‹ Campagne de RussieChapitre 23 sur 33 · V^ CORPS · texte numérisé non relu

V^ CORPS

tlo/uiecki à Lutour-HautJûurg (i)

U iuiUot

« La division sous mes ordres passa lo Niémen à gué au-dessus <1 Biélitsa^ dans la soirée du 7 juillet ; elle arriva le 8 à Nowogrodel^ ^^ c'est là que je reçus Tordre de me porter à grandes joumé^^^^ surNesvij. J'ai fait marcher la 29" brigade la première en éch^^^^^ Ions, pour pclairer la marche; la 3'"^' de cavalerie eut la téU-^^^ La 28*' brigade suivit h une distance convenable. Le 9» ^*i^^' jour, le premier escadrou du 3* régiment rencontra un pai de Cosaques en avant de Pésetschna, qu'il chargea, culbuta jeta dans la ville de Mir : entnilné par trop d'ardeur, il passa ville et chargea ;iu delà des faul»ourij;s ce m^^me parti, quî aie avait reçu des renforts considéra bles« Le colonel Itadzrminski, 3% passa la ville avec le reste du régiment, pour soutenir son prmier escadron ; dès qu*il déboucha des faubourgs^ il fut chargé p cinq régiments de Cosaques, dont le nombre augmentait à propc tion de la résiçlance qu'on leur opposait ; alors, accablé par nombre et tourné, le 3'^ fut obligé de se friire jour, pour se mil i -^ k deux escadrons du 26" et un du i5% qui arrivaient à son secaui*^^ le reste de cette brigade était employé à occuper tous Jes pasâra^«^ ^ d'une petite rivière boueuse qui se trouve dans la vallée de P ' ^

schna, à une lieue de Mir. Un se battit aver. acharnement* L'erui i essuya une perte beaucoup plus considérable que la ÎU*. car il put réussira mettre k troupe en désordre; mais, lorsqu'oo àrm

(1) Ces doux ratiporlH oat vii} juihlic^ dan» les rniVmoJr rôlrorivé les Hutiirâ laî^iorts ronl«ifiu» ilnns ces luemo)^ Hi do 8iix«', nous conshlùronîi los fironutTs comme authonti^jutj-'.. tinj» rai Klmrkf*v»t<!c!i «»Vn oM nervi dans sa. relation di»? combats di }\' I ililomcnt c'o suttMà Ihh rlûut mpports auijutih

h la position de Pésetscbna, plusieurs escadrons ayant pris de fausses dîreclioDS, tous ceux qui ont eu le malheur d*embourber leurs chevaux furent tués ou faits prisonniers. La 28* brigade arriva il Totirels, où était égulement une nuée de < Cosaques, Je marrhîii, dans I» matinée du 10, avec toute la division sur Mir ; bientôt j'entnii dans la ville, j'y (is rafraîchir la troupe et les chevaux. Je quittai la ville à midi, pour continuer ma marche sur Nesvij, h'avant-garde rencontra reonenii à Simikowo (une lieue au delà de la ville) ; il fut poussé vivement, et jeté dans les bois qui séparent Simikowo au village de Ilorodzice, J*arr<^taî la troupe, et cherchai à éclairer tous les bois et occuper jusqu'à son outre-lisière, celui qui se trouvait sur mon front : on y réussit avec quelque peine. Le 7» de lanciers de la 28^ brigade fut porté au delà ; tout le reste de la division resta en derà du même bois. Je reconnus TenDemi et le trouvai ^^ôp ijQ force pour oser lui livrer combat, ayant surtout reçu pour ^'^ïilruction de ne rien donner au hasard- C'était tout le corps des Cosaqties Platof et Ilowaïsky réunis, ainsi qu'une division de dra- S*>n8 et hussards, [^'ennemi avait parfaite connaissant^e de ma force P^t* les prisonniers qu'il avait faits la veille, et comptait anéantir ^ division. Je lui fis faire les dispositions d attaque ; je reconnus le ^''»*ïiirt entre Simikowo et les bois et marais qui rentouraient. A *^-itîeai*je Uni d'occuper le terrain reconnu, que l'ennemi débou- ^^de tous c6tés, canonna les troupes lesplusavancées, et en un clin ''*^il inonda la plaine de Simiko%vo de ses troupes légères. Le 7%

occupait l'outre-lisière du bois, fut obligé de se faire jour pour

^B ^^ réunir à la division. Bientôt les dragons et les hussards arrîvè-

^■^^ ^*^^l; alors le combat se renouvela avec plus de force, et devint

^f ^^ vif. \ la fin, le ^^ et le iî)^ fournirent au moins 40 charges

j *^^cun et se couvrirent de gloire* Le là'' et le 7* prirent une part

**^s active au combat, surtout le lo<^. Le 3' et le H* étaient en ré-

^^^**^*eet couvraient la gauche, où le terrain nous était moins favo-

^^'tkle. L'ennemi, sûr de son nombre, ne songea à profiler du seul

/^»i. otage qui lui restait que déjà fort tard. 11 était presque 9 heures

E ^ soir lorsque les réserves de Tennemi arrivèrent sur ma gauche, ^ tcurnèrent tout» jusqu'au dernier échelon que j'avais en arriére ^^ Simikowo. Je ralliai tout ce qui se porta à droite ; quelques ^^tachnraents de dilîérents régiments, et le 2«^ el le 4« se retirèrent ^t*- Mir. Sur ce» la il*** brigade de cavalerie arriva devant cette ville. ^^ géoéral Tyszkiewicz, qui la rammandail, fit passer deux esca- ^^c^osen avant; quelques coups de canon d'une demi-batterie, qui ^<^ivailla biigade Tyszkiewicz, ralenlirent Tardeur de rennemi. * <^ut ce qui se retirait directement sur Mir se remit en ordie, et on

