‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 392 sur 412 · L ■MPKKEUB A M. MOLLISN · texte numérisé non relu

L ■MPKKEUB A M. MOLLISN

Berlin, u novembre 1806.

Je reçois votre lettre du 25 octobre. Tout ce que vous me diles me parait assez satisfaisant. Tenir toujours sept à huit millions à Strasbourg, afin que j'en puisse disposer, si cela était nécessaire, pour alimenter la caisse de l'armée, est une bonne et sage précaution. Dans les moments de guerre comme ceux-ci, l'argent n'a de valeur que par la rapidité avec laquelle on peut l'avoir. Mais ce qui m'importe surtout, c'est que vous ne perdiez jamais de vue ce qui est dû do solde à mon armée. Il me semble que, dans Tannée 1806, l'armée n'a touché que quatre mois : au mois de janvier 1807 il lui sera donc dû huit mois, c'est-à-dire 24 millions. Je désire que ces 24 millions existent soit à Mayence, soit dans la caisse de réserve du trésor à Paris, non en effets, mais en argent. Ainsi, si je voulais ces 24 millions du soir au matin, je devrais les avoir sans produire aucun mouvement sur la place. Vous me dites que vous aurez des obligations: ce n'est pas mon affaire; que vous aurez des effets: ce n'est pas mon affaire; il faut que vous ayez de l'argent ; c'est un dépôt dans toute la force du terme. Alors, quelque chose qui arrive, je puis considérer mon armée comme soldée; au lieu que, s'il arrivait quelque chance, comme l'affaire Ouvrard l'année passée, ou* môme quelque malheur, les papiers ne seraient point réalisés et l'armée perdrait sa solde. Faites-moi connaître ce qui est dû a l'armée, mois par mois, et où sont les fonds pour acquitter cette solde. J'entends que vous ne soyez plus le maître de cet argent, mais que vous l'ayez seulement en dépôt. Du reste, ici, maître de la Prusse et de toute la Westphalie, l'argent va commencer à rentrer, de manière qu'il n'y a pas d'inquiétudes à avoir.

Je n'ai fait aucune autre disposition que le crédit de 2 millions que j'ai ouvert au prince de Neufchàtel pour les besoins de l'armée, comme je vous en ai instruit. Je vous envoie un décret qui les répartit dans les différents chapitres du budget du Ministre de la guerre, comme la distribution en a été faite. Mais il parait qu'il est encore dû 2 millions pour différents objets d'administration. Je ne sais pas si cela a été ordonnancé par les ministres.

fonds pour ces 2 millions, ils entreront dans les dépenses à payer par le trésor de France ; 2° le bordereau des dépenses des ministres de la guerre et de l'administration de la guerre ; 3° enfin le mçmtant détaillé, corps par corps, d'un mois de solde pour toute l'armée.

M. Dam présente l'état des magasins de Magdeburg et de Spandau.

S. M. ordonne que, jusqu'à nouvel ordre, on ne laisse rien sortir de la douane de Magdeburg, et qu'on fasse connaître l'argent qui se trouve dans la banque de cette place.

Elle prescrit de faire publier par les commandants à Berlin, Magdeburg, Stettin et Kttstrin, que toute personne qui fera connaître un magasin d'effets ou de denrées ayant appartenu au roi de Prusse, aux régiments ou aux capitaines de l'armée prussienne, recevra le quart de la valeur de ce magasin, à quelque somme qu'elle puisse s'élever.

M. Cetty, faisant les fonctions d'ordonnateur du service de l'habillement, et M. de Riccé, inspecteur général, sont introduits. Les états des magasins des diverses sortes d'effets d'habillement sont mis sous les yeux de l'Empereur. S. M. prescrit les dispositions suivantes:

Les 2,103 culottes de peau existant dans les magasins seront distribuées aux régiments de dragons et de cuirassiers, excepté le 1er et le 2e, qui en ont déjà reçu, à raison de 50 par régiment. Cette distribution sera mise à l'ordre du jour de demain.

Il faut également distribuer les 6,000 chapeaux. Donner aussi à l'armée les caisses de tambour qui sont à l'arsenal, et dont le magasin général doit faire recette.

Donner à l'artillerie les poudrières.

Présenter, pour être mise à l'ordre du jour, une distribution des draps fins provenant tant de Berlin que de Leipzig.

Distribuer les 14,000 aunes de coutil, en en donnant d'abord aux grenadiers d'Oudinot un pantalon par homme.

La mesure proposée de faire venir les capotes en masse est impraticable ; mais il faut ordonner que chaque maréchal d'Empire, en conséquence de Tordre du jour, fasse une distribution partielle, régiment par régiment, et que cette distribution soit mise à Tordre de chaque corps d'armée.

Comprendre, dans la distribution des capotes, les grenadiers d'Oudinot en masse, pour 3,000 capotes.

Avoir soin, lors de la distribution des manteaux aux dragons à pied qui ont été montés, de faire rendre une capote pour chaque manteau délivré.

Faire connaître au prochain conseil la quantité des draps qui proviennent de Stettin et de Francfort, et donner un état positif et détaillé de ceux qui ont été requis à Leipzig.

Faire réunir à Magdeburg du drap provenant des boutiques de draperie de cette ville, pour 20,000 capotes; en demander à Hamburg pour 50,000, et à chacune des villes de Brème et de Lttbeck pour 15,000. Faire emmagasiner ces draps et confectionner les capotes, qui seront dirigées sur Magdeburg.

Enfin remettre, tous les 8 jours, Tétat de ce qui aura été donné corps par corps.

