OBDRB DU JOUR
Halle, 19 octobre 1806.
L'Empereur désirant donner à la Grande-Armée la même organisation qu'elle avait Tannée dernière et séparer les fonctions de l'intendant général de celles de l'inspecteur en chef aux revues qui se trouvent en ce moment réunies, a
L'intendant général avait fait une réquisition en pain pour l'armée sur la ville de Leipzig, à laquelle il n'a pas donné lieu d'après les ordres de l'Empereur. Il attendra les ordres de 8. M. pour frapper sur cette ville celle que l'Empereur jugera à propos d'ordonner d'après le compte qu'il vient d'avoir l'honneur de soumettre à 8. M. sur les ressources présentes de la ville de Leipzig, ainsi que sur la fourniture de 6,000 demi-fournitures complètes et 12,000 chemises que l'intendant général pense que l'on pourrait exiger pour garnir les ambulances de Naumburg et Iéna qui en manquent.
Halle. — 3 commissaires des guerres sont occupés depuis 9 heures du soir à apposer les scellés sur les caisses ; ils ne quitteront point cette opération qu'elle ne soit finie. L'intendant général fera un rapport particulier sur cet objet, ainsi que sur les ressources que présente la ville de Halle.
Ville kanzy.
nommé par décret impérial daté de Halle le 19 octobre M. le conseiller d'État Daro Intendant général de l'année.
M. Villemanzy, inspecteur général en chef aux revues de l'armée, est chargé de la surveillance générale du travail des revues.
M. le général de division Chasseloup est arrivé à l'armée pour prendre 1e commandement de Tanne du génie.
l'empereur au maréchal davout.
Halle, 80 octobre 1806, 8 heures du matin.
Je vous ai expédié hier des ordres. Il est bien important d'avoir un pont sur l'Elbe. Je fais essayer par 3 corps d'armée différents; mais, comme le vôtre est le seul qui ait des bateaux1, je ne doute point que ce pont ne soit jeté dans la journée, ou la nuit du 20 au 21. Le pont une fois jeté, faites tracer une bonne tête de pont et faites-y travailler. Emparez-vous de Wittenberg ; si cette place est aussi bonne qu'on me l'assure, faites-la mettre sur-le-champ en bon état de défense. Nous sommes sous Magdeburg. Le maréchal Soult a suivi dans sa retraite, pendant 5 jours, une colonne où était le Roi, et lui a pris la moitié de son monde.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL BERNADOTTE
Halle, 20 octobre 1806, 4 heures du matin.
L'intention de l'Empereur, M. le Maréchal, est que vous laissiez une division à Aschersleben avec un peu de cavalerie ; cette division enverra des partis sur toutes les routes
i. Équipage de pontons pris à Naumburg par le 3e corps. (Voir Iéna, p. ssi.) — Tous les corps d'année avaient des pontonniers, mais pas d'équipage. (Voir Équipages de ponts, Iéna, table analytique.)
jusqu'à 5 et 6 lieues1 pour arrêter tous les Prussiens isolés et même les petites colonnes de 3 à 4,000 hommes qui se dirigent sur Magdeburg et qui sont encore loin en arrière. Le maréchal Soult a passé le 19 à Quedlinburg et Halberstadt. S. M. vous ordonne de vous diriger avec le restant de votre corps d'armée sur Calbe ou à Bernburg et que vous Cassiez jeter un pont sur l'Elbe à l'embouchure de la Saale, dans le lieu qui sera le plus favorable d'après les reconnaissances que vous aurez faites ; votre division d'Aschersleben et vous-même devez vous mettre en communication avec le maréchal Soult qui, dans la journée du 20, doit être en position devant Magdeburg.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL SOULT
Halle, 20 octobre 1806, 4 heures du matin.
D'après votre lettre du 18 2, M. le Maréchal, vous étiez à Kordhausen ; il est probable que vous serez aujourd'hui 20 entre Halberstadt et Magdeburg. Le grand-duc de Berg et le maréchal Ney doivent vous avoir joint. La colonne que vous avez poursuivie n'était pas la seule; 3 ou 4 autres, celle d'Eisenach, du général Blticher, celle de Weimar et plusieurs colonnes de fuyards sont encore en arrière ; vous devez prendre tout cela à leur arrivée à Magdeburg ; approchez de cette place assez près pour savoir ce qui s'y passe, sans cependant la bloquer positivement, ce qui éparpillerait trop votre monde. Envoyez des partis sur toutes les routes à la rencontre soit des hommes isolés, soit des partis, soit des petites colonnes qui seront derrière vous, et qui doivent naturellement chercher à rentrer à Magdeburg et vous les ferez tous prisonniers.
