OBDBB POUR M. LB eBH*BAX, DUPOKT
Lûbeck, il novembre 1806.
D'après les ordres de S. A. le prince de Ponte-Corvo, vous voudrez bien, Général, donner les vôtres pour que dans la distribution des logements ou laisse dans les auberges la moitié des chambres et des écuries pour les étrangers et leurs chevaux; le commerce d'un aubergiste étant de recevoir du monde, il faut donc lui en laissor la faculté et c'est d'ailleurs un des moyens pour ramener la confiance.
Le général de division, chef de l'état-major général, L. Bbbthibb.
mandées par un chef de bataillon et de 25 hommes de cavalerie. J'ai confié le commandement supérieur au général Roguet, après lui avoir donné les instructions que j'ai jugées nécessaires.
Les 4 colonnes ont été autant que possible égalisées en force; chacune d'elles excédait 4,000 hommes, en sorte qu'y compris 2,000 artilleurs, 400 cuirassiers, 20 généraux et environ 800 officiers, le tout peut être évalué sans exagération à 22,000 hommes1. J'ai entre mes mains 54 drapeaux d'in-
1. Je fus désigné, dit le général Roguet dans ses Mémoires, pour la corvée de conduire les prisonniers... Le Maréchal me donna 18 compagnies des divers régiments du corps d'armée, commandées par 3 chefs de bataillon, et 2 pièces d'artillerie ; je ne gardai celles-ci que 2 jours. Malgré le désordre qui eut lieu à la sortie des prisonniers et que cette opération ne fut terminée qu'à 6 heures du soir, je parvins à organiser 8 colonnes; je distribuai cette masse confuse de telle sorte que chaque capitaine eut un nombre égal à conduire. Je les rendis responsables envers les chefs de bataillon. J'ordonnai de fréquents appels ; je prescrivis toutes les dispositions convenables pour que les prisonniers ne pussent s'échapper, que le plus grand ordre régnât dans les marches et dans les gîtes, et que les subsistances fussent assurées lors de l'arrivée des colonnes aux lieux d'étapes. On adjudant-major précédait chaque colonne à cet effet. Toutes ces mesures eurent le meilleur succès.
Malgré l'heure avancée, le mauvais temps et l'état affreux des routes, la ire colonne, chef de bataillon Vaillant du 39e, fut loger le môme jour à Bernburg, où j'établis mon quartier général ; la 2e, chef do bataillon Frapat du 25« léger, à Strasfurt ; la 8«, chef de bataillon Bausin du 69e, A Calbe. Le 12 les colonnes se mirent en mouvement et vinrent coucher la lwà Gerbstadt, la 2e à Sonderslebon, la 3e à Gusten; le 13 respectivement à Eisleben, Gerb* sladt, Aschersleben. La i" colonne coucha le 14 à Heldrungen, le 16 àWeissensee, le 16 à Erfurt, le 17 à Gotha, le 18 à Eisenach, le 19 à Vach, le 20 à Hunefeld, le 21 à Fulde, le 22 à Schlùchtern, le 28 à Golnhausen, le 24 à Hanau, le 25 à Francfort, le 26 à Mayence, où la 2e colonne arriva le 28 et la 3e le 29, étant d'une marche en arrière de la précédente et couchant dans les mômes gîtes.
Par suite des mesures ordonnées et des soins que prirent les escortes, il arriva sur le Rhin 20,000 prisonniers. Le maréchal Keilermann fut étonné do l'ordre des colonnes à leur entrée dans cette ville. Il me témoigna sa satisfaction et me dit: « L'on annonce toujours de grandes masses de prisonniers, et « il n'arrive ici que des détachements insignifiants; cela prouve que les osf cortes n'en prennent aucun soin (troupes de la Confédération!), les prison- « niera se sauvent et cette circonstance peut avoir des suites graves. Je « rendrai compte à S. M. de la manière dont vous avez rempli votre mission, « malgré le nombre d'hommes à conduire, la longueur de la route et le mauf vais temps. » — L'escorte séjourna 8 jours & Mayence, puis parlit pour rejoindre l'armée, celle delà lre colonne le 80 novembre, de la 2e le 1er décembre, de la 8e le 2. Ces troupes furent dirigées par Erfurt, Berlin et Tborn où elles rejoignirent leur régiment. Je me rendis le 3 janvier 1807 à Neidenburg auprès du maréchal Ney pour lui rendre compte de la mission dont il m'avait chargé. Il me témoigna en termes flatteurs sa satisfaction
fanterie et 5 étendards; d'autres ont été brisés; j'attendrai les ordres de V. M. pour les lui envoyer.
La forteresse contient 700 pièces de canon, un million de livres de poudre, une très-grande quantité de fer coulé, unéquipage de 90 pontons et des farines. Les inventaires de touB ces objets seront adressés à votre ministre de la guerre.
Je me conforme exactement aux instructions que V. M. a daigné me donner dans sa lettre du 9 : tous les bagages sont fouillés avec la plus grande rigueur ; toute ma gendarmerie y est occupée. Pour que cette opération puisse être complète, j'ai fait parquer les bagages qui sont immenses ; il y a près de 300 voitures.
