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Sarrasin, ex-adjudant de place à Wùrzburg

tier-général, à la correspondance et à tous les objets qui lui seront renvoyés par le Major général, à remplacement et à la direction des troupes dans leurs marches, à des reconnaissances, etc.

U réglera Tordre du service des adjoints de l'état- major, tant dans les bureaux que pour l'expédition des ordres qu'il aura à transmettre directement ou qui lui seront envoyés par le Major général, de manière qu'il y ait toujours 2 officiers prêts à partir dont l'un sera un officier supérieur. Ces 2 officiers devront suivre le Major général dans les mouvements et sur le champ de bataille afin de transmettre ses ordres immédiatement.

Bureaux de VÊtat-major général.

lt9 division. — Hastbbl adj'-comm1, chef. — Adjoints: Fourk chef de bataillon; — Cbbssent1, Martevillb', Pinthon cap0".

Ce bureau sera chargé de la surveillance générale du travail, des ordres du jour, mots d'ordre, expédition des ordres, lettres et paquets, de l'ordre de service des officiers, des mouvements, des états et situations, des renseignements, des commandants de place et de la correspondance générale.

2e division. — Pbtibt adj'-comm1, chef. — Adjoints: Vbbdun, Ducoudbas, capBM.

Ce bureau sera chargé du logement du grand quartier général , de la police et de la gendarmerie , des subsistances et des distributions, des hôpitaux.

#• division, — Bœrner a adjl-comml, chef. — Adjoints : Sallbt, Thomas cap"*.

Ce bureau est chargé du travail relatif aux prisonniers de guerre et déserteurs et aux réquisitionnâmes et conscrits, des conseils de guerre des lois et arrêtés du Gouvernement.

Au moyen de cette organisation, l'état -major général pourra, pendant toute la campagne, répondre à toutes les demandes du Major général et exécuter avec promptitude et exactitude les ordres qui seront transmis par lui.

1. Cresson t, ex-commandant à Ras lad t, a Tordre de rejoindre.

9. Marteville, était employé près le général Lecamus, a Tordre de rejoindre.

S. Bœrner, ex-sous-commissaire employé près lo général Lecamus, a Tordre de rejoindre; — remplacé dans son service par Tadjudant-commandant Passinges. — M. Bœrner avait été chargé de la conduite des prisonniers de guerre en Tan XIV.

Aide-major général chargé de la partie topographique : Sahson général de brigade ;

Officiers supérieurs : Pàbigot chef de bataillon ; — Lbobawd chef de bataillon du génie; — Guillbmihot chef de bataillon.

Ingénieurs-géographes de 1" et de 2e classe : Chabbibb, Brousse au, Dbcastkbs, Gauthier, Schbbidbb, Lbbougb.

M. le général Sanson fera tracer chaque jour un plan général de remplacement de l'armée. Il fera lever les positions et champs de bataille immédiatement après le combat et en fera prendre les vues. 11 emploiera d'ailleurs tous ses officiers à des renseignements sur les pays et chemins à parcourir par l'armée et à faire les reconnaissances qu'il croira utiles de manière à pouvoir en fournir des extraits au Major général quand il leB lui demandera.

Il sera délivré un extrait de la présente organisation aux aidesmajors généraux et aux chefs des différents bureaux, chacun pour ce qui les concerne, afin qu'ils aient à s'y conformer.

Arrêté à Wttrzburg, le 2 octobre 1806.

Le Prince de Neuchâtel, Ministre de la guerre, Major général,

Mal Alex. Bbbtbibb.

Le Major général.

Comme Major général le maréchal Berthier est chargé de tous les détails de l'armée qui, ainsi qu'il l'écrit à l'Empereur le 1" octobre 1806, sont immenses dans ce moment où tout est en marche et en action '.

La fonction principale du Major général est d'expédier les ordres de l'Empereur. Dans tous les livrets de l'armée, depuis la constitution de la Grande Armée, l'énumération des titres du maréchal Berthier est immédiatement suivie do la mention Expédiant les ordres de l'Empereur.

