Les besoins sont encore plus considérables aujourd'hui
2. Le général Sanson, promu général de division après la paix de Tilsit, était employé en Espagne pendant les premiers mois de 1809; il commandait le génie au siège de Girone ; il ne parut pas à l'armée d'Allemagne. II est probable qu'il eût tranché lui-môme les difficultés qui se produisirent au ministère avant lo départ de l'Empereur pour la remise des originaux. L'Empereur regretta son absence ; aussi en I8i* le général Sanson fut-il do nouveau chargé du service topographique à la Grande Armée.
CAMP. DB PKC8SK. — II. 58
cela ne peut avoir lieu que dans le cas où ce travail serait déjà fait ; s'il ne l'est pas, mettez-moi à même de rendre compte an plus vite.
L'Empereur désire également avoir le figuré à vue de la route de Kttstrin à Francfort sur-l'Oder, celle de Posen à Thorn, celle de Posen à Varsovie, celle de Posen à Glogau et à Breslau.
Pour faire ce travail qui sera double de celui de la grande carte de Posen à Varsovie, on fera un canevas en doublant l'échelle de cette carte ; on y mettra tout ce que la carte donne de détails et ensuite l'ingénieur ayant ses croquis à la main les corrigera en cheminant sur la route et exprimera la nature du pays en figurant seulement à vue à droite et à gauche ; il est facile à un ingénieur de faire ainsi 7 à 8 lieues de pays par jour.
L'intention de l'Empereur est qu'il n'y ait aucun ingénieur attaché aux corps d'armée ; ils doivent tous être à l'état-major général sous votre direction particulière ; mais vous donnerez vos ordres pour qu'il y ait un ingénieur-géographe à l'avant-garde et un à chaque corps d'armée ; ils marcheront toujours à l'avant-garde de chaque corps d'armée, suivront à cheval et figureront la route et le pays à droite et à gauche ; ils m'adresseront journellement le croquis de leur travail que je vous remettrai pour être assemblé et mis au net ; ces officiers quoiqu'aux différents corps d'armée n'en feront pas partie et recevront des ordres directs de vous ou de moi ; car les plans que l'on donne après les marches et les batailles ne servent à rien ; l'essentiel est d'avoir de bons croquis aussitôt que les premiers tirailleurs paraissent sur le pays ennemi et que d'après ces croquis l'Empereur puisse faire ses dispositions soit pour une bataille ou pour tout autre dessein.
L'Empereur traça à la fin de la campagne de 1809 la manière dont il voulait que les ingénieurs- géographes travaillassent, ainsi qu'ils l'avaient fait dans les campagnes précédentes. 11 faut donc supposer que cette méthode de travail avait jusque-là servi de règle et qu'elle était en pratique en 1806.
ORDRES
Camp impérial de Scbôabrùnn, 9 août I8u9.
1. Le corps des ingénieurs-géographes ne recevra d'ordres que de l'adjudant commandant Bâcler d'Àlbe1. Les ingénieurs correspon-
1. Directeur du cabinet topographique de l'Empereur. — Le général Sunson n'étant pas à l'armée, c'est le directeur du cabinet topogrophique do l'Empereur qui le remplace pour indiquer les travaux dont l'Empereur a besoin.
dront avec lui et lai remettront leurs travaux. Ils recevront mes ordres par son canal.
2. Tous les ingénieurs-géographes attachés aux Maréchaux rejoindront sur-le-champ le quartier général.
3. Chaque soir il me sera fait un rapport sur le travail de chaque ingénieur.
4. Je «suis peu satisfait des travaux que les ingénieurs ont faits pendant la campagne. On ne m'a pas remis la reconnaissance entre Passau et Krems. La position d'£nns, quoique bien coloriée, est mal faite sous les rapports militaires ; il n'y a point de place pour y tracer une tête de pont, et le point essentiel de Mathausen ne s'y trouve point; il n'y a point de mémoire à l'appui. Il faut recommencer cet ouvrage et y joindre un mémoire descriptif. Le champ de bataille d'Ebelsberg est sans mémoire ; il ne sert pas à mes combinaisons
La reconnaissance des communications entre les deux routes de Vienne à Znaym et de Vienne à Nikolsburg est mal faite et peu
utile Cette carte pourrait tout au plus convenir à un particulier
voyageur ; elle ne peut militairement être utile. Le chemin de Znaym à Nikolsburg est mal tracé ; il y a près de Znaym un ruisseau, des marais, un pont qui ne sont point marqués. L'ingénieur n'a point placé tous les villages ; il n'y a point de population écrite. Quand je demande une reconnaissance, je ne veux pas qu'on me donne un plan de campagne. Le mot l'ennemi ne doit pas être prononcé par l'ingé-. nieur. Il doit reconnaître les chemins, leur nature, les pentes, les hauteurs, les gorges, les obstacles, vérifier si les voitures peuvent y passer, et s'abstenir absolument de projets de campagne.