ramena Tennemi jusqu'au delà du bois qui avûisioe la ville. Je rei tai sur lu terrain jusqu'à la pointe du jour. L ennemi nous laisi tranquilles. Ce jour a prouvé à renuemi, par six heures de combat! plus vif qu'on puisse livrer, et dans la plus ijrande diaproportic de nombre, qu'il avait aiïaîi^e à des soldats commandés par Nap léon. Le régiment de dragons de Kiew et le régiment de hussan Akhtyr ont éprouvé des pertes sensibles. Le général de divisio Pahleru les colonels Adrianoff et llowaisky ont été tués* Le cham de bataille a été couvert de corps de Cosaques, Kalrauks, Oaskirs Tartares ; nous n'avons perdu aucun officier général ni supéi'ieur Tout ce qui a combaitu a soutenu î'honncur de l'armée. Il y a e' des tirailleurs lancés qui ont donné jusque dans rinfanterie PlatoJ Tous les régiments possèdent une quantité de décorations d*ofOcier ennemis, ainsi que beaucoup de costumes tj-és baroques et arm singulières, pris en dépouilles sur des régiments asiatiques qui soa les plus mauvais soldats de rennemi.

En un mot, 3.0TO cbevaux ont soutenu un combat de six heurei contre 8.0<X) Cosaques, 3.000 hommes de cavalerie régulière, deu: régiments de chasseurs à pied et 30 pièces de canon.

*le ne peux recommander à la bienveillc-mce de Sa Majesté TEtn pereur que ceux des ofûciers auxquels se sont présentées les occa sions de se distinguer. Tels sont : le général Turno ; les coloaeli Itad/jmînski, Tnrnovvski; les chefs d'escadrons Dwernickl» De» cour; les capitaines Szymanski, Itardzski» (jliceski ; les aides di camp du général Turno ; le capitaine Turno ; Linck^ lieutenant

Przet>etiilowf«ki ù Ito/.iiEcH^kE

15juilM

« Ayant reçu l'ordre verbal de Son Excellence le général com mandant en chef la cavalerie, de me porter avec mon régiment su Romanovo. à l'effel d'y enlever les bagages de l'ennemi, qui, soui la protection de deux régiments de Cosaques, triaient sur Sloutsk et d'empêcher que l^ennemi ne brûle le pont de Romanovo, où j devais m'étahlir ; et comme Son Excel îence le général en chel m'avait ordonné d'accélérer mon mouvement, je me suis porté avec mon régiment, sur la roule de Romanovo» marchant ei colonnes paj* escadrons, la gauche en tète, où j*ai rejoint I 2* escadron de mon régiment qui s'y trouvait; j'ai ordonné an commandant de cet escadron de former mon avant-garde et âé repousser tous les postes de Tennemi, Le premier poste de Cosaques, fort de 00 hommes, a été rencontré au village de Czarno^

GINOUIÊME CORPS

chargé, il s'est retiré au grand galop. Le régiment a marché jusqu'au premier cabaret, sans apercevoir d'ennemis; au second H cabaret, sur la grande route, les tirailleurs ont commencé à tirailler, repoussant l'ennemi, qui se lelirail en apercevant les t<^tes de colooaes des escadrons qui marchaient en échelons. On a marché de cette manière sans découvrir aucune colonne ennemie, jusqu'à