L'Empereur donnait tous ses ordres de mouvement et tous les ordres concernant les détails de l'armée par le canal du Major général.

1. La tâche du Major généra) ne fera qu'augmenter: i II me restera, comme Major général, autant do travail qu'il me sera possible d'en faire pour expédier les ordres de V. M., donner ceux de mouvement et d'administration, tenir les états de situation, l'organisation, le personnel et enfin faire le service actif de guerre prés de V. M., service auquel je suis accoutumé depuis 20 ans, que je ne veux cesser de remplir que quand je ne pourrai plus suivre V. M. ». Rapport du Major général à l'Empereur. Mayence, 19 avril 1813.

Il écrivait souvent directement aux Maréchaux et généraux commandant les corps d'armée et aux chefs de service pour confirmer et expliquer les ordres transmis par le Major général.

l'bHPBRBUB AU MARECHAL 80TJLT.

Wùrzburg, 5 octobre 1806, il heures du matin.

Le Major général rédige dans ce moment vos ordres que vous recevrez dans la journée.... '.

l'empereur au quand-duo de bebg.

Berlin, 28 octobre 1806, midi.

Le Major général a dû vous écrire pour vous faire connaître mes intentions.... \

Cette méthode de commandement de l'Empereur est trop connue pour qu'il soit besoin d'insister ; elle s'est maintenue pendant toutes les campagnes; les originaux des ordres de l'Empereur au Major général existent pour faire foi. — L'Empereur donnait au Major général des ordres écrits commençant invariablement par ces mots :

Mon Cousin, donnez ordre au Maréchal Mon Cousin, donne*

ordre à l'Intendant général Écrive» au Maréchal

Et terminés par cette phrase : Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde, et la date.

L'Empereur écrivait aussi très -souvent au Major général sous forme de Notes.

Ces ordres et ces notes sont de la main de M. Mené val, de M. Fain, de M. Mounier, secrétaires de l'Empereur; mais on en trouve aussi écrites sous la dictée* de l'Empereur par le général Duroc, par les aides de camp, par le Major général, par M. Daru, plus tard par le premier officier d'ordonnance. L'Empereur signe de son N.

1. Voir léna page 816 et Tordre de mouvement page 3*8. 8. Voir page 451 et Tordre de mouvement page 460. 8. Tous les ordres dictés par l'Empereur lui étaient présentés au net par celui qui les avait écrits sous la dictée.

li kajob eaviaix. ▲ i/smpbbkub.

Dresde, 9 août 1818.

J'ai l'honneur d'adresser à V. M. la mise au net des ordres qu'elle m'a dictés.*..

c Selon que Tordre concernait une ou plusieurs branches de c service, soit mouvement de troupes, soit dispositions administra c tives, dit M. Denniée * , le Prince, après en avoir pris connaissance, c le remettait à l'un de nous ; celui-ci expédiait et soulignait * la < partie de Tordre qui se rattachait à la spécialité dont il était c chargé, puis ensuite le remettait à son voisin qui en complétait la c transmission en ne faisant subir aux ordres de l'Empereur que

c cette unique inversion : M. le Maréchal. l'Empereur ordonne

c M. l'Intendant général, l'Empereur ordonne »

Le Major général employait aussi les expressions : L'intention de

l'Empereur, M. le Maréchal, est que L'Empereur, mon Prince,

me charge de vous dire

Les ordres ainsi expédiés portaient en tête l'indication de la personne à laquelle ils étaient adressés, à la fin le lieu, la date et l'heure, s'il y avait nécessité, et se terminaient sans aucune formule depolitesse 3 .

AS. A. I. LE OEAND-DUC DE BERO.

L'Empereur, Prince, ordonne que la division Groucny.

Le Prince de Neuchâtel, Major général,

M*1 Alex. Bbbthibb.

