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Berlin, 8 novembre 1806.
673 hommes montés doivent arriver aujourd'hui do Potsdam pour être passés en revue par l'Empereur. — Vous leur ferez fournir les objets de harnachement qui leur seront nécessaires ; le maréchal Bessiéres constatera après la revue les quantités.
l'empereur au maréchal ney.
Berlin, 9 novembre 1806.
Je reçois votre lettre du 7. Portez la plus grande attention à ce que les trésors qui sont enfermés dans Magdeburg nous restent. Visitez tous les caissons des officiers et tous les fourgons. Les caisses des régiments sont dans Magdeburg; le trésor de l'armée et des trésors très-considérables appartenant au prince de Hesse-Cassel s'y trouvent également. Faites main basse sur tout. Votre arrivée à Berlin n'est pas urgente. Partez plutôt un jour plus tard qu'un jour plus tôt. Au lieu d'un régiment laissez-en 2 à Magdeburg. Faites escorter vos prisonniers par de bonnes escortes ; chargez-en les corps qui ont le plus souffert à la bataille d'Iéna. Les prisonniers se sauvent partout. Vous sentez combien cela a d'inconvénients. Mettez en marche, seulement le 12, une division avec toute votre artillerie. Que, la garnison prussienne sortie, les portes soient fermées et qu'on visite tout ce qui sortira de la ville, afin que les trésors qui y sont renfermés ne soient pas soustraits quelques jours après. Ce fameux Blticher, avec 20,000 hommes, est à nous. Le grand-duc de Berg, le prince de Ponte-Corvo et le maréchal Soult ont pris la ville d'assaut. Ainsi a fini le reste de l'armée prussienne. Les 2,000 Suédois qui gardaient le Lauenburg ont été pris. Le roi de Hollande me mande qu'il 7 a à Hameln 7,000 hommeB campés sous les murs de la place. Envoyez un officier prendre des
renseignements pour que vous soyez instruit si quelque colonne cherchait à s'échapper.
L'EMPEREUR AU MARÉCHAL L ANNE S
Berlin, 9 novembre 1800.
Magdeburg s'est rendu le 7. Il y a dans cette place 16,000 hommes et 800 pièces de canon, des bagages et des trésors très-considérables. Le 6 Ltibeck a été pris d'assaut par le grand-duc de Berg, le prince de Ponte-Corvo et le maréchal Soult. La boucherie a été effroyable. Le général Blticher y était avec la colonne du duc de Weimar et ce qu'il avait pu ramasser, formant une vingtaine de mille hommes. Ce qui n'a pas été pris le jour, a été ramassé le lendemain par capitulation. Les 2,000 Suédois qui gardaient le Lauenburg ont été pris.
Si la nouvelle de la bataille du 14 n'a pas arrêté la marche des Russes, je ne serais pas étonné que, le 8 ou 10 novembre, une colonne de 10 ou 15,000 hommes fût arrivée à Graudenz.
Tâchez de faire observer une bonne discipline en Pologne.
L'EMPEREUR AU ROI DE HOLLANDE
J'ai reçu votre lettre du 4 novembre de Paderborn. Il est possible que le corps sorti de Hameln soit sorti pour fourrager et qu'il y rentre. Je ne sais ce que vous voulez dire en parlant d'officiers qui se réunissent au corps dans leurs anciennes garnisons. Chacun de ces officiers doit retourner dans sa famille. S'il y en a d'étrangers au pays, il faut les renvoyer sur-le-champ ; ils ont la permission de s'en retourner chez eux et voilà tout. — J'espère que vous avez, à l'heure qu'il est, pris possession de Hanovre.
Le corps de Blticher, que je vous avais annoncé se diriger
du côté de Ltibeck, a été battu et pris. Il était de 20,000 hommes. Magdeburg capitule en ce moment.
L EMPEREUR AU ROI DE HOLLANDE
Berlin, 9 novembre 1606.
