LE MARÉCHAL SOULT AUX GÉNÉRAUX DE DIVISION
Wiflmar, 10 novembre 1806.
Il est vraisemblable que le corps d'armée gardera pendant 4 ou 5 jours les cantonnements provisoires que j'ai donnés ; mais après cette époque il devra probablement se remettre en marche pour se porter sur la ligne d'opérations des autres corps d'armée. Nous devons donc profiter de ce temps pour mettre en ordre tout ce qui a souffert, pour rallier les traî-
nards qui sont restés en arrière et pour resserrer les liens de la discipline.
J'ai donné des ordres pour que les militaires éclopés qui, depuis la journée de Waren, marchaient en arrière du corps d'armée sous la conduite du chef de bataillon Menu, fussent de suite dirigés sur les corps auxquels ils appartiennent ainsi que les ambulances, équipages et généralement tout ce qui appartient à votre division. Faites en sorte que le tout soit remis promptement en état, et s'il était d'autres militaires ou portions d'équipages qui auraient pris une autre direction, vous ne devriez rien négliger pour les faire rejoindre.
^ Prescrivez à votre commandant d'artillerie de faire réparer toutes les voitures de son équipage qui ont souffert et de faire ferrer les chevaux ; il doit aussi profiter de ce temps de repos pour se remettre en avance en fers, clous, longes et traits, ainsi qu'il y était à l'ouverture de la campagne*
Malgré les ordres que j'ai donnés, il existe encore dans les régiments un grand nombre de chevaux que les soldats et même les officiers ont pris chez l'habitant pour leur propre usage. L'abus qu'on en a fait est si contraire au bon ordre et au maintien de la discipline, que vous ne sauriez prendre des mesures trop sévères pour les réprimer. J'ordonne de la manière la plus positive que tous les officiers qui ont des chevaux et qui ne sont pas autorisés par la loi ou par une permission expresse de moi, aient à les remettre sur-lechamp et vous les emploierez, ainsi que ceux que, sans exception, vous ferez retirer aux soldats, au renouvellement des attelages de l'artillerie ou des ambulances, ou des équipages des vivres, et les plus mauvais, qui ne seraient susceptibles d'aucun service, seraient remis aux magistrats des lieux ou abandonnés dans les champs.
Après que ces dispositions auront été exécutées, s'il est des officiers qui, par leurs infirmités ou leur âge, soient susceptibles d'avoir un cheval, sur la demande que vous m'en ferez, je leur délivrerai une autorisation ; mais je vous prie
d'en limiter le nombre à l'indispensable , afin d'éviter l'abus que par ces mesures je cherche à réprimer1.
J'ai reconnu depuis le commencement de la campagne que dans les régiments il y avait des officiers dont le zèle, le dévouement et la conduite devant l'ennemi n'avaient cessé de servir d'exemple. Ceux-là sont dignes des bonnesg races de l'Empereur, et pour eux je les provoquerai avec le plus grand empressement. Vous devez donc, sans perte de temps, me les faire connaître, car je suis dans l'intention de présenter au premier jour à S. M. le rapport général de tout ce