Au bivouac de Deppen, le 7 juin 1807, à 11 heures du soir.

c Les ordres ainsi expédiés4, continue M. Denniée, étaient remis

< au Prince qui ne les signait jamais sans les avoir collationnés.

c Néanmoins il arrivait parfois pendant les marches que TEmpe- « reur donnait des ordres verbaux au Major général ; dans ces cir-

< constances le Prince leB dictait soit à un de ses aides de camp

1. Itinéraire de l'Empereur Napoléon pendant la campagne de 1819, par M. Denniée fils, inspecteur aux revues, qui faisait partie du cabinet du Major général.

s. Beaucoup d'ordres originaux de l'Empereur au Major général sont en effet soulignés.

S. A moins que la longueur de Tordre ne l'exigeât, on ne se servait que d'une seule feuille de papier de petit format.

4. La mention Expédié le est toujours portée sur Tordre original de l'Empereur; lorsque l'importance de Tordre le nécessite, on ajoute l'heure et môme

le nom de l'officier chargé de porter Tordre. M parti à — A partir de

1818, pendant les périodes d'opérations, le nom de Tofflcier est toujours inscrit sur le registre de correspondance avec les Maréchaux.

soit le plus souvent à moi-même ; mais arrivé au quartier général, ces ordres verbaux étaient toujours confirmés par des ordres écrits * plus explicites que les premiers.

« Ainsi l'Empereur seul imprimait le mouvement, seul il donnait la direction à tous les services ; car telle était l'application de ce vaste génie que l'histoire de ses campagnes est tout entière dans sa correspondance avec le Major général *.

« Le prince de Neucbâtel était en campagne inséparable de l'Empereur; son habitation personnelle était toujours sous le même toit, quelque vaste ou quelque exigu que pût être le château ou la chaumière. L'Empereur faisait des apparitions assez fréquentes dans le cabinet du Prince et n'en sortait jamais sans donner un signe de bienveillance à l'un de nous ; le silence le plus absolu y était observé, et l'entrée en était même interdite aux aides de camp du Prince3; la moindre infraction à cet ordre aurait excité d'une manière d'autant plus vive son mécontentement qu'il ne pardonnait ni la curiosité ni l'indiscrétion. < Le Prince n'admettait près de lui qu'un très-petit nombre de personnes4 ; elles devaient suffire et suffisaient à la transmission des ordres de l'Empereur. »

i. L'ordre écrit était une règle de la part du commandement. J'ai trouvé sur un registre du maréchal Augereau la lettre suivante adressée au général Pannelier, son chef d'état-major.

Coburg, 10 octobre 1806.

Pour la régularité, M. le Général, je vous envoie par écrit les ordres que je vous ai donnés verbalement cet après-midi.

Le général Thiébault recommande aux chefs d'état-major d'avoir un carnet sur lequel les généraux commandant signent les ordres qu'ils donnent à expédier à leurs chefs d'état-major. — Le chef d'état-major aura toujours le carnet sur lui pour que le général puisse le consulter si la mémoire vient à lui faire défaut.

t. Un grand nombre d'ordres de l'Empereur au Major général ou à d'autres personnes n'ont pas été publiés dans la Correspondance, soit que l'on ait jugé ces ordres trop peu importants, soit que l'on ait voulu éviter des répétitions.

8. Les aides de camp se tenaient dans le salon de service. {Souvenir $ du général Lçjeune.)

A, L'état d'organisation de l'état-major général au s octobre 1 806 donne 18 personnes employées dans les bureaux du Major général. Pendant la suite des campagnes, ce personnel est resté stationnai™ et a même diminué. Le 1er août 1818 11 était de 10 personnes, dont ô nous sont déjà connues :

MM. Dufresne, Denniée fils inspecteurs aux revues.

Le Duc commissaire ordonnateur ; — Quillabort commissaire des guerres.

Salamon, capitaine adjoint, chargé du mouvement des troupes. Lalran, Lechantre, Belle, Riancey, Huguet commissaires des guerres adjoints.

Les employés du cabinet du Major général sont des non-combattants on des civils '.

Le colonel Blein, aide-major général, ne semble compris dans le cabinet du Major général que pour la partie secrète, le classement des reconnaissances et de la correspondance des Maréchaux; il va d'ailleurs disparaître au commencement de novembre, envoyé en mission auprès du prince Jérôme en Silésie pour diriger le génie dans les sièges ; il comptera désormais à l'état- major du génie.