M. de Montesquiou m'apporte votre lettre du 5 novembre. J'agrée que vous retourniez dans votre royaume et laissiez le commandement en chef au maréchal Mortier. Dès que vous serez arrivé chez vous, envoyez en Hanovre de la cavalerie pour compléter la cavalerie hollandaise. Gouvernez d'une manière ferme. Tout n'est pas fini ; il faut dire à votre conseil qu'il faut conquérir les colonies par terre, puisque nous sommes si impuissants sur mer. Il faut qu'au printemps prochain vous puissiez me fournir 20,000 hommep. Complétez le plus possible votre division du Hanovre. Envoyez surtout votre cavalerie, qui ne vous est d'aucune utilité et qui est si utile ici.
Le Roi n'avait en effet à l'armée que 6,000 hommes d'infanterie, 3 régiments de cavalerie, ne comptant pas chacun 150 chevaux, et 12 pièces de canon.
l'empereur au major général,
Berlin, 9 novembre 1806.
11 y aura une 5e division de dragons qui sera commandée par le général Beker ; elle sera composée des 13e, 22% 15e et 25e régiments. — Elle aura comme les autres 3 pièces d'artillerie légère. Il est nécessaire qu'on y attache un commissaire des guerres et tout le nécessaire de l'administration. — Le général de brigade Boussart sera attaché à cette division. Il faut y attacher un adjudant commandant. Jusqu'à ce que le général Songis puisse fournir les 3 pièces d'artillerie , elles seront prises parmi celles de l'infanterie de ma Garde. Vous donnerez donc Tordre que 2 pièces de 8 et un obusier qui
ont été attachés à ma Garde à pied, passent demain matin sous les ordres du général Beker et soient servis par l'artillerie à cheval. — Le maréchal Lefebvre désignera le matériel et le personnel.
LE GÉNÉRAL CORBINEAU A L 'EMPEREUR
Spandau, 9 novembre 1806, au matin.
J'ai l'honneur de rendre compte à V. M. que les chevaux pris sur l'ennemi amenés par les régiments sous les ordres du général Beker, ont été remis le 8 au matin aux dragons à pied. Ces dragons ont reçu et dû conduire à Potsdam 692 chevaux de cavalerie légère, 208 chevaux de cavalerie, 670 selles à la hussarde avec shabraques vertes, 200 selles de cavalerie, 843 brides de toute espèce, 890 licols. Tous les hommes étaient bottés; les bottes leur seront ôtées à Potsdam. Ils avaient 654 manteaux de cavalerie légère qu'ils remettront aussi à Potsdam.
Le colonel d'artillerie laissé à Spandau pour les travaux de cette arme, a reçu 4 bouches à feu, 2 caissons et 30 chevaux de trait provenant de la même prise.
Les prisonniers d'infanterie au nombre d'environ 2,000 ont été conduits à Potsdam par 300 hommes du bataillon de dépôt du 6' corps. Les cavaliers prisonniers seront ajoutés le 9 à la colonne des prisonniers qu'escortent ces 300 hommes. On n'a pu faire commander l'escorte par un officier supérieur, il n'y en avait pas dans la place.
La garnison de la ville depuis le départ de ces 300 hommes est de 350 hommes du bataillon de dépôt du 6e corps ; celle du fort est de 83 hommes du 3e régiment et de 111 hommes du bataillon de dépôt.
Il y a toujours à Spandau 4 officiers et 83 hommes du 28e d'infanterie légère. Le major du 28* venu avec ce détachement est toujours à Berlin à attendre des ordres pour lui.
L'artillerie a ressorti de ses magasins et embarqué 5,000 fusils; elle doit en embarquer 5,000 encore et 1,800 sabres et les diriger sur Kiistrin. Le tout partira le 11 au plus tard.
l'empereur AU GÉNÉRAL BOURCIER.