5. On me présentera un projet de répartition de travail entre les
ingénieurs qui sont ici Suit le détail de ô reconnaissances à
faire exécuter autour de Vienne. . .
Ces reconnaissances embrasseront un terrain do près de 20 lieues de rayon autour de Vienne et en donneront une connaissance parfaite.
Deux ou trois ingénieurs seront chargés de chacune de ces reconnaissances ; ils étudieront bien le pays. On aura par ce moyen à l'état -major des officiers instruits qui seront plus utiles que les guides. C'est ainsi que travaillaient autrefois les ingénieurs-géographes des armées ; c'est en suivant leur exemple que les ingénieurs-géographes acquerront l'estime et la considération.
6. Quand l'armée marchera, les ingénieurs -géographes qui auront reconnu le pays seront toujours à l'état-major afin de donner tous les renseignements nécessaires. Leurs mémoires de reconnaissance seront toujours du style le plus simple et purement descriptifs. Ils ne s'écarteront jamais de leur sujet pour présenter des idées étran-
gères. Une méthode précise est la seule qui convienne à l'Empereur . On annoncera la longueur des chemins et leur largeur, leurs qualités ; on dessinera exactement les détours des chemins, qui souvent ne peuvent s'expliquer que par la bizarrerie du terrain. Les rivières doivent être aussi tracées et mesurées avec soin, les ponts et les gués marqués. Le nombre des maisons et des habitants des villes et des villages sera indiqué. Autant que possible on cotera les hauteurs des collines et montagnes, afin qu'on*puisse juger facilement les points dominants ; ces cotes ne doivent être que relatives entre elles. On ne peut sur ce point, et sur beaucoup d'autres, entrer dans des détails trop minutieux ; mais il faut exprimer toujours de la manière la plus simple comment la chose se peint à l'œil de l'observateur. 7. Il y aura une échelle constante pour tous les dessins.
Napoléon.
Quant au travail de cabinet à l'état-major général, il consistait dans la mise au net des dessins, l'assemblage des parties de reconnaissance, la copie rapide des cartes et plans exécutés par les ingénieurs ou trouvés dans le pays1, la confection d'exemplaires de ces cartes pour les Maréchaux et généraux en chef (vu la rareté des cartes à cette époque), la copie des mémoires, la surveillance des dessinateurs.
1. On trouva à Berlin des cuivres d'une carte de la Prusse en cours d'achèvement qui furent requis pour le service topographique. Un ingénieur resta à Berlin pour faire continuer le travail et procéder au tirage.
Étal-major général de l'artillerie. 30 octobre 1806.
Général de division S on ai s, premier inspecteur général d'artillerie, commandant l'artillerie. — Durellb, cap. a. d. c.
Général de brigade Pernetty, chef de l'état -major. — Mario n cap., Doulcet lieu1.
Général de brigade Sênarmont. — Evain lieut1.
Colonel Do QUE RE AU.
Major Berge.
Major Valée, inspecteur général du train.
Chef d'escadron Boulard, j adjoints à l'état-major, dont un ad-
5 capitaines, > joint à l'inspecteur général du
2 lieutenants, ) train.
1 garde d'artillerie secrétaire du général Songib.
1 conducteur d'artillerie caissier de l'état-major de l'artillerie.
1 capitaine commandant le détachement des ordonnances.
1 lieutenant commandant en second.
37 sous-officiers et canonniers du 5e d'artillerie à cheval faisant le service d'ordonnance.
Sur le tableau du personnel du 31 mars 1807, on trouve à la suite de l'état-major de l'artillerie 16 soldats et 32 chevaux attachés aux fourgons de l'état-major. — Le 30 avril, 1 brigadier, 19 soldats et 38 chevaux.
