‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 43 sur 412 · de chasseurs · texte numérisé non relu

de chasseurs

5. A 8 heures sans qu'on eût rencontre l'ennemi, la division Dupont et le i* de hussards arrivèrent sur les hauteurs de Zscherben à une lieue environ de Halle (31 kil. de Querfurt).

Halle est situé sur le penchant de la rive droite ; de ce côté son enceinte de murailles et ses 4 portes sont dominées par la croie du coteau qui n'en «et éloignée que de 150 toises au plus.

U ville est séparée de la rive gauche de la Saale par plusieurs bras de rivière et des marais sur lesquels on a construit une digue longue d'un quart de lieu et flanquée à gauche par dos bosquets dans les marais et à droite par des ilôts. La ville est fermée de ce côté par deux vieilles enceintes et on avant de chacune est un pont couvert.

Le t« de hussards fut poussé dans la plaine sur la gauche de la digue. Le

Je jugeai que c'était le moment d'attaquer et qu'il fallait absolument s'emparer de la ville avant que la colonne d'Eisleben pût rejoindre le grand corps, et aussi avant qu'un autre petit corps venant de Merseburg eût pu faire sa jonction1. Le général Dupont reçut l'ordre d'enlever la ville: le 32e et un bataillon du 9e léger, secondés par 3 pièces d'artillerie légère, feraient l'attaque du premier pont défendu par plusieurs bataillons et 4 bouches à feu. Je donnai l'ordre de ne point faire feu et d'aborder l'ennemi à la baïonnette. Cet ordre fut ponctuellement exécuté : le 32' se porta en colonne sur le pont et renversa à la baïonnette tout ce qui lui était opposé, tandis que des tirailleurs, placés de droite et de gauche, inquiétaient l'ennemi1 ; enfin, en moins de trois quarts d'heure, trois ponts, deux grands défilés et deux portes furent emportés 5 pour franchir tous ces obstacles, il fallait défiler sur une digue exposée à tous les feux de l'ennemi ; mais rien n'arrêta l'ardeur des troupes de V. M. ; tout fut culbuté, on

général Maison le suivit pour reconnaître l'ennemi qui faisait des dispositious pour défendre le front de la ville et les ponts, en même temps qu'il se formait en bataille sur les hauteurs qui la dominent en arrière ; on le jugea fort de 20,000 à 25,000 hommes. (Journal du 1er corps.)

1. La division Dupont était établie à Passendorf, le 9e léger et le 38e en avant du village, lu 96e en réserve derrière le village avec le 4e de hussards. La division Rivaud qui avait suivi le mouvement de la division Dupont et qui n'était point encore arrivée, reçut en marne temps l'ordre de presser sa marche.

La division Drouet reçut également Tordre de quitter sa position de Unler- Teutschenlhal et de marcher sur Halle.

Le général Eblé fit établir de l'artillerie à droite et à gauche de la route en avant du villago do Passendorf pour répondre à celle de l'ennemi et battre les ponts. Cette artillerie fit fort bien.

Pendant qu'on faisait ces dispositions, l'ennemi profita d'un gué pour jeter de la cavalerie sur notre droite par Angersdorf ; un bataillon du 9° léger et un escadron de hussards y furent envoyés et cette cavalerie fut repoussée.

Cependant l'ennemi revenait de son élonnement et pressait ses moyens de défense aux ponts et aux portes et sur le front de la ville que nous menacions.

La tôle de colonne de la division Rivaud commençait à paraître. (Journal du 1er corps.)

Le maréchal Bernadotte ne fit commencer 1 attaque qu'au moment où la divison Rivaud débouchait et se trouvait ainsi à portée de soutenir la division Dupont.

8. Le général Dupont fit attaquer en même temps par des tirailleurs l'infanterie ennemie qui avait débouché du pont et s'était déployée à droite et ■à gauche de celte digue. (Journal du 1er corps.)

17 octobre. ■ ,-"-\ :.,::* ".-1381?

fit. main basse sur tout ce qui était dans la ville ; les rues et \es carrefours furent jonchés de corps ennemis1. Tout ce qui ne fut pas tué, fut pris avec l'artillerie.