Berlin, 9 novembre 1806*
Vous recevrez 4,000 chevaux qui arrivent de Liibeck. Le Grand-duc me fait espérer que ceux-là arriveront en bon état et qu'il prend des mesures pour qu'ils ne soient pas gaspillés en route. Les 500 chevaux que vous avez envoyés sont pourvus de tout ce qui leur manque. Je ne les ai point vus ; mais le maréchal Bessières que j'ai chargé de les voir, les a trouvés en bon état. — Il doit vous être arrivé des hussards et des chasseurs à pied. Faites-moi connaître quand vous pourrez m'envoyer '500 chasseurs et hussards montés et équipés, à Berlin. Je désire avoir 500 dragons des 1er, 2,e 14% 20% 26e, 13% 22% 5% 9% 16e et 21°. Ce sont les 2 divisions qui ont déjà passé l'Oder. Les régiments des divisions Sahuc et Grouchy ne seront ici que dans 7 ou 8 jours. Il y aura le temps de leur fournir leurs détachements. Vous comprenez bien que les détachements que vous ferez, ne peuvent être exposés seuls devant l'ennemi et qu'il faut qu'on leur fasse rejoindre leurs régiments. Envoyez-moi donc, indépendamment de ce que je vous ai demandé en chasseurs et hussards, tout ce qui peut être disponible des 11 régiments de dragons que je vous ai nommés.
LE GÉNÉRAL BOURCIER A l'eMPEREUB.
Potsdam, 9 novembre 1806.
J'ai l'honneur de rendre compte à V. M. que je fais partir demain matin 10 un détachement de 370 hommes montés, composé de :
1 lieutenant, 42 hussards du 8e ;
1 sous-lieutenant, 108 dragons du 16e;
1 lieutenant, 135 dragons du 18e;
1 capitaine, 85 dragons du 6*.
J'ai tiré ces 42 hussards du dépôt du 8e arrivé hier ; ils
sont tous bien montés, armés, équipés et en état de faire campagne. Les dragons ont également ce qui leur est indispensable ; ce sont les bottes seulement qui nous manquent. Je m'étais concerté à cet égard avec M. l'intendant général et je devais en recevoir 300 paires hier, que M. Scetty, commissaire des guerres chargé de cette partie à Berlin, devait me faire parvenir. Je viens de lui dépêcher un officier et j'espère bien les avoir dans le jour. Dans la dernière colonne de prisonniers je n'ai pu trouver que 200 paires de bottes ; la plupart de ces cavaliers coupent les tiges en route pour être moins fatigués. D'autres vendent les bottes. Il en est de même de la colonne à la suite de laquelle j'avais envoyé un officier avec 300 paires de souliers pour échanger; il n'en a trouvé que quelques paires.
Le major Raizé que j'avais envoyé à Spandau est revenu hier soir et m'a ramené 900 chevaux. Je vais à l'instant en passer la revue ainsi que des effets de harnachement, équipement et armement ; j'aurai l'honneur d'en rendre compte à V. M. par mon rapport de demain.
Il vient de m'arriver 5 dépôts; je vais les voir et prendre les mesures les plus promptes pour en tirer parti ; j'aurai l'honneur de rendre compte à cet égard à V. M.
Je vais m'occuper sans relâche de former un nouveau détachement de 1,000 hommes; j'y mettrai toute la célérité possible. Y. M. peut être assurée que je ne perdrai pas un instant pour remplir promptement ses intentions.
29e BULLETIN DE LA GRANDE-ARMEE.
Berlin, 9 novembre 1806.
La brigade de dragons du général Beker a paru aujourd'hui à la parade.
S. M., voulant récompenser la bonne conduite des régiments qui la composent, a fait différentes promotions.
Mille dragons qui étaient venus à pied à l'armée et qui
ont été montés au dépôt de Potsdam, ont passé hier la revue du maréchal Bessières ; ils ont été munis de quelques objets d'équipement qui leur manquaient, et ils partent aujourd'hui pour rejoindre leurs corps respectifs, pourvus de bonnes selles et montés sur de bons chevaux, fruits de la victoire.
S. M. a ordonné qu'il serait frappé une contribution de 150 millions sur les Etats prussiens et sur ceux des alliés de la Prusse.