J'insiste sur la qualité de civils ou de non -combattants de toutes les personnes employées dans le cabinet du Major général, car j'estime que les officiers ne sont pas propres à ce service, extrêmement important mais peu brillant, d'expédition, d'enregistrement, de détails de correspondance, à cette assiduité dans un bureau, à cette abnégation de tous les instants qui, en supprimant toute volonté, abaissent les caractères et ne sont propres qu'à faire des hommes de second plan. L'officier qui a choisi la carrière des armes, a besoin d'activité et de mouvement ; il aspire à commander ; il ne consent à faire un service sédentaire que lorsqu'il se sent fatigué. Le service du cabinet du Major général était extrêmement astreignant. Le Prince savait ce qu'il pouvait exiger de non- combattants obscurs dont il était le seul protecteur. Tous le considéraient comme leur bienfaiteur'.

Est-ce à dire qu'on ne trouvera plus à l'avenir de ces serviteurs modestes et dévoués ? La race n'en est pas éteinte , mais les grandes situations savent seules inspirer ces dévouements discrets, comme seules aussi elles sont à même de les récompenser.

M. Le Duc, secrétaire intime, est chargé de toute la correspondance particulière du Prince, de la conservation des archives et de la caisse de l'état-major général. Ce commissaire des guerres a avec lui un commissaire adjoint, M. Guillabert, et tous deux seront encore dans ces mêmes fonctions au cabinet en 1812, mais l'un et l'autre

1. C'est pour cela qu'en route le Major général dicte les ordres plus souvent à M. Denniée fils, inspecteur aux revues, employé en îsis au cabinet, qui suit à cheval, plutôt môme qu'à un aide de camp. Si Tordre écrit doit être porté de suite par un aide de camp, c'est cet officier qui récrit sous la dictée; mais si l'ordre doit être expédié par le cabinet lorsqu'on ouvrira les portefeuilles, c'est l'employé du cabinet qui l'écrit. Les aides de camp ont leur travail de missions; ils n'entrent pas dans le cabinet.

S. Il les a tous élevés. De simples employés, de simples commis, il a fait en 1813 des commissaires des guerres adjoints. Le travail n'a pas changé dans le cabinet du Major général. Mais la récompense est venue comme prix du travail accompli. — Ce n'est pas que je veuille voir ressusciter le passé. Loin de moi de pleurer ce qui a vécu. Mon travail n'a qu'un but : montrer comment la machine fonctionnait à une époque où un grand capitaine a fait de grandes choses. A chacun d'en tirer le parti qui lui convient.

de rang plus élevé, M. Le Duc comme commissaire ordonnateur, M. Guillabert comme commissaire des guerres. Cet avancement est la récompense de leur dévouement.

Comme Ministre delà guerre et comme Major général, le Maréchal dispose de fonds dont il a l'ordonnancement f ; il délègue d'après les ordres de l'Empereur soit aux Maréchaux, soit aux chefs de service. Il renvoie toutes les demandes de fonds à l'examen de M. Dufresne, chef de la comptabilité, qui le met à même de prononcer \ Cette comptabilité8 est considérable et demande une correspondance suivie ainsi que la production continuelle de notes et d'états de justification. M. Dufresne est chargé de toute la correspondance concernant les fonds (crédits , solde , etc.) avec le Ministre de la guerre, le Ministre directeur, l'Intendant général, les chefB de service, le Payeur général, le Receveur général des contributions.

M. Dufresne est également chargé du personnel de l'armée (personnel des corps et personnel des états-majors), ayant un employé sous ses ordres. Par personnel il faut entendre toutes les questions concernant le personnel (promotions, décorations, retraites, etc., décrets, expéditions de décret, lettres de service, lettres d'avis, etc., correspondance avec le Ministre de la guerre) qui résultaient des revues passées par l'Empereur, des demandes des Maréchaux, questions que le Major général traite complètement comme Ministre de

1. M. Dufresne fera une ordonnance de la somme de trois milSe francs au profit du général de division Morand et une de six mille francs au profit du général de division Gazan pour dépenses secrètes.

