécessaires qui y
cordon do la Légion d'honneur, grand-croix de l'ordre royal du Christ de Porlugal, commandant en chef le 6e corps de la Grande Armée française formant le blocus do la place de Magdeburg, et S. Exe. M. le liou tenant-général comte - de Kloisl, chevalier de l'ordre de l'Aigle noir, de Tordre de l'Aigle rouze et do celui du Mérite militaire de Prusse, gouverneur de la place et citadelle de Magdeburg, étant d'accord sur les points principaux de la capitulation qui doit mettre la place et citadelle susdites au pouvoir de l'armée française, ont arrêté par l'organe de leurs fondés de pouvoir soussignés, ce qui suit :
Art. 1er. — Il y aura à dater de ce jour 7 novembre 1806, armistice entre les troupes françaises formant le blocus do Magdeburg et les troupes prussiennes formant la garnison de celte place et citadelle.
s. — Les troupes et postes des deux nations resteront dans les position* qu'ils occupent sans s'inquiéter mutuellement et sans communiquer.
3. — MM. les officiers généraux, supérieurs et autres des deux armées tiendront la main à l'exécution de l'article précédent.
4. — Le présent armistice sera communiqué le plus proraplement possible aux postes avancés des deux armées.
Fait double à Magdeburg, le 7 novembre 1836.
L'adjudant commandant, chef de V étal-major de l'avant- garde du 6« corpë de la Grande Armée,
Liokr-Bblaib, officier de la Légion d'honneur. .
Le capitaine aide de camp de S. Exe. M. le maréchal Ney, Rbonard, membre de la Légion d'honneur.
Do Trousikii, Colonel, commandant de la place de Magdeburg. Ls Blanc, Capitaine au régiment du prince LoxiU de Pru$ee.
resteront jusqu'à ce que V. M. ait ordonné leur remplacement.
Le général Thouvenot me mande d'Erfurt qu'il m'envoie à Schënbeck un détachement du 3e de hussards , quelques compagnies de voltigeurs et un bataillon de grenadiers de mon corps d'armée. Cette troupe arrivera le 13.
Le reste des voltigeurs et des hussards qui avaient été employés à la conduite des prisonniers partiront également le 8 d'Erfurt pour Schtfnbeck. Ces divers détachements me suivront à Berlin.
J'écris au général Thouvenot pour l'inviter à envoyer à Magdeburg un détachement de 3 ou 4,000 hommes des troupes de la Confédération du Khin qui sont à Erfurt ; cette garnison relèverait la 6e légère si V. M. approuve cette disposition.
Aussitôt que la capitulation sera signée, V. M. en sera instruite ; un de mes officiers aura l'honneur de la lui présenter.
Je n'ai pas cru devoir avant ce moment contremander l'envoi d'artillerie ordonné par V. M. ; je m'empresserai alors de le faire.
Je ne négligerai rien pour avoir fréquemment des nouvelles du roi de Hollande et du maréchal Mortier.
Je vous supplie, Sire, d'être persuadé du vif désir que j'ai de me voir réuni à la Grande Armée ; mon vœu de tous les instants est de combattre sous les yeux de V. M.
LE MARÉCHAL NET A l' EMPEREUR.
Schônbeck, 8 novembre 1806.
La forteresse de Magdeburg se rend aux armes de V. M. ; la capitulation1 a été signée ce soir ; j'ai l'honneur de vous la mettre sous les yeux.
1. Articles de capitulation pour la ville et forteresse do Magdeburg, couvenus entre MM. le général de brigade Dutaillis, l'un des commandants de la Légion d'honneur, chevalier de l'ordre militaire de Bavicro, et chef de l'étatmajor général du 6« corps de la Grande Armée française en Allemagne (le
Il m'a été confirmé que la garnison est forte de 20,000 hommes, y compris les malades et les blessés-, elle défilera le 11.