Une fois maître de la ville, j'envoyai le 96e pour soutenir les 9* et 32e* qui en débouchant n'auraient pas pu tenir tête à l'ennemi, et je fis attaquer sa position défendue par 20,000 hommes ; immédiatement après, je fis passer les 2e et 4* de hussards et toute la division Rivaud à l'exception d'un bataillon de réserve 8. Nos troupes débouchèrent de la ville sous un feu très nourri de l'artillerie et de la mousqueterie ennemies ; après une résistance des plus opiniâtres la position fut enlevée ; les 2 divisions et les 2 régiments de hussards se portèrent sur l'ennemi, ils le chassèrent de Diemitz,

1. Des réserves placées dans les rues principales et sur les places veulent rétablir le combat, mais rien ne peut arrêter les braves 9° et 32e. Toutes les ruée sont jonchées de cadavres et l'ennemi est forcé d'abandonner tout à (ait Halle où on lui fait beaucoup de prisonniers.

Le 2* de hussards reçut Tordre d'entrer dans la ville et d'appuyer le général Dupont au débouché.

Nos troupes encore trop faibles pour sortir et attaquer la position de l'armée ennemie en arrière de la ville se barricadèrent aux portes en attendant le moment de déboucher. (Journal du 1er corps.)

s. Le prince de Ponte-Corvo voyant le général Dupont maître de Halle et craignant que l'ennemi qui avait toutes ses forces sur les hauteurs en arrière, ne l'en chassât, fit avancer le 96e, général Legendre. En arrivant sur une des places de la ville, ce régiment trouva une tète de colonne ennemie qui y pénétrait après avoir repoussé nos troupes qui défendaient la porte d'Ulrichs. Il attaqua sur-le-champ celte colonne et rejeta l'ennemi sur sa position. (Journal du 1er corps.)

S. Le général Maison qui avait suivi les mouvements de la division Dupont et observé les dispositions que l'ennemi faisait pour reprendre l'offensive, prévint le prince de Ponte-Corvo qu'il n'y avait pas un moment à perdre pour faire avancer de nouvelles troupes. En ce moment le 8e régiment, général Pacthod, arrivait à Passeodorf ; il reçut l'ordre d'entrer en ville. Le général Dupont réunit alors sa division et le 2e de hussards à la porte de Stein. Le général Pacthod s'établit à la porte des Potences avec le 8e régiment. Le bataillon du 9* léger qui avait été placé à Angersdorf, reçut l'ordre de joindre sa division à la porte de Stein. Toutes les troupes du général Dupont étant réunies à cette porte et prêtes à sortir, ce général donna Tordre de rompre les barricades qu'il avait fait établir ; les portes s'ouvrirent et le combat recommença avec fureur ; le 8e sortait en même temps par la porte des Potences. (Journal du i" corps.)

Le général Maison, qui après la prise de Lûbeck et le départ du général L Berthier, devint chef de l'état-major du 1er corps d'armée, jouissait de la confiance du maréchal Bernadotle qui s'en servait comme de premier aide de camp.

de Peissen et de Rabatz, où il avait pris successivement position. A Peissen les 2 régiments de hussards fournirent une très-belle charge ; dans le même lieu les 8e et 96e, quoique très-éloignés l'un de l'autre, soutinrent sans bouger une charge de cavalerie à bout portant ; enfin l'ennemi fut mené jusqu'à 4 lieues de Halle, au delà de Landsberg, où la nuit nous surprit1.

Pendant que ces divers combats se succédaient sur la hauteur au delà de Halle, une colonne s'était fait voir sur nos derrières à la rive gauche de la Saale, et un autre petit corps venant sans doute de Merseburg cherchait à inquiéter notre flanc droit. Déjà j'avais rappelé la division Drouet ; ce général, au bruit du canon, avait tellement pressé sa marche qu'il arriva beaucoup plus vite qu'on n'aurait pu s'y attendre. Je lui ordonnai de faire attaquer la colonne qui avait paru sur notre gauche et en arrière de notre ligne par le 27e léger et le 95e. Après un feu très-meurtrier, près de 1,800 hommes mirent bas les armes avec 4 pièces de canon, et le reste ne s'échappa qu'à la faveur de la nuit.

