G'1 COMPANS
LE GENERAL COXPANS AUX GÉNÉRAUX DB DIVISION 8AINT-HILAJBE ET LBVAL.
Berlin, si novembre 1806.
J'ai l'honneur de vous informer d'après les ordres de M. le maréchal Soult, qu'il est possible que S. M. l'Empereur désire voir l'artillerie de votre division demain immédiatement après la revue de la cavalerie légère du corps d'armée. En conséquence M. le Maréchal vous charge de donner des ordres pour que tout votre équipage d'artillerie soit attelé et prêt à 11 heures et demie précises à entrer en ville * au premier ordre qui pourra lui être adressé. En attendant
1. 19 novembre. — Major général. Ordre au général Clark e de faire reconnaître à s lieues environ autour de Berlin des cantonnements pour les troupes à cbeval et l'artillerie, ne devant pas y en avoir de logées dans U ville.
852 CAMPAGNE DE PBUSSE.
cet ordre il sera placé de manière à n'obstruer aucune communication et à être en mesure de l'exécuter avec la plus grande célérité ; il ne saurait être disposé trop près de la ville.
Les canonnière et soldats du train devront être dans la plus grande tenue, et tout ce qui tient au harnachement des chevaux et au matériel devra être dans le meilleur état.
Le commandant de votre artillerie aura soin d'emmener toutes les voitures qui tiennent à son équipage.
Au général Lariboisière. — Copie de l'ordre précédent. M. le Maréchal vous engage à tenir la main à ce qui vous concerne, afin que les dispositions de cet ordre soient ponctuellement exécutées. — Faire partir le parc d'artillerie le 23 de Nauen pour se rendre à Berlin.
CIRCULAIRE AUX G&nAbAUX DB DIVISION D'iNFANTEBIE.
Le Maréchal commandant en chef n'ayant apporté aucun changement aux dispositions portées dans les ordres du 20 et du 21 relativement à la revue de S. M. l'Empereur, je vous invite, mon Général, à vous conformer strictement à leur contenu et à prendre vos dispositions pour que votre division soit rendue demain à 11 heures très précises du matin sur la place en face le Palais où se trouveront des officiers de l'état -major général' pour indiquer aux divisions leur emplacement.
G'1 Compaks.
l'empereur AU GÉNÉRAL BOURCIER.
Berlin, ia novembre 1806.
On vient de trouver ici un millier de paires de bottes, de selles et beaucoup d'objets d'habillement, harnachement et équipement. Envoyez ici un de vos officiers les voir; les hommes que je désire voir monter spécialement sont les hommes de cavalerie des corps des maréchaux Lannes et Davout et les 7e, 13e et 20e de chasseurs, tous ces régiments étant sur la Vistule.
Le bateau chargé débottés est enfin arrivé. Envoyez quel-
qu'un à Spandau prendre les paires qui vous sont nécessaires.
LE GÉNÉRAL BOURCIER A L'EMPEREUR
Potsdara, 14 novembre 180G.
D'après les ordres de V. M. que j'ai reçus cette nuit, j'ai envoyé sur-le-champ un officier à Spandau pour y prendre la quantité de bottes nécessaires au grand dépôt de Potsdam.
Conformément aux ordres de V. M. j'ai chargé M. le chef d'escadron Maignet, du 5e régiment de hussards, de se rendre aujourd'hui à Berlin pour voir les effets d'habillement, équipement et harnachement qu'on y a trouvés et m'en rendre compte.
J'ignore quels sont les régiments de cavalerie qui font partie des corps de MM. les maréchaux Lannes et Davout. Je viens d'en demander l'état à S. A. le prince Major général de l'armée.
Hier 30 chevaux de prise ont été dirigés de Spandau sur Potsdam sous l'escorte d'un détachement d'infanterie. Il en est arrivé seulement 19. Le reste a été enlevé en route par des soldats de toute arme.
J'ai écrit à ce sujet au général Fery à Spandau en le priant de vouloir bien à l'avenir donner aux commandants des escortes des instructions assez sévères pour que ces abus ne se renouvellent pas.
Ces 19 chevaux sont tous sans exception susceptibles de réforme ; ils n'ont ni brides, ni selles, ni licols même.
LE GÉNÉRAL BOURCIER A L'EMPEREUR
Potsdam, 15 novembre 1806.
Ainsi que j'ai eu l'honneur d'en rendre compte à V. M. par ma lettre d'hier, j'ai envoyé un officier à Spandau à l'effet d'y prendre des bottes dont V. M. m'avait annoncé l'arrivée. Cet officier est de retour et me remet une lettre
d'un aide de camp du général Fery , par laquelle il me mande qu'il n'en est point arrivé à Spandau. Il m'annonce aussi avoir fait la visite de tous les bateaux qui s'y trouvent et n'avoir trouvé aucun effet relatif à la chaussure.