Après la capitulation du prince de Hohenlohe, le général Bliicher, qui le suivait, changea de direction et parvint à se réunir à la colonne du duc de Weimar, à laquelle s'était jointe celle du prince Frédéric-Guillaume Brttnswick-Œls, fils du duc de Brtinswick. Ces 3 divisions se trouvèrent ainsi sous les ordres du général Blticher. Différentes petites colonnes se joignirent également à ce corps.
Pendant plusieurs jours ces troupes essayèrent de pénétrer par des chemins que les Français pouvaient avoir laissés libres ; mais les marches combinées du grand-duc de Berg, du maréchal Soult et du prince de Ponte-Corvo avaient obstrué tous les passages.
L'ennemi tenta d'abord de se porter sur Ànklam et ensuite sur Rostock ; prévenu dans l'exécution du projet, il essaya de revenir sur l'Elbe ; mais s'étant trouvé encore prévenu, il marcha devant lui pour gagner Ltibeck.
Le 4 novembre il prit position à Grevismlîhlen ; le prince de Ponte-Corvo culbuta l'arrière-garde ; mais il ne put entamer ce corps, parce qu'il n'avait que 600 hommes de cavalerie et que celle de l'ennemi était beaucoup plus forte. Le général Watier a fait dans cette affaire de très-belles charges, soutenu par les généraux Pacthod et Maison, avec le 27e régiment d'infanterie légère et le 8e de ligne.
On remarque dans les différentes circonstances de ce combat qu'une compagnie d'éclaireurs du 94e régiment, commandée par le capitaine Razout, fut entourée par quelques escadrons ennemis ; mais les voltigeurs français ne redoutent point le choc des cuirassiers prussiens; ils les reçurent de pied ferme et firent un feu si bien nourri et si adroitement
dirigé, que l'ennemi renonça à les enfoncer. On vit alors les voltigeurs à pied poursuivre la cavalerie à toute course. Les Prussiens perdirent 7 pièces de canon et 1,000 hommes.
Mais, le 4 au soir, le grand-duc de Berg, qui s'était porté sur la droite, arriva avec sa cavalerie sur l'ennemi dont le projet était encore incertain. Le maréchal Soult marcha par Ratzeburg. Le prince de Ponte-Corvo marcha par Rehna ; il coucha du 5 au 6 à Schtaberg d'où il partit à 2 heures après minuit. Arrivé à Schlutup sur la Trave, il fit environner un corps de 1,600 Suédois qui avaient enfin jugé convenable d'opérer leur retraite du Lauenburg pour s'embarquer sur la Trave. Des coups de canon coulèrent les bâtiments préparés pour l'embarquement. Les JSuédois, après avoir riposté, mirent bas les armes.
Un convoi de 300 voitures, que le général Savary avait poursuivi de Wismar, fut enveloppé par la colonne du prince de Ponte-Corvo et pris.
Cependant l'ennemi se fortifiait à Lfibeck. Le maréchal Soult n'avait pas perdu de temps dans sa marche de Ratzeburg, de sorte qu'il arriva à la porte de Mtthlen lorsque le prince de Ponte-Corvo arrivait à celle de la Trave. Le grandduc de Berg avec sa cavalerie était entre eux deux.
L'ennemi avait arrangé à la hâte l'ancienne enceinte de Lttbeck ; il avait disposé des batteries sur les bastions ; il ne doutait pas qu'il ne pût gagner là une journée ; mais le voir, le reconnaître et l'attaquer fut l'affaire d'un instant.
Le général Drouet, à la tête du 27e d'infanterie légère et des 94e et 95e régiments, aborda les batteries avec ce sang-froid et cette intrépidité qui appartiennent aux troupes françaises. Les portes 6ont aussitôt enfoncées, les bastions escaladés, l'ennemi mis en fuite et le corps du prince de Ponte-Corvo entre par la porte de la Trave.
Les chasseurs corses, les tirailleurs du Pô et le 26e d'infanterie légère composant la division d'avant-garde du général Legrand qui n'avaient pas encore combattu dans cette campagne et qui étaient impatients de se mesurer avec l'ennemi, marchèrent avec la rapidité de l'éclair; redoutes,