Cette somme sera payée en or à Finkenslein, le 4 avril 1807. M. Le Duc qui en a fait l'avance par Le Major général,

mon ordre. Mal Alex. Bbrthiir.

S. HOTB POUB 8. A. 1807.

Le général Bourcier fait la demande d'un nouveau crédit, le dernier de 30,000 fr. qui lui a été accordé, étant épuisé.

Sur une demande de 400,000 fr. qui a été, dans le budget du mois de juin, destinée aux dépenses imprévues de l'administration, Y. A. n'a encore disposé que de 203,000 fr. fil reste donc 197, ooo fr. sur laquelle somme j'ai l'honneur de proposer à V. A. d'accorder un nouveau crédit au général Bourcier par l'intermédiaire de M. l'Intendant général, afin que toutes les dépenses de l'administration soient réunies dans la comptabilité de M. Daru.

Approuvé, Dufebsh».

3. Sur le Tableau général du personnel de l'état-major général de la Grande Armée, celle partie de l'état-major particulier du Major général porte le nom de Bureau de comptabilité prêt le Major général.

la guerre ■ et qui ne constituent pas pour lui un simple travail de transmission. Toute demande soumise à l'Empereur, soit dans une revue, soit dans la correspondance, et sur laquelle il n'a pas prononcé, lui est représentée dans un rapport avec le projet de décret s'il y a lieu, par le Major général ou par les aides de camp. L'Empereur annote le rapport, y porte sa décision* ou signe le décret. — M. Dufresne sera encore auprès du Major général en 1812, chargé du personnel des corps ; en 1809 il est inspecteur aux revues.

M. Salamon, capitaine en retraite, est chargé du Mouvement des troupes, service qu'il a exécuté au cabinet du Major général pendant toutes les campagnes de 1805 à 1814 8.

Par Mouvement des troupes il faut entendre tous les ordres de l'Empereur concernant les mouvements, l'expédition des ordres aux Maréchaux, aux chefs de service, aux gouverneurs généraux de province, aux commandants des places de dépôt, aux généraux commandant des corps isolés ou détachés, etc., etc. (minutes, expédition des ordres, avis à toutes les autorités qui doivent connaître les mouvements ordonnés, enregistrement4), — la rédaction des ordres con-

1. Lorsque le maréchal Berthier a cessé d'ôlre Ministre de la guerre le 9 août 1807, il ne s'est plus occupé du travail des promotions qu'à l'armée où il suppléait le Ministre.

A S. SXC. LB MIXISTRS DB LA GUERRB.

Paris, 15 mars 1809.

J'ai l'honneur de vous adresser, M. le Comte, quelques lettres de ma correspondance dont l'objet rentre dans vos attributions. C'est à tort que M. le Maréchal duc d'Auerstadt s'adresse à moi pour demander l'avancement de militaires de son corps d'armée. Je ne me môle de cela que quand S. M. est présente à l'armée et loin de son Ministre dont alors je suis le chef de division.

Je renouvelle à V. Ezc. l'assurance de ma plus haute considération.

Le Vice-Connétable, Major général, Albxavdkb.

2. Nombre de pièces concernant des détails (rapports du Major général, notes de mouvement, lettres des Maréchaux ou des chefs de service) sont annotées par l'Empereur lui-même, ou portont sa décision et la date, de la main du secrétaire, avec l'N de l'Empereur.

