‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 381 sur 412 · AUTORISATION · texte numérisé non relu

AUTORISATION

Schwerin, 12 novembre 1806.

D'après les ordres de M. le maréchal Soult, commandant en chef le 4e corps do la Grande Armée, MM. le major George Lichtenhayen de Lossen, dus troupes légères, les capitaines Hulsen et Galken, du régiment dit Jeune Larich, le lieutenant Bluchheim, des troupes légères, et le lieutenant Harlessen, du bataillon de Wedel, tous 6 officiers prussiens prisonniers de guerro, actuellement blessés à Sch vérin, sont autorisés à rester jusqu'à leur guérison et il leur est ordonné d'en partir immédiatement après pour se rendre sur leur parole à Potsdam, d'où ils s'adresseront à S. A. le Prince minisire de la guerre relativement à l'autorisation de rentrer dans leur famille, qu'ils désirent obtenir.

M*1 Soult.

Cette autorisation se trouve en expédition sur le registre du général Compans.

ORDRE

Schwerin, 12 novembre 1806.

Le payeur du corps d'armée payera à M. le major prussien George Lichtenhayen de Lossen, tant pour lui que pour les 4 officiers qui l'accompagnent, la somme de 1,500 fr., à titre de secours; cette somme sera réintégrée encaisse lorsque le remboursement en sera fait.

M*1 Soult.

Schwerin, 12 novembre 1806.

D'aprôs les ordres de M. le Maréchal commandant en chef, le payeur principal du corps d'armée paiera à la somme de 1,500 fr., laquelle leur

est remise à titre de secours, ot sera prise sur les fonds excédents à la disposition de M. le Maréchal pour être réintégrée, lorsque le remboursement sera fait.

G*) Gompahs.

qui appartenant à des corps qui ont été dispersés, se disent déserteurs ; la plupart ne sachant que devenir, commettent les plus grands désordres pour se procurer leur subsistance. Il en est même qui ont arrêté des militaires français isolés, qui ont pris leurs habits et, à la faveur de ce déguisement, se portent aux plus grands excès ; d'autres se sont attroupés, ont arrêté des officiers qui allaient en mission et les ont dépouillés. Pour y remédier j'ai recommandé aux chefs de corps de faire fouiller avec soin tous les endroits par qù ils passent pour ramener les militaires prussiens qui s'y étaient cachés ; cette mesure a déjà produit un bon résultat pour la partie que j'occupe ; car déjà on m'a ramené 500 ou 600 hommes que j'ai fait partir pour Potsdam.

J'ai en outre invité la régence du duché de Mecklemburg à faire publier dans les communes que les habitants étaient tenus, sous peine de responsabilité, à arrêter tous les militaires prussiens isolés qui se présenteraient, et à les remettre au premier corps français qui serait à leur portée ; j'espère que par ce moyen quelques milliers d'hommes seront encore réunis ; mais pour que la mesure obtînt tout le succès désirable, il serait à souhaiter que V. A. jugeât à propos d'en faire l'application dans les provinces prussiennes ; en attendant j'ai cru qu'il était convenable d'ordonner au sous-inspecteur Malraison de la mettre à exécution dans le duché de Brunswick *, ainsi la sûreté des communications sera rétablie et on aura retiré du vagabondage plusieurs milliers d'hommes qui n'attendaient peut-être qu'un recruteur pour s'enrôler.

Je désire que ces mesures obtiennent l'approbation de S. M.

LE MARÉCHAL SOULT AU MAJOR GÉNÉRAL

Schwerin, la novembre 1806.

Dans les derniers rapports que j'ai faits à V. A., j'ai eu l'honneur de lui rendre compte que j'avais envoyé un parti1

i. Voir page 693, Journal du l* corps. — Rapport du chef d'escadron A me il

de cavalerie formé par un escadron du 16* régiment de chasseurs à cheval sous les ordres du major Ameil le long de l'Elbe, afin de détruire tous les moyens de passage qu'il y avait sur ce fleuve, ou au moins les rejeter sur la rive opposée et ainsi empêcher que l'ennemi, s'il avait pris cette direction, pût en profiter. Ce parti devait en outre éclairer la gauche du corps d'armée, surveiller les mouvements de l'ennemi et lui donner des inquiétudes. M. le major Ameil a parfaitement rempli les instructions qu'il avait reçues et V. A. en jugera par le résumé de ses opérations que j'ai l'honneur de lui présenter.

Le détachement partit le 4 de grand matin du village de .Plathe à hauteur de Schwerin et se dirigea par Neustadt sur Kummer où il bivouaqua.

Dans la nuit il expédia un courrier à Brttnswick pour prévenir le commandant français que des partis prussiens semblaient vouloir passer l'Elbe et se diriger sur Hameln par Ltineburg et Celle.

Un second courrier fut expédié à M. Bourrienne, ministre de l'Empereur à Hamburg, pour l'instruire de la position du général Blticher et l'engager à porter le Sénat à défendre sa neutralité dans le cas où les Prussiens se présenteraient sur leur territoire, ou au moins à faire refluer sur la rive gauche de l'Elbe toutes les embarcations qui étaient sur la rive droite.