J'avais fait avancer le 94e pour soutenir la grande attaque ; ce régiment était arrivé au pas de course au village de Peissen et ce mouvement rapide avait achevé de déterminer la retraite de l'ennemi, qui se sauva en pleine déroute*.

1. Pour déboucher de la ville il fallait essuyer les feux croisés de l'ennemi établi dans les maisons du faubourg et dans les jardins, ainsi que des batteries qu'il avait placées sur la hauteur en face des portes. Ce n'est qu'après des prodiges de valeur que nos troupes purent se former hors des murs sous le feu le plus meurtrier de mitraille.

La seconde brigade de la division Rivaud arrivant, le Prince la fit avancer avec le 4e de hussards ; elle se réunit au 8e de ligne à la porte des Potonces et alors les 2 divisions entièrement formées hors la ville marchèrent à l'ennemi ; en un instant il fut culbuté et mis en déroute. Le Prince fit alors (aire une charge aux 8e et 4e, qui la compléta. La poursuite fut vive, on fil beaucoup de prisonniers. Le canon de l'ennemi avait été pris en batterie sur sa position. On le chassa successivement des villages de Diemilz, Peissen et Rabatz. Un régiment de hussards prussiens chargea le 8e et le 96e près 'de ce dernier village. Il fut reçu à bout portant et vivement repoussé.

Le prince de Wurtemberg fit encore des efforts pour se rallier près de Molzlich, mais une nouvelle charge de cavalerie l'obligea a continuer de fuir, et il fut mené à 4 lieues de Halle au delà de Landsberg. (Journal du 1er corps.)

». Pendant que le prince de Wurtemberg était battu dans la ville et en arrière, une colonne ennemie composée en partie du régiment de Treskow ei

Les troupes ont commencé à se battre à 9 heures du matin et n'ont fini qu'avec le jour ; toutes ont fait des prodiges de valeur et les officiers ont rivalisé de zèle pour le service de Y. M.

Les résultats de cette journée sont environ 5,000 prisonniers dont 2 généraux, 3 colonels, plusieurs lieutenants-colonels et majors et près de 150 officiers; 4 drapeaux et au moins 30 pièces de canon prises en rase campagne.

Il est bon d'observer à V. M. que je n'avais avec moi que 12 pièces de canon et 12 caissons pour tout mon corps d'armée, le reste étant resté en arrière au défilé de Dornburg ; mes parcs sont arrivés aujourd'hui dans l'après-midi, et j'avais le projet de partir à la pointe du jour pour Dessau avec 2 divisions d'infanterie et ma cavalerie légère, lorsque j'ai appris que V. M. était à Merseburg. J'attendrai ses ordres.

de quelques autres détachements se montra sur nos dorrières et prit position •ur le Weinberg pour déboucher par la gauche du bois de Heide dans l'intention de rentrer à Halle. Cette colonne donna un moment de vives inquiétudes au Prince qui craignit que ce ne fût un grand corps qui venait au secours du prince de Wurtemberg.

La division Drouet n'était point encore arrivée de Unter-Teulschenlhal ; l'ennemi eût pu entrer dans la ville et embarrasser beaucoup les troupes qui combattaient en avant. Le général Maison fut chargé de mener contre lui uue compagnie de voltigeurs du 8° régiment et quelques hussards du 4e qui étaient en réserve prés du pont. L'ennemi s'arrêta et se déploya.

Le général Drouet qui déjà avait reçu Tordre de rejoindre les autres divisions sous Halle, ayant entendu une vive canonnade avait tellement pressé >a marche qu'il arriva plus vite qu'on ne pouvait l'espérer. Le prince de Ponte- Corvo fit former en bataille dans la plaine sur la rive gauche de la Saale les *7* léger et 95e de ligne de la division Drouet ayant leur gauche vers la Saale et leur droite au bois faisant face au Weinberg sur lequel le régiment de Treskow et les autres troupes ennemies avaient pris position.

Les 94° et 5« de chasseurs furent envoyés en avant de la ville, où le combat semblait se ranimer, renforcer les divisions Dupont et Rivaud.