3. Lors de son départ de Paris, le Si mars 1809, pour se rendre à Mayence, « le Prince, dit le colonel Lejeune, me prit dans sa voiture avec ses deux « secrétaires, l'excellent baron Le Duc et l'infatigable Salamon, chargé spé- « cialement du mouvoment des troupes, et que des blessures graves et une « balle dans la cuisse n'empêchaient pas d'ôtre nuit et jour à son pénible « travail. •

4. La correspondance concernant le Mouvement des troupes est enregistrée sur des registres particuliers de 120 feuillets, de \\\\\ , reliés en peau, intitulés Correspondance avec les Maréchaux et portant sur la couverture Major général n° l, 2, etc. (une série de registres par campagne). A ces re-

cernant les organisations nouvelles (corps d'armée, divisions, etc.), — les rapports à l'Empereur pour lui faire connaître en détail l'expédition de ses ordres, pour lui demander ses ordres sur les questions Boumises au Major général, — les notes extraites de la correspondance des Maréchaux, gouverneurs, commandants d'armes et de provinces, présentées à l'Empereur dans des rapports ou seulement destinées au Major général, — les récapitulations demandées par l'Empereur et présentant l'état de telle ou telle partie d'un service avec l'exécution de ses ordres (distributions d'armes, de souliers, de chemises, de subsistances1, — état des troupes rejoignant l'armée avec l'indication de leur emplacement à un jour déterminé, état des troupes fournies par les princes de la Confédération du Rhin, etc., etc.), — l'envoi au ministère à Paris de tout le travail qui lui est destiné (décrets, ampliations, états de situation pour la rédaction du livret de l'armée*, etc.)

Toutes les pièces qui existent encore et la trace de celles qui ont disparu, prouvent la somme de travail qui se faisait chaque jour dans le cabinet du Major général. Un personnel restreint suffisait cependant pour toute cette correspondance, et ce n'était pas toujours travail d'expéditionnaire ; le Major général avait besoin d'hommes

gis 1res est jointe la collection des ordres de l'Empereur au Major général qui ont servi de minutes pour l'expédition faite par le Prince.

La correspondance concernant les détail* de l'armée est enregistrée sommairement sur des répertoires d'ordres, cahiers de papier non reliés. — A ces répertoires est jointe la collection des minutes des rapports à l'Empereur ou des ordres de détail lorsqu'on raison de l'importance du rapport ou de la dépêche M. Salamon a jugé nécessaire ou a reçu l'ordre de faire une minute et de la soumettre au Prince avant de présenter l'expédition à sa signature. — Du mois de décembre 1806 au mois d'avril 1807 on avait fait au cabinet un cahier d'enregistrement des ordres de détail sur lequel on les transcrivait dans leur entier, mais on semble avoir renoncé à ce genre d'enregistrement pour cette partie et y avoir substitué la collection des minutes. Les feuillets de ce registre existent. — L'examen de ces pièces et de ces registres pendant les diverses campagnes est la base de mes observations.

M. Salamon ne faisait pas l'enregistrement lui-même; mais il marquait sur le registre le nom de l'officier porteur de Tordre ainsi que l'heure de son départ.

1. Cette partie qui était traitée en 1806 au cabinet du Major général par M. Salamon, passa par la suite à M. Daru, qui travaillait avec l'Empereur comme Intendant général, comme Ministre secrétaire d'État, puis plus tard comme Directeur de l'administration de l'armée.

s. Pendant toutes les campagnes il existe beaucoup de Notes adressées par M. Lairan à M. Gérard, chef de la 8e division du ministère, mouvement des troupes, pour lui faire connaître les promotions, les mutations dans le personnel de l'armée, les changements apportés par l'Empereur dans l'organisation de l'armée, et pour lui permettre de faire rédiger le livret de situation destiné a l'Empereur.

instruits et capables, ainsi que le prouve la lettre suivante à M. Denniée, secrétaire général du ministère de la guerre.

Finkenstein, il mai 1807.

Il me devient très-important, M. Denniée, d'avoir près de moi un homme fort et capable de prendre l'initiative sur les objets dont je peux le charger: enfin un homme d'esprit, instruit et par conséquent propre a tout.' Je préférerais quelqu'un du bureau de l'Inspection '. D'après les renseignements que j'ai pris, il paraît que M. Bouillard a du mérite. En général je désirerais que la personne que vous m '.enverrez fût au fait de l'inspection et de l'organisation ; enfin sans aucun égard ni aucune considération, envoyez-moi un homme des plus capables de mes bureaux : il se munirait d'une collection des lois les plus nécessaires ; il pourrait aussi être chargé du travail des ministres adressé à M. Maret : au reste cela ne doit pas le retenir et je préfère qu'il parte en poste et promptement.