Le 5 l'escadron se porta par Lttbtheen sur Boitzenburg. Le 6 il attaqua dans cette ville la queue d'un parti prussien qui cherchait à passer l'Elbe et lui fit des prisonniers.

Tous les passages furent immédiatement détruits à Boitzenburg, Lauenburg, Schnakenbeck , Krummel et Geesthacht. A chacun de ces endroits on trouva des détachements de cavalerie ennemie qui cherchaient à passer, et une partie fut enlevée. 12 chasseurs du 16e passèrent même sur la rive gauche d'où ils amenèrent des prisonniers.

Le 7 le détachement rencontra un payeur de l'armée por-

du 4 novembre, page 691. — Rapport du miréchal Soult à l'Empereur, Rntzeburg, 5 novembre, minuit, page 715.

tant 1,200,000 fr. sur lettres de change à Hamburg; il était très-compromis et reçut ordre de quitter sa voiture, et sous sa responsabilité de ne pas quitter le détachement jusqu'à ce qu'il fût à sa destination (il a déjà été rendu compte de ce fait).

Pendant la nuit le major Ameil apprend que des détachements prussiens venant du Mecklemburg et n'ayant point de communications sur l'Elbe, cherchent à s'ouvrir de vive force un passage à Tollenspicken, territoire d'Hamburg ; il marche à Be»gdorf et il trouve effectivement une colonne assez nombreuse du régiment de Kôller hussards et de l'infanterie ; cette troupe est immédiatement attaquée et dispersée ; 150 hussards sont pris, le restant se sauve à pied et est désarmé dans le Holstein.

Le détachement se porte après sur Tollenspicken pour y prendre ce qui restait d'un escadron qui avait cherché à passer l'Elbe sur ce point ; une imprudence fit tomber le major Ameil au pouvoir de l'ennemi, mais il s'en tire par une négociation et revient de suite prendre 40 hussards de Rudorf et 100 hommes d'infanterie qui cherchaient à s'ouvrir un passage.

Tous les passages étaient absolument coupés et une infinité de fuyards errent dans la plaine ; ils se réunissent à Wendorf et Woldorf d'où ils se disposent à tenter le lendemain de reprendre le passage ; ils sont prévenus et attaqués pendant la nuit par l'escadron. 300 hussards de Rudorf, de Kôller et de Wolfrath sont faits prisonniers ainsi qu'une compagnie de 100 canonnière et 120 grenadiers ; il se rend aussi maître de beaucoup de bagages.

Le 8 l'escadron tenait la tête des digues ; ses patrouilles battaient toute la Schsenwald et ramassaient les égarés. Le nombre des prisonniers était de 800 environ dont 500 hussards. Ne pouvant les contenir, il les enferme dans l'église de Bergdorf et les confie à la garde des milices hambourgeoises. Il se porte ensuite vers Hamburg et bivouaque aux portes de cette ville. Dans ce mouvement l'escadron ramasse encore beaucoup de Prussiens.

Le 9 l'escadron ne pouvant conserver tous les chevaux qu'il avait pris, ni conduire les prisonniers, fit vendre à Hamburg les chevaux, et ayant appris le combat de Ltibeck ainsi que la capitulation du général Blticher, il se mit en marche pour joindre le corps d'armée, en exécution des ordres qui lui furent adressés.

En partant le major Ameil remit au général Drouet, du 1er corps d'armée, qui venait d'arriver àLaueuburg, 900 prisonniers qu'il avait faits, et lui donna avis que 500 chevaux prussiens avec 2 pièces de canon, dont la retraite avait été coupée par la cavalerie du corps d'armée à Ratzeburg, avaient passé l'Elbe avant son arrivée ; comme ce détachement ainsi que tous les autres que le général Blticher avait pu faire avant le combat de Ltibeck, sont nécessairement compris dans la capitulation1, le général Drouet a dû le réclamer, et le major Ameil est parti avec l'assurance qu'il se rendait.

Ainsi de toutes les troupes que commandait le général Blticher, il n'aura pas échappé un seul homme, excepté ceux qui sans armes, fuyant d'épouvante, se seront jetés dans le Holstein, mais ils seront en petit nombre.

Le major Ameil s'est parfaitement conduit dans cette mission et il a eu à se louer des militaires composant l'escadron qui était à ses ordres ; il m'observe dans son rapport qu'il n'est entré sur le territoire de Hamburg que pour y poursuivre l'ennemi, qu'aucune vexation n'y a été commise et qu'il a été à même de se convaincre que les magistrats d'Hamburg avaient pris toutes les mesures qui étaient en leur pouvoir pour défendre leur neutralité.

M. le major Ameil et l'escadron du 16e ont rejoint le corps d'armée.

LE MARÉCHAL NET A L'EMPEREUR

Magdeburg, 12 r.oven bre 1806.

J'ai reçu hier à 6 heures du soir la lettre que V. M. a daigné m'écrire de Berlin le 10.

l. Théorie du vainqueur.

Page 1