V. M., par sa lettre du 13, me charge de remonter spécialement les 7e, 13° et 20e de chasseurs qui sont sur la Vistule. J'ai fait hier matin partir des 7e et 13e tout ce qui était disponible. Quant au 20e je n'ai ici de ce régiment que 22 hommes et 17 chevaux blessés renvoyés de l'armée pour former le petit dépôt.
Par sa lettre d'hier V. AI. me fait l'honneur dem'annoncer que les 9* et 10e de hussards et 21e de chasseurs font partie du corps de M. le maréchal Lannes et les 1er, 2e et 12# de chasseurs du corps du maréchal Davout.
J'ai fait partir hier matin tout ce qui était disponible des 9e et 10' de hussards; j'ai du 21e 64 hommes et 81 chevaux blessés formant le petit dépôt; du 1er de chasseurs j'ai 12 chasseurs à remonter; je n'ai encore personne du 12e.
J'ai passé la revue de tous ces petits dépôts; j'ai trouvé environ 200 hommes de toutes armes disponibles en ce moment dont 68 hommes de la 2* division de cuirassiers. J'ai demandé au prince de Neufchâtel si je devais les faire partir sur-le-champ.
Je pourrai sous 8 ou 10 jours former un détachement de 500 dragons bien montés et équipés, sauf de housses dont on se passe à la rigueur et de porte-manteaux auxquels on supplée avec des sacs ; ils n'auront pas de manteaux, mais ils seront suffisamment vêtus avec leurs capotes.
Je viens de donner l'ordre au chef d'escadron Maignet que j'ai chargé de la surveillance des ateliers d'équipement et de harnachement à Berlin, de faire travailler sans relâche à la confection de 600 harnachements de cavalerie légère et d'employer à cet effet les bois de selle qui sont en magasin.
Je n'ai pas encore eu l'occasion de me conformer à l'intention de V. M. pour la remise des capotes des hommes qui reçoivent des manteaux, ne leur en ayant pas encore fait déli-
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vrer; ceux que j'ai eus des prisonniers, sont en si petite quantité, que c'est bien peu de chose.
Il m* arrive en ce moment 79 chevaux de Spandau amenés par des prisonniers. Ils sont comme ceux qui ont précédé, en fort mauvais état, presque tous échangés. Au premier aperçu, j'en ai reconnu beaucoup qui ne paraissent propres qu'aux charrois; l'officier chargé de l'escorte me dit qu'ils sont en majeure partie blessés ou garrottés. Je vais en passer la revue et j'aurai l'honneur d'en rendre un compte plus détaillé à V. M.
Je joins à la présente deux états de situation dont un des petits dépôts de toutes armes et l'autre des détachements à remonter.
C'est vers le 16 qu'arrivèrent à Potsdam les détachements de cavalerie partis de Baireuth et Forchheim le 5 novembre sous les ordres du colonel Lacour.
LE GÉNÉRAL CORBINEAU A L'EMPEREUR
Spandau, 1S novembre 1806, 9 heures 8/4 du soir.
J'ai l'honneur de rendre compte à V. M. qu'un officier envoyé par le général Sahuc vient de me prévenir à l'instant que la division de ce général doit arriver demain vers 2 heures à Spandau ; cette division est composée de 5 régiments 1 et forte d'environ 3,500 hommes. Elle escorte 3,600 prisonniers de cavalerie prussienne dont 3,000 et quelques sont montés.
J'ai l'honneur de prier V. M. de donner ses ordres relativement à ces chevaux pris; après les avoir comptés, devrai-je les faire conduire à Potsdam par les corps qui les auront amenés à Spandau? ou le général Bourcier enverra-t-il ici des dragons à pied pour les recevoir?
t. Le 15* de dragons avait été envoyé à Brunswick avec le sous-inspecteur aux revues Malraison. Le Major général lui envoya Tordre le is novembre de se rendre à Berlin, où il arriva le 20, passa le jour môme la revue de l'Empereur et partit le lendemain pour rejoindre la division Beker.
LE GÉNÉRAL CORBINEAU A L'EMPEREUR
Spandau, 19 novembre 1806, s heures après midi.
La colonne du général Sahuc n'est pas encore arrivée1. Demain je compterai les chevaux de prise qu'aura amenés cette colonne et les harnachements qu'ils auront, et j'enverrai le tout au général Bourcier.... Les bottes que V. M. m'a ordonné de faire chercher ont été prises par un détachement du 20e de chasseurs qui a escorté les bateaux avant qu'ils ne fussent remis à la garde du 105° régiment qui les a conduits ici.