Si vous connaissiez encore dans mes bureaux quelqu'un de trèsfort pour l'administration, envoyez-le-moi aussi, en poste. Deux personnes ne seraient pas de trop, mais je vous le répète, ce ne s^ont pas des expéditionnaires ni des copistes qu'il me faut : je veux des hommes qui rédigent bien, qui soient capables de faire des rapporta dans le cas d'être livrés à l'impression. Faites-moi donc un bon choix pour les deux personnes que je vous demande.

Je vous salue avec considération.

Le Ministre de la guerre, Prince de NeucJtâtel, Mêl Alex. Beethieb.

Les Maréchaux et les généraux commandant les corps d'armée, les gouverneurs, les commandants de place, les chefs de service, adressaient leurs rapports et leurs demandes au Major général, qui les présentait à l'Empereur ; ils écrivaient en outre directement à l'Empereur lorsqu'il leur avait écrit ou lorsqu'ils le jugeaient nécessaire, mais cette correspondance directe ne les dispensait pas des comptes rendus détaillés au Major général. Les maréchaux Bernadotte, Soult, Lefebvre adressaient souvent à l'Empereur et au Major général le même rapport dont le protocole seul variait. Les rapports concernant les opérations ou contenant des renseignements sur l'ennemi, même ceux adressés au Major général, étaient annotés en tête, en travers, par le secrétaire de l'Empereur qui mettait la date, si elle se trouvait

1. C'est la place qu'a tenue plus tard M. Denniée fils, inspecteur aux revues.

à la fin1, on soulignait le jour lorsque la date était en tête, indiquait le signataire et résumait en deux lignes le contenu du rapport. Les rapports adressés au Major général lui étaient rendus lorsque l'Empereur n'en avait plus besoin ; ceux qui étaient adressés directement à l'Empereur étaient classés dans les archives de son cabinet. — L'Empereur inscrivait quelquefois un ordre ou une décision en tête des rapports ; le plus souvent il le faisait écrire par son secrétaire ou même par le Major général et signait. Le Major général inscrivait aussi sur les rapports les ordres de l'Empereur qui servaient à ses secrétaires à rédiger les ordres. Le Prince indiquait souvent sur la pièce celui de ses secrétaires que l'affaire concernait: M. Salamon, M. Dufresne.

La correspondance par le canal du Major général est de l'essence de l'organisation de la Grande Armée \

L EMPEREUR AU GBAND-DUC DE BEBG.

Posen, U décembre 18 J6, a heures après midi.

L'aide de camp du Major général, M. Lejeune, arrive et m'apporte votre lettre du 11 à 10 heures du soir. Je suis fâché de n'y voir pas

i . 11 parait donc indispensable, comme règle do correspondance militaire, de mettre toujours la date et l'heure en tôte du rapport. — Si le rapport a été interrompu, on met à la Un, en signant, l'heure à laquelle il est terminé. — Enfin l'officier qui reçoit un ordre ou un rapport doit indiquer aussitôt en tôte la date du jour et l'heure à laquelle il le reçoit, et plus tard il doit ajouter la date de la réponse et même le sommaire do celle réponse. — On ne peut eiiger qu'un Chef d'armée se livre lui-même à ces détails, mais les généraux ont auprès d'eux des officiers et des secrétaires dont c'est le service. Il faut de l'ordre dans la correspondance ; ces détails prennent très peu de temps et peuvent avoir leur importance. — Le général Molitor et le général Mathieu Dumas annotaient ainsi tous les ordres et rapports qu'ils recevaient. — Quand on lit les rapports du passé, on regrette souvent de ne pas trouver sur les pièces l'indication de la date et do l'heure auxquelles elles sont parvenues ù l'Empereur.

a. Lorsqu'un général était nommé à un commandement en cher, il recevait Tordre, en conséquence de sou commandement, d'avoir a correspondre directement et journellement dans le plus grand détail avec le Major général, indépendamment des comptes qu'il devait rendre au Maréchal ou au général sous les ordres duquel il pouvait se trouver d'une façon constante ou seulement temporaire. ♦

L'EMPEREUR AU DUC DJB PADOUB, COMMANDANT LB 3e CORPS DR CAVALERIE.