État-major du génie. 19 octobre 1806.
Général de division Chasbeloup, commandant le génie. — Dblaagb, Cassaignade cap" a. d. c.
Lâcher, Ambroise Pbost, Gouville capitaines attachés au général Chassbloup.
Général de brigade Kibgeneb. chef de l'état-major.
F au vi, Delavigne capitaines adjoints an chef de l'état-major.
Administration militaire près le Major général ou administration du petit quartier général.
(Tableau du 30 octobre 1806.)
Dufuesnr sons inspecteur aux revues.
De h niée commissaire des guerres.
F. Join ville adjoint aux commissaires des guerres.
Services administratifs.
Vivres-pain. Gallien inspecteur. — 1 brigade de boulangers. Vivres-viande. Rjoot inspecteur. — 1 brigade de bouchers. Fourrages. Marchant inspecteur. — 1 brigade de journaliers. Ambulance. Repaux économe. — 1 brigade d'infirmiers.
Teinturier chirurgien-major. — 1 aide-chirurgien.
1 caisson d'ambulance légère, 3 chevaux. Équipages militaires. Lathibr sous-inspecteur.
Postes. Guérin inspecteur général. — 1 directeur, 2 commis,
8 courriers, 8 malles, 21 chevaux.
Imprimerie. Levrault, directeur. — 2 traducteurs, 2 protes,
2 compositeurs, 2 pressiers.
L'administration du petit quartier général avait été organisée pendant la campagne de l'an XIV.
LE MAJOR GÉNÉRAL A M. PETIET, CONSEILLER d'ÉTAT, INTENDANT GÉNÉRAL.
Augsburg, 30 vendémiaire an XIV (2i octobre 1805).
L'Empereur ordonne, Monsieur, qu'indépendamment de l'administration générale de la Grande Armée dont vous êtes le chef immédiat, vous organisiez une portion d'administration qui marchera
toujours avec moi dans les différents quartiers généraux mobiles que prend l'Empereur. Savoir :
Un commissaire ordonnateur ou inspecteur aux revues faisant fonctions ;
6 commissaires des guerres dont un pour les subsistances, un pour les fourrages, un pour les hôpitaux, un pour les prisonniers de guerre et enfin deux autres disponibles ;
1 chirurgien-major; 6 ou 8 chirurgiens ;
2 petites ambulances ;
1 chef et 2 employés pourrie service des transports ;
1 chef et 2 employés pour le service des vivres ;
1 chef et 2 employés pour le service des fourrages ;
1 adjoint aux commissaires des guerres chargé des prisonniers.
4 chariots disponibles sans être chargés et très-bien attelés, dont répondra l'employé des transports.
L'ordonnateur de cette petite administration détachée aura avec lui 1 brigadier et 8 gendarmes.
Cette administration me suivra toujours et ne recevra des ordres que de moi ou du général Ândréossy, en conséquence des miens. Elle doit me suivre partout ' .
Faites cette organisation dans la journée et désignez-moi l'ordonnateur en chef.
Vous savez que cette partie d'administration isolée est indépendante de la grande administration et de celle de toutes les divisions de l'armée.
En février 1807 l'administration du petit quartier général avait la composition suivante en personnel dirigeant, composition qui se rapprochait comme nombre de fonctionnaires de l'organisation de l'an XIV : '
1. Cette petite administration fournissait elle-même une avant-garde ainsi que cela semble résulter de la dépêche suivante du Major général.
LE MAJOB Q&NSBAL A l/lHTBHDAMT GÉNÉRAL.
Varsovie, 23 décembre 1806, 1 heure 1/2 du malin.
Envoyez avec l'ordonnateur de l'avanUgarde quelques agents des transports et des différents services sous vos ordres, je dis avant-garde, c'est-à-dire avant-garde du quartier général qui est près de moi. Il est indispensable que j'aie un commissaire des guerres pour le service du petit quartier général et pour la petite administration organisée de la môme manière que celle que j'avais à la dernière campagne ; vous m'avez enlevé M. Denniée qui ferait très-bien ce service.
