L'EMPEREUR AU ROI DE PRUSSE
Camp impérial de Halle, 19 octobre 1806.
Monsieur mon Frère, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté. Je regrette beaucoup que la lettre que je lui ai envoyée par un de mes officiers d'ordonnance, qui est arrivé à son camp le 13, n'ait pu empêcher la bataille du 14. Toute suspension d'armes qui donnerait le temps d'arriver aux armées russes, qu'elle paraît avoir appelées dans l'hiver, serait trop contraire à mes intérêts pour que, quel que soit le désir que j'ai d'épargner des maux et des victimes à l'humanité, je puisse y souscrire. Je ne crains point les armées russes; ce n'est plus un nuage; je les ai vues la campagne passée. Mais V. M. aura à s'en plaindre plus que moi. La moitié de ses Etats sera le théâtre de la guerre, et dès lors en éprouvera toutes les calamités ; l'autre partie sera ravagée par ses alliés et souffrira encore davantage. Ce sera un éternel sujet de regret pour moi que deux nations qui, par tant de raisons, devaient