Les troupes alliées qui sont à Spandau, fourniront demain une partie de l'escorte des prisonniers. Un détachement du 50e et le 25e léger seront forcés de fournir le complément de l'escorte des prisonniers ; mais après le départ de ces détachements il ne restera pas de quoi fournir les escortes pour les prisonniers qu'on annonce devoir arriver demain et après. Le commandant sera forcé de faire continuer l'escorte par les troupes qui amèneront ici ces prisonniers.
La colonne arriva dans la soirée.
LE GÉNÉRAL CORBINEAU A L'EMPEREUR
Spandau, 80 novembre 1806, 6 heures S/4 du matin.
J'ai l'honneur de rendre compte à V. M. du parti que je prends pour l'escorte jusqu'à Potsdam des prisonniers de cavalerie arrivés ici hier. Cette disposition est motivée sur l'avis que je reçois à l'instant du général Bourcier par le retour d'une ordonnance que je lui ai envoyée hier. Ce général me mande que n'ayant pas été averti plus tôt il ne pourra faire partir que ce matin 20 novembre les dragons à pied et qu'il ne pourra en envoyer que 100.
1. 18 novembre. — Major général. Ordre à la division Sahuc de régler sa marche de manière à arriver le so à Berlin pour être passée en revue.
Les dragons à pied ne pouvant arriver ici que fort tard, le foin et la paille manquant totalement ici puisque dès hier on n'a pu en donner aux chevaux dès prisonniers, j'ai cru devoir faire partir ce matin tous les chevaux montés par leurs cavaliers. Dès lors il devenait impossible d'en confier la garde à 430 hommes d'infanterie (c'est à peu près tout ce que la ville et le fort peuvent fournir pour l'escorte des prisonniers). J'ai donc cru devoir inviter le général Sahuc de donner ordre à un de ses régiments de continuer l'escorte jusqu'à Potsdara où la remise des chevaux, harnachements et bottes, sera faite au général Bourcier.
Je compterai seulement les chevaux avant leur départ d'ici.
Les 430 hommes d'infanterie seront joints au régiment de dragons jusqu'à Potsdam; ils continueront ensuite l'escorte jusqu'à nouveaux ordres après que les prisonniers seront démontés et les dragons exécuteront ceux qu'ils recevront.
Quand bien même les dragons à pied seraient arrivés ici, étant en trop petit nombre pour pouvoir démonter les prisonniers, il eût toujours fallu conserver des piquets montés pour empêcher les prisonniers de fuir. Je désire que le parti que je prends obtienne l'approbation de V. M.
LE GÉNÉRAL BOURCIER A L'EMPEREUR
Potsdam, ai novembre 1806.
La tête de colonne des chevaux de prise arrivant de Spandau est entrée en ville hier à 5 heures du soir et ce n'est qu'à 8 heures qu'elle a été rangée en totalité dans la cour du château pour en faire la distribution préparatoire.
Les officiers prussiens ayant appris à leur arrivée qu'ils étaient prisonniers de guerre, ont montré du mécontentement et presque tous ont abandonné leur troupe pour se retirer en ville. Je suis cependant parvenu à en réunir 80 dans un local, lesquels partent aujourd'hui avec la colonne qui se dirige en France. L'absence de ces officiers de leur troupe,
l'obscurité de la nuit, la difficulté de contenir en bon ordre les détachements des différents corps destinés à prendre ces chevaux ont occasionné de la confusion et même du désordre. Des chevaux ont été enlevés ainsi qu'une quantité d'équipages, notamment les couvertures de laine. Les sentinelles ou gardes qui étaient placées à diverses issues, ont faibli ou ont été culbutées par la foule ; il est même probable qu'une partie a pris part au désordre.
Enfin, Sire, ce n'est qu'à 11 heures que je suis parvenu à connaître que le nombre des chevaux présents était de 2,291, mais déjà dépouillés en majeure partie de leurs équipages. Leur placement aux baraquements et sur les places ou j'avais fait disposer des piquets pour les attacher, n'a été terminé qu'à 2 heures du matin.
Les troupes de passage, tant infanterie, cavalerie qu'artillerie, logées en ville, étaient de plus de 4,000 hommes, non compris les prisonniers de guerre. Il est évident qu'elles ont participé à l'enlèvement de beaucoup de chevaux et autres objets.
Aujourd'hui j'examinerai tous les chevaux en détail et j'en ferai le classement.
Les magasins à fourrage sont épuisés en foin et paille, je compte sur les versements qui doivent avoir lieu dans la journée pour faire faire la distribution du jour l.
Des voitures chargées de fourrage sont journellement pillées sur les routes et les chevaux enlevés.
C'est avec douleur que je me vois forcé de rendre un