Duprat commissaire ordonnateur en chef du petit quartier général ;
Lombart commissaire ordonnateur en chef des hôpitaux ; Angles commissaire des guerres faisant fonctions d'ordonnateur ; Roch commissaire des guerres chargé des subsistances ; Salonte commissaire des guerres chargé du service de la place ' ;
F. Join ville ) , , , , .
T h f fil 1 comnuS8aire8 des guerres chargés des ambulances ;
Clarac adjoint aux commissaires des guerres, chargé des fonds ; Raymond adjoint aux commissaires des guerres, chargé des subsistances.
1. Ce -service devait comprendre les transports et les prisonniers.
Personnel de V administration attaché à l'état-major général de la Grande Armée.
Villrmanzy Inspecteur eu chef aux revues et Intendant général \ J 01 irv il le ordonnateur en chef du grand quartier général. Fribion, Lambert inspecteurs aux revues.
Piet-Chambel, £. Marchant sous -inspecteurs.
Commissaires des guerres*.
Près l'Intendant général. — Baudoe, Masbau De là marre commissaires. — Emkrt, Rouillon, Pascal Vallokqub adjoints.
Service du grand quartier général. — Jacqtjeminot commissaire. — Drouin adjoint. — de Sernet, Frooier adjoints provisoires.
Administration générale des hôpitaux. — Lomrart ordonnateur. — Dufresne, Lombart fils commissaires.
Services administratifs à la suite du grand quartier général.
Vivres-pain. — Déniot, Raibell8 régisseurs. — 2 inspecteurs principaux. — 8 commis. — 3 inspecteurs. — 3 garde-magasins. — 6 aides. — 1 chef de boulangers. — 1 chef de construction. — 12 ouvriers. — 48 boulangers.
Vivres -viande. — Valette régisseur. — 1 directeur des comptes. — 1 caissier. — 2 inspecteurs principaux. — 10 commis. — 4 inspecteurs. — 1 chef de parc. — 4 préposés comptables. — 4 commis aux distributions.
Fourrages. — Lonnoy régisseur. — 1 directeur. — 1 caissier.
1. Par décret daté de Halle, 19 octobre 1806, l'Empereur sépara les fonctions de l'In tondant général de celles de l'Inspecteur en chef aux revues. M. Daru, conseiller d'État, fut nommé intendant général. V. p. 15S.
8. Je n'ai pas porté sur cet état le personnol de l'administration du petit quartier générai dont j'ai déjà indiqué la composition plus haut. — Ce personnel, commissaires des guerres et services administratifs, figure sur Tétai de M. Villemanzy.
9. Agent envoyé de Munich à Wùrzburg le 23 septembre. Iéna p. 145.
— 2 inspecteurs principaux. — 10 commis. — 4 inspecteurs. —
4 garde-magasins. — 8 aides.
Service de santé et hôpitaux. — Costk, Percy, Brûlot inspecteurs généraux. — 2 médecins. — 2 chirurgiens-majors. — 2 aides.
— 8 sous-aides. — 2 pharmaciens de ln classe, 2 de 2e, 4 de 3*. —
1 régisseur des hôpitaux. — 1 directeur général. — 2 directeurs du service. — 9 commis. — 2 économes. — 2 employés de 1" classe,
2 de 2e, 2 de 3*. — 20 infirmiers. — 25 caissons1. — 80 chevaux. Équipages militaires, — Thrvenik inspecteur général. — 1 inspecteur. — 3 commis. — 1 agent en chef de l'entreprise Breidt. —
1 chef de service. — 3 commis. — 75 charretiers. — 200 chevaux haut-le-pied.
Habillement. — de Rioe inspecteur général. — 2 inspecteurs. —
2 garde-magasins. — 1 aide.
Postes. — 1 directeur. — 2 commis. — 4 courriers. — 2 malles.
— 12 chevaux.
Trésorerie. — Roguin payeur général. — Fébino payeur central. — 1 caissier. — 2 principaux commis. — 10 commis. —
5 sous-employés. — 12 caissons. — 50 chevaux.
Au quartier impérial à Wtirzburg, le 3 octobre 1806. L'Inspecteur en chef aux revues, Intendant général,
VlLLEMANZY.
Cette administration du grand quartier général avait une avantgarde indépendante de l'administration du petit quartier général, ainsi que le prouve Tordre de l'Empereur à l'Intendant général du 6 novembre 1806 au soir, page 752.
i. Ce sont les 26 caissons signalés dans l'état. du 24 septembre, Iéna p. uo, les caissons d'ambulance légère n'étant pas encore partis de Strasbourg.