Si vous étiez informé de la marche d'une grosse colonne, vous enverriez une division de sa force à sa rencontre.
i. C'est-à-dire jusqu'à Quedlinburg, 20 kil., Harzgerode, 26 kil., Eisleben, «a kil.
s. Rapport de Nordhausen, 18, S heures du matin. (Voir p. 92.)
Le maréchal Bernadotte avec son corps d'armée occupe Aschersleben, Bernburg et Calbe. Le quartier général de l'Empereur sera encore aujourd'hui à Halle1.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU GRAND-DUC DE BERG
Halle, 20 octobre 1806, 4 heures du matin.
Je vous ai envoyé Tordre par duplicata*, mon Prince, de disposer de 3 régiments de dragons commandés par un général de brigade pour nettoyer et assurer nos communications en arrière de Tannée sur Erfurt et tout le pays environnant; cela est très-essentiel.
Vous écrivez à TEmpereur que vous serez le 17 à Nordhausen; cependant un officier de correspondance parti le 18 de cette ville, n'a point de vos nouvelles, quoiqu'il en ait rapporté du maréchal Soult \
Vous dites dans votre lettre4 qu'une colonne de 6,000 hommes reste sur votre gauche ; TEmpereur pense que vous aurez manœuvré sur l'ennemi ; l'intention de S. M. est que vous tombiez sur l'ennemi quelque part qu'il se trouve *, car dans la position où nous nous trouvons, S. M. ne peut plus
1. 20 octobre. Quartier général de TEmpereur, Garde, état-major général, Halle.
Gros équipages de l'élat-major, Merseburg. Grand parc d'artillerie et du génie, a ordre de marcher sur Halle. (État d'emplacement des troupes pour M. Daru et pour lui seul.)
Colonel Blbin, aide-major général.
». Ordre du 1 9 au Grand-duc, de Merseburg.
3. Ce fait n'a rien d'étonnant. Le rapport du maréchal Soult est de Nordhausen, 18, 8 heures du matin. L'officier quitta Nordhausen de très-bonne heure, tandis que le Grand-duc parti d'Immenrode à 5 heures du matin, n'arriva pas à Nordhausen (16 kil.) ayant 8 heures au plus tût.
4. Rapport d'Immenrode, 17, 10 heures du soir. (Voir page 96.)
5. Tomber sur l'ennemi quelque part qu'il te trouve s'applique à des colonnes coupées d'une armée en déroute. Là il faut de l'audace pour profiter de la victoire. C'est le môme ordre que le Major général a donné le 19 à 4 heures et demie du matin au maréchal Bernadotte de culbuter l'ennemi partout où il serait, en tombant sur quelques colonnes. — Dans la marche en avant au contraire, avant la bataille, ce sont des opérations combinées; les corps d'armée d'avant-garde doivent se conduire avec prudence. (L'Empereur au maréchal Soult, 5 octobre, 11 heures du matin. Iéna, p. 816.)
faire d'opérations qu'il n'ait nettoyé toute la rive gauche de l'Elbe.
Si vous n'êtes pas dans une position à faire un mal immédiat à l'ennemi, l'Empereur désire que vous laissiez une division de dragons au maréchal Ney pour qu'il se concerte avec le maréchal Soult tant pour tenir en respect Magdeburg que pour former des détachements qui se porteront en arrière au-devant des différentes colonnes ennemies qui naturellement cherchent à faire leur retraite sur Magdeburg ; elles seront toutes prises devant cette place par les corps des maréchaux Ney et Soult.
Magdeburg est une souricière où arrivent aujourd'hui tous les hommes perdus depuis la bataille; il faut donc aujourd'hui faire la manœuvre inverse et battre tout le pays à 15 ou 20 lieues ; alors on ramassera beaucoup de monde et on aura le grand avantagé d'avoir des renseignements sur la retraite de quelques colonnes, pour pouvoir marcher dessus et les enlever.