Le 27° léger, ayant à sa tête le général Werlé, marcha au Weinberg avec * pièces d'artillerie ; après un engagement vif et meurtrier l'ennemi voulut manœuvrer pour se retirer sur le village de Niotleben et gagner la route d'EisIeben, mais le général Drouet y avait envoyé quelques compagnies du voltigeurs. Cerné de toutes parts et attaqué avec vigueur, il fut mis en déroute. Tout le régiment de Treskow qui voulait soutenir sa retraite fut pris en entier avec ses drapeaux ; le reste de la colonne se sauva dispersé dans les bois. Cete opération terminée, S. A. retourna en avant de la ville.

La nuit approchait ; toutes les troupes étaient harassées par la marche de lt nuit précédente et par le combat qui durait depuis 9 heures du matin ; l'ennemi fuyant à toutes jambes en abandonnant tout, le Prince ordonna do prendre position. (Journal du 1" corps.)

Le 17 après le combat, la division du général Drouet s'établit dans la ville gardant les villages de Nietleben et de Passendorf ; la division Dupont s'établit en avant de Halle sur les hauteurs, la division Rivaud à sa gauche ; la cavalerie légère occupant les villages de Diemitz, Peissen, Rabatz et Motzlich sur le front et sur les flancs et ayant des détachements en avant à Landsberg et à Oppin, route de Dessau '. {Journal du ltT corps.)

LE GÉNÉRAL DUPONT AU MARÉCHAL BERNÀDOTTE

Halle, 18 octobre 1806.

La division que je commande ayant levé hier son camp près de Querfurt à 2 heures du matin s'est portée sur Halle où elle est arrivée à 10 heures. Pendant la marche ses éclaireurs ont ramassé un certain nombre de soldats prussiens fugitifs et ignorés depuis la bataille de Weimar. A une lieue de Halle on a rencontré quelques partis de cavalerie ennemie qui se sont repliés à notre approche, mais qui ont été soutenus par plusieurs escadrons. L'avant-garde de ma division s'est avancée vers la ville pour la reconnaître et on a trouvé que le pont qui y conduit était occupé par l'ennemi. De nouvelles forces y ont été aussitôt rassemblées de manière que ce pont était défendu par 2,000 hommes et plusieurs pièces de canon. Dans le même temps on a vu tout à coup les hauteurs qui dominent la ville de Halle sur la rive droite de la Saale couvertes de troupes et on a jugé que c'était l'armée aux ordres du prince de Wurtemberg. En effet ce Prince occupait depuis 2 jours cette position importante avec un corps d'environ 30,000 hommes. D'après vos ordres, M. le Maréchal, j'ai fait mes dispositions d'attaque, pendant que l'ennemi faisait jouer sur nous son artillerie à laquelle nous ne pouvions répondre que faiblement, attendu le petit nombre de nos bouches à feu. Le 32e régiment de ligne a été mis en bataille à droite de la route et un bataillon du 9e d'infanterie légère a été placé en colonne sur cette route. L'enlèvement d'un pont est une des opérations les plus difficiles à la guerre. Celui de la Saale était chargé d'infanterie protégée par le canon, mais j'avais dans ces braves bataillons une confiance que l'événement a glorieusement justifiée. L'ordre de la charge est donné ; ils s'avancent avec la plus étonnante intrépidité et bravant une pluie de mitraille et de balles ; cette

1. Après le combat la cavalerie envoie des détachements, c'est-à-dire des postes détachés, sur les routes de retraite de l'ennemi à plusieurs kilomètres du point où elle s'établit en cantonnement; Landsberg à 7 kil. en avant; Oppin à 4 kil.

audace extraordinaire épouvante l'ennemi malgré la position presque inexpugnable qu'il occupe. Le 32' régiment conduit par le colonel Darricau et le 2e bataillon du 9e conduit par le colonel Meunier se précipitent au même instant sur le pont, renversent la colonne ennemie, s'emparent de son artillerie et se font jour à la baïonnette jusqu'à la porte de la ville. Le terrain est couvert de morts et les Prussiens sont poursuivis de rue en rue jusqu'à la porte opposée de la place. Il n'y a jamais eu d'attaque plus impétueuse et de succès plus rapide. Ce pont défendu par des Français aurait été le tombeau d'une armée entière, mais attaqué par eux il a été emporté de vive force dans une demi-heure. Un grand nombre de prisonniers de guerre parmi lesquels se trouvent un officier général et plusieurs officiers supérieurs, est resté entre nos mains.