Le gouverneur a fait des difficultés jusqu'au moment delà signature; il existait dans la place deux partis, celai des magistrats et des habitants qui voulait capituler, et celui des officiers qui insistait pour la résistance. Cette diversité
colonel Ligor-Belair et le capitaine Rognard), etc., stipulant au nom de M. le maréchal d'Empire Ney, grand-officier de la Légion d'honneur, grand-cordon, chef de la 7e cohorte, chevalier de Tordre du Christ de Portugal et commandant en chef du 6e corps de la Grande Armée ;
Kt MM. de Ronouard, général-major, chef d'un régiment d'infanterie et chevalier do Tordre du Mérite militaire de Prusse (du Troussel et Leblanc), stipulant au nom de S. Exe. M. le comte de Kleist, général d'infanterie, chevalier des ordros do l'Aigle noir et de l'Aigle rouge de Prusse et de celui do Saint- Alexandre Newski de Russie, et gouverneur militaire de la ville et citadelle de Magdeburg:
Art. ier. — La villo, citadelle et fortifications de Magdeburg seront remise? aux troupes du 6e corps de la Grande Armée françaiso, avec leur artillerie, munitions, magasins, approvisionnements de toutes espèces et propriétés publique?, sans aucune restriction, et dans l'état où toutes ces choses se trouveront au moment do la capitulation.
2. — La porte dite Ulrich et les ouvrages extérieurs qui en dépendent, seront remis à l'armée française pour être occupés par elle le 10 novembre après midi.
a. — La garnison aura les honneurs de la guerre; elle sortira le il novembre à il heures du matin, tambours battants, drapeaux déployés, avec 4 pièces de compagne, par la porte dite Ulrich. Elle mettra bas les armes et la cavalerie livrera ses armes et ses chevaux dans l'endroit qui sera convenu, à la portée du canon de la place.
4. — Los armes déposées, la garnison sera prisonnière de guerre ; les soldats seront conduits en France et MM. les officiers seront prisonniers, sur leur parolo d'honneur do ne point servir, avant échange, contre S. M. l'Empereur dos Français et Roi d'Italie, ni contre ses alliés, et ils auront la Liberté de se rutirur aux lieux qu'ils désigneront. Cependant les seuls officiers qui ont leur famille et qui sont établis et mariés à Magdeburg pourront rester dans la ville.
5. — MM. les officiers conserveront leurs épées, leurs bagages et leurs chevaux. Los soldats conserveront aussi leurs havre-sacs et porte-manteaux.
6. — Les cadets, porte-enseignes, feld-webels de l'infanterie et premiers maréchaux-des-logis de la cavalerie, seront considérés comme officiers et traités comme tels.
7. — Les auditeurs, aumôniers, chirurgiens et quartiers-maîtres, ne seront point considérés comme prisonniers de guerre.
8. — Les 2 compagnies incomplètes d'invalides qui se trouvent dans la place y laisseront leurs armes et seront renvoyées dans leurs anciennes garnisons, Tuno a Peim près Hildesheim, l'autre à Aacken, où elles recevront leur solde et nourriture ordinaires, par les soins des autorités locales et aux dépens du pays.
9. — Après le départ de la garnison, MM. les officiers rentreront dans la
d'opinions entravait la négociation et a prolongé les conférences.
Aucunes mesures ne seront négligées pour la découverte et la conservation des objets qui doivent appartenir à V. M.; j'épuiserai surtout toutes les précautions pour que, si le prince de Hesse-Cassel a en effet dans la place une partie de son trésor, elle ne puisse pas nous échapper.
■ ville pour y recevoir leurs passeports, et partiront après les avoir reçus. Les revers contenant parole d'honneur de no point servir avant échange, seront préparés d avance.
10. — Les soldats mariés et établis à Magdoburg ou dans retendue de l'inspection, resteront dans leur famille, à condition de ne point servir avant échange et de ne point porter l'habit militaire.
il. — Les officiers et soldats blessés ou malades pourront rester à Magdoburg jusqu'à leur gndrison. Us seront soignés aux dépens de la ville.
Des chirurgiens- majors prussiens resteront dans la place en nombre suffisant pour les soigner. Ils seront, pendant toute la durée de leur séjour, traités par la ville comme les chirurgiens-majors français.
12. — Les personnes, les propriétés particulières des hibitanls, les cultes et les opinions religieuses, sont mis sous la sauvegarde des lois et de la loyauté française
S'il y avait dans la ville des personnes qui voulussent la quitter, soit en y conservant, soit en y vendant leurs propriétés, il leur serait donné dos passeports et garanties nécessaires.
13. — Il ne sera rien changé dans l'administration ni dans les institutions actuelles du pays. Les magistrats qui en sont chargés continueront leurs fonctions et recevront protection do l'armée française.
14. — Il sera nommé, de part et d'autre, des commissions pour l'inventaire et la remise des plans et cartes, papiers, archives, artillerie, munitions de guerre et de bouche et de toutes les propriétés publiques de quelque nature qu'elles soient, qui peu veut se trouver dans la place.
