‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 47 sur 412 · CAMP. OX PBUMK. — XI · texte numérisé non relu

CAMP. OX PBUMK. — XI

ijue, plusieurs de nos généraux les ayant rencontrés, on leur ;l fait croire que cet armistice était conclu.

Le maréchal Soult est arrivé le 16 à Greussen, poursuivant la colonne où était le Roi, qu'on estimait forte de 10,000 ou 12,000 hommes. Le général Kalkreuth, qui la commandait, tit dire au maréchal Soult qu'un armistice avait été conclu. Le Maréchal répondit qu'il était impossible que l'Empereur eût fait cette faute ; qu'il croirait à cet armistice lorsqu'il lui aurait été notifié officiellement. Le général Kalkreuth témoigna le désir de voir le maréchal Soult, qui se rendit aux avantpostes : « Que voulez-vous de nous? lui dit le général pruseien; le duc de Brunswick est mort; tous nos généraux sont tués, blessés ou pris; la plus grande partie de notre armée eut en fuite; vos succès sont assez grands. Le Roi a demandé une suspension d'armes; il est impossible que votre Empereur ne l'accorde pas. » — « Monsieur le général, répondit le maréchal Soult, il y a longtemps qu'on en agit ainsi avec nous ; on en appelle à notre générosité quand on est vaincu, et l'on oublie un instant après la magnanimité que nous avons coutume de montrer. Après la bataille d'Austerlitz, l'Empereur accorda un armistice à l'armée russe ; cet armistice sauva Tannée : voyez la manière indigne dont agissent aujourd'hui les Russes. On dit qu'ils veulent revenir; nous brûlons lu désir de les revoir. S'il y avait eu chez eux autant de générosité que chez nous, on nous aurait laissés tranquilles enfin, après la modération que nous avons montrée dans la victoire. Nous n'avons en rien provoqué la guerre injuste <|iie vous nous faites; vous l'avez déclarée de gaieté de cœur. La bataille d'Iéna a décidé du sort de la campagne. Notre laitier est de vous faire le plus de mal que nous pourrons. Posez lesarmes, et j'atteindrai dans cette situation les ordres de l'Empereur. » Le vieux général Kalkreuth vit bien qu'il n'y avait rien à répondre. Les deux généraux se séparèrent, et les hostilités recommencèrent un instant après. Le village de Greussen fut enlevé, l'ennemi culbuté et poursuivi lépée dans les reins.

Le grand-duc de Berg et les maréchaux Soult et Ney doi-

vent, dans les journées des 17 et 18, se réunir par des marches combinées et écraser l'ennemi. Ils auront sans doute cerné un bon nombre de fuyards; les campagnes en sont couvertes, et les routes sont encombrées de caissons et de bagages de toute espèce.

Jamais plus grande victoire ne fut signalée par de plus grands désastres.

La réserve que commande le prince Eugène de Wurtemberg est arrivée à Halle. Ainsi nous ne sommes qu'au neuvième jour de la campagne, et déjà l'ennemi est obligé de mettre en avant sa dernière ressource. L'Empereur marche à elle. Elle sera attaquée demain, si elle tient dans sa position de Halle.

Le maréchal Davout eBt parti aujourd'hui pour prendre possession de Leipzig et jeter un pont sur l'Elbe. La Garde impériale à cheval vient enfin nous joindre.

Indépendamment des magasins considérables trouvés à Naumburg, on en a trouvé un grand nombre à Weissenfels.

Le général en chef Rtichel a été trouvé dans un village, mortellement blessé, le maréchal Soult lui a envoyé son chirurgien. Il semble que ce soit un décret de la Providence, que tous ceux qui ont poussé à cette guerre aient été frappés par ses premiers coups.

LE MAJOR GÉNÉRAL AU GÉNÉRAL THOUVENOT

Merseburg, 18 octobre 1806.

L'Empereur ordonne, Général, que la garnison française de Wtlrzburg et les troupes étrangères qui s'y trouvent, se rendent à Erfurt où vous vous rendrez également de votre personne. Vous laisserez seulement dans la citadelle un capitaine et 100 hommes de cavalerie à pied pour la garder.

Vous ferez cesser de travailler à l'armement de la citadelle, laissant les choses dans l'état où elles sont.

Tous les dépôts de convalescents français qui se trouvent

à Wllrzburg ou dans la citadelle, doivent être transférés à Erfurt.

Donnez des ordres en conséquence.

% Ordre au commandant de Forchheim d'envoyer à Eronach tous les dépôts d'infanterie qui sont à Forchheim, et à Baireuth tous les dépôts de cavalerie qui sont aussi dans cette place.

Avis au général Legrand de l'arrivée de ces dépôts de cavalerie venant de Forchheim. Ordre de les placer dans les lieux les plus convenables pour se reposer ; — de faire dans le pays de Baireuth une levée de 500 chevaux pour remonter les hommes à pied des dépôts et de faire la répartition de ces chevaux.

Ordre au Vice-Roi d'Italie de faire partir les 3 régiments de cuirassiers de son armée à 4 escadrons, et de les diriger sur Augsburg, pour de là rejoindre le quartier général impérial.

Ordre au général commandant la 28° division militaire de faire partir le régiment de cuirassiers qui est à Parme ou à Plaisance, et de le diriger par Brescia sur Augsburg.

Nordhausen, 17 octobre 180 G ».

Le corps d'armée se mettra en marche demain 18 et se dirigera

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