Maîtres de la ville, de nouvelles difficultés se sont présentées à nous. Le prince de Wurtemberg avait fait dresser des batteries en faee des portes par lesquelles il nous fallait passer et de nombreux bataillons ajoutaient à cet obstacle le feu le plus violent ; le terrain les favorisait ; celui que nous occupions se trouvait commandé par les hauteurs qui touchent la ville et qui étaient couronnées de troupes. Pendant que cette nouvelle action se passait et était soutenue des deux côtés avec beaucoup de chaleur, le 96e régiment conduit par son colonel Barrois arrive au pas de course, impatient de prendre part à un combat dont le début avait été aussi brillant. Le feu devient plus terrible ; tout ce qui se présente pour tenter le passage des portes est accueilli par le canon tirant à mitraille et la mousqueterie. Cette position devenait à chaque instant plus meurtrière.

Pour vaincre cet obstacle que la grande supériorité de l'ennemi semblait rendre insurmontable, nous nous sommes ouverts des issues à droite et à gauche des portes ; des colonnes ont été rapidement dirigées sur ces points où elles ont agi sur les flancs de l'ennemi. Par un élan audacieux les colonnes principales qui combattaient aux portes se sont élancées au dehors et ce choc simultané a dégagé l'enceinte de la ville. Les colonels Barrois et Darricau ont mérité dans cette occasion beaucoup d'éloges ; le dernier a eu 2 chevaux tués sous lui. Les chefs de bataillon Moulin, Loyard et Bouge se sont conduits avec une grande valeur, le premier a été blessé. Le général de brigade Legendre a reçu 4 coups de feu dans ses habits. Le général Rouyer a eu aussi un cheval tué sous lui.

Le prince de Wurtemberg voyant ses troupes culbutées sur tous les points a abandonné l'espoir de rentrer dans la ville et notre succès a été assuré. La division s'est déployée dans la plaine et le l*r bataillon du 9° régiment qui était resté en position sur la rive gauche de la Saale, est arrivé pour prendre sa place dans la ligne. L'ennemi de son côté s'est reformé devant nous à une demi-lieue de

la ville et il n'a pas été sans doute peu étonné de voir combien le corps par lequel il avait été battu lui était inférieur en nombre. Il a fait quelques mouvements de cavalerie, mais l'admirable contenance de notre infanterie a découvert toutes ses tentatives et il a continué sa retraite. Nos bataillons alternativement formés en colonne et en ligue l'ont suivi vivement et ont chassé son arrière -garde de tous les villages où il prenait position pour protéger le gros de son armée en désordre. Il était alors 3 heures et la bataille était complètement gagnée.

Les régiments qui composent la 2* division sont arrivés en ce moment et ont concouru avec nous à la poursuite de l'ennemi qui s'est retiré du côté de Dessau. Le général Pactod est arrivé avec sa brigade avec beaucoup de vivacité sur le champ de bataille. Le général de division Rivaud a paru peu de temps après, mais c'est h ce général avons rendre compte de ce qui concerne sa division. Les 2e et 4* de hussards ont fourni plusieurs charges près des villages de Zwebendorf ; ils ont été appuyés par le 1er bataillon du 96e que le chef de bataillon Loyard a très-bien conduit.

Nous avons fait 4,000 à 5,000 prisonniers de guerre et pris une trentaine de bouches à feu. Les Prussiens ont perdu en outre beaucoup de monde tué ou blessé. Les prisonniers ont rapporté que des régiments ont été presque entièrement détruits. Notre perte en tués ou blessés est de 400 à 500 hommes. Tous ces braves sont à regretter, mais c'est à l'impétuosité de mes attaques et à la vivacité soutenue de nos opérations que nous devons de n'avoir pas fait une plus grande perte. Tout est extraordinaire dans cette journée où j'ai appris à estimer encore davantage ma brave division. Aucun soldat blessé en mourant n'a témoigné de regrets. Plusieurs criaient encore Vive l'Empereur ! insensibles à leurs blessures.

Le zèle des officiers de tous grades a constamment égalé leur bravoure. La plus noble émulation et le même désir de vaincre régnaient dans tous les rangs.