■ ISL hauteur de Romanovo, où Tennemï commença à renforcer ses tirailleurs qui faisaienl plier ceux du régiment ; ce qui ma obligé d'en fiiire autant. J'ai donné ordre de faire marcher quatre peloton s du 2« escadron pour former une forte chaîne de tirailleurs et repousser ceux de Tennemi; ce qu'ils ont exécuté : je me suis alors porté à reconnaître rennemi. J'ai aperçu ma colonne qui se reti- ^J^tt; cette colonne était composée tout au plus d'un régiment qui, ^^ en juger par la poussière qui s'élevait derrière eux, escortait les ^B^kages. J*ai envoyé le chef d^escadron Dcmbowskî faire le rapport ^^^won Excellence le général en chef, et j'ai donné ordre à mes liï"atlieurs de pousser en avant. Pendant plus d'une heure, j'ai J^rdé la mt^me position, et les tirailleurs ne pouvaient parvenir à *a«s<»r ceux de rennemi, qu'il renforçait continuellement, et qui |m*ohiigeait d'en faire autant ; de sorte que tout le 3^ escaj*iron était en tirailleurs ; les trois autres en échelons sur la droite de la grande route, en l'occupant ; voyant insensiblement augiJiftot^r (?), j*ai commencé h faire ployer le 3* et le 4^ escadrons tn colonne derrière le premier, pour masquer cette retraite ; jai donné ordre aux tirailleurs de pousser vivement, et j'ai fait oion rapport par écrit, que Tennemi avait des forces supérieures. L»^ chef d'escadron Dembowski m'ayant apporté Tordre dV^ngager l'affaire, j'ai encore renforcé mes tirailleurs et formé mes escadrons ÇO échelons. Dans l'instant même, des colonnes de Cosaques se fai- **Kt»t voir sur ma droite et sur ma gauche, que l'ennemi sans •^^tttea fait sortir de son camp, qui se trouve derrière la rivière et «<*Dtle mouvement était couvert par les broussailles qui s'y trou- ^^"t; ces Cosaques se portaient sur mon S'' escadron, qui se trouvait en face d>ux; j'ai chargé avec cet escadron, et je les ai nîpous5t5s jusqtj'â une certaine distance* Leurs forces augmentant *^"joursi^ iU uni rhargé une st^conde fois le mémo escadron, qui s est trouvé cerné de tous côtés. J'ai pour lors donné ordre au •** '1^ dégager, ce qu'il n a pu exécuter ; car, de son côté, o« l'a chargé et entouré. Le l"'" escadron, qui se trouvait sur la route, a soutenu une charge de pied ferme, et les Cosaques se ^^nlifiiirés; nmis, h peine arrivé vers le 'M et le l* î\ î'efTet de les '^'?''«tT. rennemi, soutenu par des dragons, Ta chargé par devant

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ChNOL^IÈME CORPS

61 par la gayche, de sorle qii*il se trouvait ceroé et obligé de se faire jour à travers l'eaoemr ; et de cette manière iJ n marché ayant toujours J'etJïierni de tous les côlés jusqu'à Tarrivée de la division. Ll 3*^ et Je 4« escadrons ont sou (Vert le plus ; de ces deux escadrons, il est resté Hâ hommes. La perte totale : le major blessé et pris, Tadjudant-major tué ; 8 ofticiers blessés ou pris, 40 hommes tués et 50 blessés ; en tout^ ^40 hommes qui manquent au régimeoi,

11 serait inutile de parler de la bravoure et de la conduite que ce régiment a tenue dans cette aiïaire ; car, attaqué par un nombre 8i considérable d'ennemis, et cerné de tous côtés, chaque soldat a été^ obligé de se faire jour à travers rennemi. i

PoDlalowskl aa roi de ^Bxe

Douditochî, 39 iuiUst

« • . . w . (!) Il est de mon devoir de porter à la connaissance de Votre Majesté que les régiments de toute arme sont tellement fondus, tant par les maladies que par la désertion, qulls sont à peine aux deux tiers du complet dans lequel ils ont quitté le paya.

Celle diminution considérable est une suite naturelle des oiarches forcées que le V» corps a faites sans discontinuer, du manque de vivres et surtout de pain, qu'il éprouve depuis plusieurs semaines^ et en partie du mauvais choix d'hommes que les autorités civiies du Duché ont fait dans la circonscription, et qui, reçus dans corps à cause de Turgeoce des circonstances, ne permettaient poit d'attendre qu'on en eût présenté d autres à leur place. Ces circona tances auxquelles iJ est actuellement impossible de remédier jointes à Tâpreté du climat qui commence déjà à se faire sentir pa des nuits très froides qui succèdent à des chaleurs excessives, pouvant manquer de diminuer reifectif des corps^ avant mém^ qu'ils aient éprouvé des pertes par le feu de Tennemi, il deviec indispensable de prendre sans aucun délai des mesures pour U remplacer, et c'est dans cette vue que je me vois contraint à su( plier Votre Majesté de vouloir bien ordonner dès à présent une levé sur la conscription, dont le montant peut être évalué à envirc 1.000 hommes pour chaque régiment d'infanterie et 400 homme pour chacun des régiments de cavalerie qui composent le Y* corps !^ Cette mesure est d'autant plus conlurnie aux ciixoostances, qu'où* tre les motifs qui la rendent nécessaire, elle offre encore Tavaiitage

(1) Voir le coinmencemeiit de ce rappyi'l, u U« |»age 108.

deprocarer des fonds, puisque ce ne sont que les hommes au-dessus dQ complet des compagnies qui sont entretenus par la France.

Dans le cas où Votre Majesté jugerait convenable d^adopter la proposition que j'ai Thonneur de lui soumettre, j'ose la prier de vouloir bien ordonner également aux autorités civiles de ne présenter pour les cadres que des hommes forts et capables de supporter les fatigues.

P. S. — Je ne saurais trop répéter à Voire Majesté que l'armée est sans solde, sans aucune espérance d'en avoir, et que ses effets d'habillement sont en grande partie dans le plus mauvais état. >

MV

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