Il résulte des renseignements que je me suis procurés que les caisses des régiments ont suivi le corps d'armée du prince Hohenlohe à son passage à Magdeburg. Il a été impossible jusqu'à ce moment de trouver aucune trace du trésor du prince de Hesse. J'emploierai l'espionnage, la correction et la terreur pour tâcher ou de le découvrir ou de savoir au moins ce qu'il est devenu.
Les 6* et 25e légères tiendront garnison à Magdeburg; la 2e division se rendra demain 12 à Hôckern avec toute l'artillerie et le parc ; la 3* division sera aux environs de Gommera.
l'empereur au maréchal ney
Berlin, îs novembre 1806.
Je reçois votre lettre du 11 novembre. Je vous fais mon compliment sur l'heureuse reddition de Magdeburg. Témoignez-en ma satisfaction à votre corps d'armée. Votre V9 division, qui reçoit ordre de venir directement à Berlin, pourra apporter les drapeaux qu'elle présentera à son arrivée.
31e BULLETIN DE LA GRANDE-ARMEE.
Berlin, 12 novembre 1806.
La garnison de Magdeburg a défilé le 11, à 9 heures du matin, devant le corps d'armée du maréchal Ney. Nous avons 20 généraux, 800 officiers, 22,000 prisonniers parmi lesquels 2,000 artilleurs, 54 drapeaux, 5 étendards, 800 pièces de canon, un million de poudre, un grand équipage de pont et un matériel immense d'artillerie.
Le colonel Gérard et l'adjudant-commandant Ricard ont présenté ce matin à l'Empereur, au nom des l,r et 4* corps, 60 drapeaux, qui ont été pris à Llibeck au corps du général prussien BlUcher ; il y avait 22 étendards ; 4,000 chevaux tout harnachés, pris dans cette journée, se rendent au dépôt de Potsdam.
Dans le 29e bulletin, on a dit que le corps du général Bltt-
cher avait fourni 16,000 prisonniers, parmi lesquels 4,000 de cavalerie. On s'est trompé : il y avait 21,000 prisonniers, parmi lesquels 5,000 hommes de cavalerie montés, de sorte que par le résultat de ces deux capitulations nous avons 120 drapeaux et étendards et 43,000 prisonniers. Le nombre des prisonniers qui ont été faits dans la campagne passe 140,000; le nombre des drapeaux pris passe 250; le nombre des pièces de campagne prises devant l'ennemi et sur le champ de bataille passe 800 ; celui des pièces prises à Berlin et dans les places qui se sont rendues passe 4,000.
L'Empereur a fait manœuvrer hier sa Garde à pied et à cheval dans une plaine aux portes de Berlin. La journée a été superbe.
Le général Savary, avec sa colonne mobile, s'est rendu à Rostock et y a pris 40 ou 50 bâtiments suédois sur leur lest ; il les a fait vendre sur-le-champ.
LE MARÉCHAL SOULT AU MAJOR GÉNÉRAL
Schwerin, 12 novembre 1806.
En exécution des ordres que V. A. m'a fait l'honneur de m'adresser, j'ai expédié un courrier au sous-inspecteur aux revues Malraison pour lui prescrire d'envoyer à Potsdam les chevaux, selles et bottes des troupes du duc de Brunswick qui ont été désarmées et de faire diriger sur Erfurt les armes et canons qui proviennent du même désarmement1.
Ainsi que j'ai eu l'honneur d'en rendre compte à V. A. par mon dernier rapport le corps d'armée a pris des cantonnements entre Schwerin, Sternberg, Warin et Wismar; je l'eusse porté un peu plus en avant afin de lui donner la facilité de vivre pendant quelques jours ; mais j'ai été arrêté par la ca-
1. 12 chevaux de prise sont donnés aux généraux Levai et Le grand. Ordre de les faire prendre par un officier d'ëLat-major auprès du colonel du 36e, commandant la place de Schwerin. — Ordre au sous-inspecteur aux revues Malraison d'envoyer à Potsdam les chevaux des troupes du duc de Brunswick. Registre dii général Compans. Ordre porté par le maréchal des logis d'Herbigny, du 16* de chasseurs.
valerie de la réserve qui occupe Btitzow, Schwaan, Glistrow et Rostock. Si notre séjour dans ce pays devait se prolonger (et il le sera jusqu'à ce que les intentions de S. M. sur la nouvelle direction à donner au corps d'armée me soient connues), il serait indispensable que je fisse occuper une plus grande étendue de pays ; car dans cette partie les habitants ont tellement souffert par le passage des troupes que les ressources y Seront dans peu de jours entièrement épuisées \
V, A, est sûrement instruite que dans toutes les provinces prussiennes et même dans le Mecklemburg, il y a une infinité de militaires prussiens qui Vêtant égarés de leur colonne, ou
l. Ordre au capitaine Ducos da 86*, avec 100 hommes, de conduire 612 prisonniers à Potsdam. — Registre du général Compans, 12 novembre.