J'aurai l'honneur de vous adresser un rapport particulier pour motiver les demandes de grades et de récompenses que je vous prierai de présenter à l'Empereur pour les officiers et les soldats qui se sont fait remarquer par des traits d'éclat.

LE MARÉCHAL DAVOUT AU MAJOR GÉNÉRAL

Naumburg, 17 octobre 1806.

J'ai l'honneur de rendre compte à V. A. qu'il y a environ 2,000 prisonniers à Naumburg, et que les villages environ-

nants en fourmillent; j'ai l'honneur d'en prévenir V. A. afin qu'elle donne des ordres à leur égard, vu le départ du corps d'armée, ainsi que pour le transport que V. A. a bien voulu m'annoncer devant avoir lieu sur un autre point que celui qui avait d'abord été désigné.

J'ai également l'honneur de prévenir V. A. que d'après l'autorisation qu'elle m'en a donnée, je laisse à Naumburg le 85* régiment, au lieu du 13e régiment d'infanterie légère ou du 12e de ligne. Le chef de bataillon Husson, officier ferme et d'une grande distinction, qui commande ce régiment, commandera la place de Naumburg; il est chargé de de prendre les ordres de V. A. pour le transport des prisonniers1.

3e corps. Séjour dans la position du 16.

1. Le maréchal Davout cherchait à réparer les pertes de son corps d'armée en faisant rejoindre les détachements qui étaient en route.

l'adjudakt-oommaxdast allais au maréchal davout.

Frederichfeld, 28 octobre 1806.

M. le Maréchal, conformément à vos ordres je me transférai de Naumburg à Géra le 17 octobre pour y recevoir 2 détachements des 48° et 108° régiments formant un total de 418 hommes.

Je rencontrai le même jour aux environs de Géra un détachement rejoignant le corps de M. le maréchal Àugereau que je crus au premier abord être celui que j'allais chercher; le commandant de cette troupe me dit: « Vous allez m sans doute au-devant des détachements des 48e et 108° régiments ; vous ne • les trouverez point ; ils sont restés à Bamberg où ils ont été retenus par ie « général Le franc qui les a opposés à un corps de partisans qui inondent m cette province ; nous étions en garnison avec les détachements que vous « cherchez et nous avons depuis reçu un ordre particulier pour rejoindre le « T corps. »

Je poussai néanmoins plus loin et d'après tous les renseignements que je pris de divers militaires isolés et plusieurs gens du pays que j'interrogeai, me prévinrent de ne pas m'avancer davantage, que les partisans venaient de prendre un chef d'escadron de la Garde impériale et s hommes de son escorte ; je revins dans la môme journée à Naumburg pour rendre compte à V. Exe. de tous ces détails ; mais il était trop tard. Elle en était déjà partie pour Leipzig et la rapidité des mouvements do Tannée me priva de l'en informer plus tôt.

Les 2 détachements, celui du 48e fort de 428 hommes et celui du 108e fort de 411 hommes, avaient passé le Rhin à Mayence le 8 octobre, en marne temps qu'un détachement de 28 hommes du 14e de ligne. — Le détachement du 48e passa le 24 octobre à Leipzig ; celui du 108e le 25. Voir au 27 le rapport du général Maçon au Major général.

5* carpe. Bivouac en avant de Naumburg but la route de Leipzig.

7" corps. L'avant-garde et la 1" division ont pris position en avant d'AucTsta'dt sur la route de Naumburg ; la 2e division en arrière d'Âiterat&dt. — Quartier général, Pforta ; — parc, Âuerst&dt. — Le bataillon de Nassau- Usingen a été mis par ordre du Major général à la disposition du général Saint-Laurent, directeur du grand parc de TarnuT.

Le 17 au soir l'Empereur est à Naumburg à 25 lieues de Nordh&uaen où se trouve la tête de son aile gauche. La direction de ci'ttf colonne forte de 2 corps d'armée et de toute la cavalerie lui << h.-ippe. Il ne peut plus lui donner que des instructions générales.

Il a toujours avec lui, dans un rayon de 16 kilomètres, 3 corps • l'année et sa Garde.

i 'INSPECTEUR EN CHEF AUX REVUES VILLEMANSY, INTENDANT GENERAL DE LA GRANDE ARMEE, A L'EMPEREUR1.

Weimar, 17 octobre 1806.

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