15. — MM. les officiers supérieurs et autres, ainsi que les cadets, porteenseignes, feld-webels et premiers niaréchaux-des-togis qui se retireront en vertu de la présente capitulation dans les provinces prussiennes occupées par les armées françaises, ou qui viendraient à l'être par la suito, recevront aux dépens de ces provinces, et par les soins des administrations locales, leurs gages et appointements sur le pied de paix. Cos gages et appointements devront être exactement payés lo 1er do chaque mois.
16. — S. E. M. le gouvernour de Magdeburg aura la faculté d'envoyer, s'il le juge nécessaire, un officier à sa cour, pour lui donner avis de la présente capitulation. Cet officier recevra les passeports nécessaires.
17. — Tons les articles de la présente capitulation qui pourraient présenter un sens douteux, seront interprétés à l'avantage de la garnison.
18. — 11 sera donné de part et d'autre 8 otages du grade qui sera convenu, pour la garantie réciproque de l'exécution de la capitulation. Ces otages seront remis demain » novembre, et seront respectivement rendus après l'occupation de la place.
Fait double à Magdeburg, le 8 du mois de novembre 1806.
L'artillerie dont V. M. m'annonce l'envoi par la lettre qu'elle m'a fait l'honneur de m'écrire hier n'est point encore arrivée ; je la ferai rétrograder sur-le-champ.
Je désire bien vivement que V. M. soit satisfaite et j'ose espérer qu'elle daignera en donner la preuve au 6e corps d'armée en lui fournissant quelque occasion de manifester avec éclat le dévouement dont il est animé pour votre personne sacrée.
LE MARÉCHAL KELLERMANN A L'EMPEREUR
May en ce, 8 novembre 1806.
J'ai demandé l'année dernière qu'il y eût à Strasbourg un dépôt de capotes et autres effets d'habillement. Ce magasin a été bien utile. Je fais la même demande cette année pour May en ce et j'en ai écrit hier au ministre directeur de l'administration de la guerre. Cet approvisionnement n'est qu'une faible avance parce que les corps en tiennent compte. J'ai passé en revue ce matin plusieurs détachements venant de la 25e division militaire et qui partent demain pour la Grande Armée. Il y a dans le nombre 128 hommes du 21e régiment d'infanterie de ligne et 130 du 94° qui n'ont que des vestes et pas même de capotes. Le cœur me saigne de ne pouvoir donner aucuns vêtements à ces braves conscrits qui vont au commencement de l'hiver dans le Nord de l'Allemagne. Je demande au général Dejean d'envoyer sur-lechamp à Mayence et par la voie la plus prompte au moins 10,000 capotes. V. M. doit sentir combien cet approvisionnement est nécessaire ; ce qui ne serait pas distribué à la fin de la campagne serait réparti dans les corps et on en ferait tenir compte au conseil d'administration sur la masse d'habillement. Je supplie V. M. d'avoir la bonté de donner des ordres à ce sujet.
LE GÉNÉRAL BOURCIER A L'EMPEREUR
Potsdam, 8 novembre 1806.
J'ai l'honneur de répondre à la lettre de V. M. en date d'hier ; je l'ai reçue cette nuit.
V. M. ne voit pas sur le dernier état que je lui ai adressé les 4°, 20e, 26e et 21* régiments, parce que je n'ai compris sur cet état que les détachements que je fais partir pour F armée. En second lieu ils sont arrivés ici les derniers et ont reçu les chevaux des derniers convois amenés par les généraux Milhaud et Beaumont. J'ai déjà rendu compte à V. M. que ce sont tous des chevaux blessés, échangés, nus, et hors d'état de servir de quelque temps. Je n'ai vu encore personne du lor régiment de dragons.
D'après la demande de S. A. le prince Major général, je fais partir ce matin pour Berlin 573 dragons montés ; il leur manque quelques effets qui devaient m'arriver aujourd'hui, mais pour ne pas retarder leur départ, j'ai pris des mesures pour qu'ils les reçussent à leur arrivée à Berlin1.
Ainsi que V. M. le désire, je ferai partir le 10 le reste de tout ce qui sera disponible.
Je joins à cette lettre la situation que demande V. M.
J'ai fait partir la nuit dernière 400 dragons commandés par le major Raizé pour Spandau à l'effet d'y recevoir les chevaux qui me sont annoncés par le prince Major général.