S. M. représente la nécessité de s'occuper avec activité d'un grand approvisionnement de souliers. Elle prescrit à cet effet les dispositions suivantes :

L'Intendant général passera des marchés qui seront soumis à l'approbation du Major général: à Berlin, pour 50,000 paires qui seront versées à Spandau; à Magdeburg, pour 50,000 paires qui seront emmagasinées dans cette place ; à Stettin, pour 25,000 paires qui seront emmagasinées dans cette place ; à Francfort-sur-TOder, pour 15,000 paires qui seront versées à Kttstrin ; à Kttstrin, pour 10,000 paires qui y seront emmagasinées ; à Leipzig, pour 50,000 paires qui seront versées à Magdeburg, et à Dresde, pour 50,000 paires qui seront versées à Kttstrin.

Les marchés fixeront P époque des livraisons, savoir: Le premier cinquième, au lw décembre*, le second, au 15; le troisième, au 30, et les deux derniers cinquièmes avant

le 20 janvier; avec la condition d'une déduction sur le prix en cas de retard. Les payements seront faits après chaque livraison de 1,000 paires.

Des ordres seront donnés à l'avant-garde pour passer aussi des marchés de souliers, savoir: de 25,000 paires à Glogau, de 25,000 à Posen, et à Varsovie de 50,000, aux mêmes conditions et dans les mêmes délais1.

On fera acheter à Hambourg du cuir pour 200,000 paires ; la livraison s'en fera à Magdeburg. Dans ce cas, les marchés de souliers, pour cette quantité de 200,000 paires, ne seront passés que pour la façon.

M. Breidt, entrepreneur des transports et équipages militaires, et M. Thé venin, inspecteur général de ce service, sont introduits. S. M. prescrit les dispositions suivantes :

Au lieu de laisser les agents de l'inspecteur général auprès de chaque corps d'armée, il convient de les rappeler tous auprès de l'inspecteur général. Ils y seront employés pour le service du transport des réquisitions et pour d'autres missions. On pourra, tous les mois ou tous les 2 mois, les envoyer faire l'inspection de l'état du service dans les corps.

Il convient aussi d'envoyer sans délai un inspecteur des équipages militaires à Ltlbeck, à Prenzlow et dans les autres lieux du pays où l'armée prussienne a été coupée, pour réclamer, auprès des baillis, les caissons, voitures et équipages, selles et harnais de l'ennemi.

1. Dés le milieu de novembre et avant marne de savoir quelle marche suivraient les événements, l'Empereur voulait donc avoir avant le SO janvier 550,000 paires de souliers échelonnées sur la route de l'armée dans les différentes places de dépôts, car : « à la guerre, c'est de souliers qu'on manque toujours ». Lettre au vice-roi d'Italie, 16 septembre 1805.

L'administration était subordonuée au commandement de la façon la plus absolue. «.... Songez, écrivait l'Empereur au général Clarke, gouverneur gé- « néral de la Prusse, le 6 décembre à propos des exactions de Kustrin, que « vous n'êtes pas dans un poste à observer et à critiquer, mais à agir puisque

• vous avez le commandement. » Et le 8 : «.... J'apprends de Spandau que

• des bateaux sont encore chargés d'effets d'habillement et d'équipemont, et « qu'on ne les décharge pas pour les moltre en magasin. Yoyez à remédier « pro.nptoment à col abus ; transportez-vous vous-môme à Spandau et parlez « en maître. »

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Les inspecteurs doivent être chargés non seulement des missions qu'ils recevront pour les transports par terre, mais encore de tout ce qui concerne les transports par eau. Il faut donc que M. Thé venin se mette au courant de tout ce qui regarde les transports sur l'Elbe, de Dresde à Hamburg; sur TOder, de Glogau à Stettin, et sur la Warta, de Posen à Ktistrin. Il enverra des inspecteurs pour être au fait, par leurs rapports, des prix, du nombre et de la capacité des bateaux, etc., afin d'être en état de disposer de ces moyens de transport.

M. Lombard, commissaire ordonnateur du service des hôpitaux, et MM. Coste, médecin en chef, Percj, chirurgien en chef, Bruloy, pharmacien en chef, et Meuron, régisseur, sont introduits. M. Lombard met sous les yeux de S. M. les états relatifs au service des hôpitaux et de l'ambulance.

S. M. défend expressément aucune évacuation sur la France. Les évacuations sont funestes aux blessés et aux malades. Mais, quand elles sont indispensables, elles doivent avoir lieu surWeimar et sur Leipzig, pour ce qui est au delà de la Saale, et pour ce qui est en deçà, sur Magdeburg, Spandau et Ktistrin.

S. M. ordonne l'établissement d'un hôpital pour 500 malades et 500 blessés à Magdeburg. Les hôpitaux prussiens seront ôtés de la ville et évacués sur Brtinswick et dans cette directionc

M. Roman, commissaire ordonnateur du service des subsistances, et MM. Keibell, entrepreneur des vivres-pain, Valette, entrepreneur des vivres- viande, et Lannoy, entrepreneur des fourrages, sont introduits. Les états de ces divers services sont mis sous les yeux de S. M., qui prescrit les dispositions suivantes:

Les grains qui sont à Weissenfels seront transportés à Magdeburg.

On fera remonter 100,000 boisseaux d'avoine de Stettin sur Ktistrin.

S. M. remarque qu'il y a bien peu de chose à Erfurt. Elle désire qu'on prenne des mesures pour y maintenir toujours un approvisionnement de 15,000 quintaux de grains.

Elle ne voit pas d'inconvénient à ce que Ton frappe une réquisition sur Weimar et sur Fulde ainsi que sur les pays prussiens qui en sont voisins.

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