Dresde, 13 août 1813.

Aidez le Maréchal de vos lumières et soutenez-le de tout votre zélé...

11 est nécessaire que vous fassiez tous los jours voire rapport au Major guné-

CAIIP. DR PRUS8K. XI. 57

le rapport du maréchal Davout1. Les généraux ne correspondent plus avec moi par le canal du Major général ; cela me fait de la peine ; cela est de l'essence de l'organisation de la Grande Armée : car vos lettres qui sont d'ailleurs remplies de beaucoup de choses, ne m'apprennent pas tout ce qu'il m'importe de savoir, ce que je trouverai dans les rapports de détails. Par exemple je ne saiB pas sur quelle rive de la Wkra se trouve la tête de pont, si c'est sur la rive droite ou sur la rive gauche, ou plutôt je ne le sais que parce que M.Lejeune me l'a dit. Je ne sais pas quels sont les régiments qui ont passé la Narew et ont soutenu l'affaire. Tout cela est cependant fort important. Je ne sais pas non plus en quelle force présumée était l'ennemi à l'attaque du village. J'aurais su tout cela dans les rapports du maréchal Davout. Cela est important pour former mon opinion et prendre mon parti.

LE ORAND-DUO DE BERQ A L EMPEREUR.

Varsovie, 17 décembre 1806, 5 heures après midi.

Je reçois les dépêches de V. M. des 13 et 14, 10 heures du matin et 2 heures après midi. Je vois avec peine que V. M. a été contrariée deB mouvements rétrogrades des RusseB, et qu'elle aurait désiré surtout recevoir, en même temps que mes rapports, ceux de MM. les maréchaux Lan nés, Davout et Àugereau. Je vous prie d'être bien persuadé que je ne leur ai point donné l'ordre de cesser de correspondre avec M. le Major général, et que j'ai dû penser que cette correspondance existait toujours, puisque souvent j'ai reçu des dépêches de M. le Major général pour eux, et que souvent ils m'en ont adressé pour le Major général. Quant à mes rapports à Y. M. , ils ont toujours été basés sur ceux de MM. les Maréchaux, et je ne croyais pas faire quelque chose de conforme à vos désirs en vous

rai sur tout ce qui se passe. — Vous êtes entièrement sous les ordres du duc de Reggio, et vous devez aussi rendre directement compte des événements à l'État-major de cette armée.

Lorsque l'Empereur n'était pas présent, les généraux commandant les corps d'armée profitaient de cette correspondance directe avec le Major général pour se dérober à l'autorité du Commandant supérieur. — Le maréchal Ney qui avait donné le mauvais exemple à l'armée de Portugal en 1811, subit lui-même en 1813 après la bataille de Dennewitz les funestes effets de cette indiscipline.

1. Le grand-duc de Berg était Lieutenant de l'Empereur et avait le commandement supérieur en l'absence de l'Empereur. Les Maréchaux correspondaient donc avec lui, pensant qu'il transmet ta' t leurs rapports originaux.

adressant les originaux, c'est-à-dire un tas de papiers qui n'auraient été que la répétition de ce que j'avais l'honneur de vous mander.

J'ai rendu compte régulièrement à V. M. des mouvements de l'ennemi; jusqu'à ce jour tous mes rapports' se sont trouvés fondés. Pour mettre V. M. à portée d'en juger, je lui adresse tous les rapports des Maréchaux; vous verrez qu'ils sont bien loin de contenir les détails dans lesquels je suis entré moi-même. A l'avenir je les joindrai tous à mes dépêches, malgré que je leur aie écrit de faire de leur côté leur rapport directement à M. le Major général. J'espère que par ce moyen Y. M. n'aura plus rien à désirer pour cet objet....

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