L'intention de l'Empereur est qu'avec vos 2 divisions de grosse cavalerie, une division de dragons et vos 2 brigades de cavalerie légère, vous vous rendiez à Calbe près Bernburg, vers l'Elbe au-dessus de Magdeburg, si toutefois cependant, comme je vous l'ai dit au commencement de cette lettre, vous n'avez pas les renseignements et le pouvoir de suivre et d'enlever à l'ennemi une colonne de 5 à 6,000 hommes. Vous laisserez au maréchal Ney la division de dragons dont vous avez dû envoyer une brigade de 3 régiments àErfurt1.
Je vous préviens que le corps du prince de Wurtemberg a été complètement battu à Halle par le maréchal Bernadotte ; on lui a pris 35 pièces de canon et 5,000 prisonniers.
l. La division Klein n'ayant encore que 5 régiments, il ne resta que 2 régiments arec le maréchal Ney.
L'Empereur a reçu dans la nuit du 19 au 20 le rapport du maréchal Soult de Nordhausen le 18 à 3 heures du matin. Il sait que le 4e corps sera le 20 entre Halberstadt et Magdeburg avec le corps de cavalerie de la réserve et le 6e corps. — Le rassemblement de l'armée prussienne n'était ni à Frankenhausen, ni à Nordhausen, puisque les colonnes ennemies de la bataille du 14 ont filé sur Magdeburg où elles sont entrées ; il en reste encore, entre autres celle du duc de Weimar qui faisait l'avant-garde de la grande armée prussienne vers Eisenach sur la route de May en ce. „
2 corps d'armée, le 4e et le 6e, 2 divisions de dragons et 1 division du 1" corps pour faire la communication, paraissent suffisants à l'Empereur pour tenir tête et pousser les troupes qui se sont réunies à Magdeburg, empêcher les autres d'entrer dans cette place, marcher dessus en force et les enlever. Il attire donc à lui 4 divisions de cavalerie ainsi que le 1er corps (les 2 autres divisions) qu'il avait envoyé à l'appui de l'aile gauche ; il fait tenter le passage de l'Elbe sur un troisième point, tâtant le fleuve sur une étendue de 60 kil. de Wittenberg à Barby.
Pendant qu'avec son aile gauche il préserve ses communications, avec son aile droite il poursuit sa manœuvre générale, cherchant à gagner Berlin ; il ne peut douter que les colonnes entrées à Magdeburg ne s'y enfermeront pas, qu'elles fileront sur la rive droite ; il craint qu'elles ne cherchent à lui disputer le passage de l'Elbe, c'est pour cela qu'il faut surprendre le passage.
Mais la défaite avait été trop complète pour que l'armée prussienne pût se réunir ; presque tous les généraux de marque avaient été tués ou blessés ; personne n'avait plus l'autorité nécessaire pour prendre le commandement. Les craintes de l'Empereur ne devaient pas se réaliser et le passage allait s'effectuer sans résistance.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU GÉNÉRAL SONGIS
Halle, so octobre 1806, 4 heures du matin.
L'intention de l'Empereur, Général, est que vous fassiez
rassembler sur-le-champ tous les bateaux qui sont à Halle,
et qu'ils soient partis avant 8 heures du matin pour descendre
à l'embouchure de l'Elbe1. Les pontonniers du maréchal
1. C'est-à-dire au confluent de la Saale et de l'Elbe, 92 kil. par le cours de la Saale.
Bernadotte sont chargés de la construction d'un troisième pont à l'embouchure de la Saale.
Il est ordonné au colonel ou à l'officier commandant le 14e de ligne, et qui a dû rester 2 jours à Weimar, de partir du point où il recevra le présent ordre pour se rendre à grandes marches à Erfurt où il restera jusqu'à nouvel ordre, aux ordres du général Clarke.
Avis, de cet ordre au général Clarke et au maréchal Mortier.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MORTIER
Halle, 20 octobre 1806, 4 heures du matin.
L'Empereur, M. le Maréchal, vous charge de faire les démarches nécessaires pour que le restant du contingent de Hesse-Darmstadt, de Nassau-Usingen, et enfin pour que le bataillon de Wlirzburg soient entièrement complétés ; vous donnerez des ordres pour que le restant de ces troupes soit envoyé le plus promptement possible à Erfurt, où elles seront aux ordres du général Clarke.