‹ Campagne du Cassini dans les mers de Chine [microform], d'après les rapports, lettres et notes du Commandant de Plas. Enrichie de plusieurs cartes pour l'intelligence du texteChapitre 2 sur 68 · AVERTISSEMENT VII · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT VII

des articles très remarqués de la Revue maritime et coloniale, d'importantes observations sur sa navigation dans les mers de Chine. C'était l'époque de l'expédition anglo-française dont on a tant parlé, et sur laquelle il n'y a plus rien à dire, non plus que sur les brillants exploits du vaillant amiral Courbet.

Mais entre la campagne de la Ba.yonna.ise et celle du Duperré et de la Forte il existe un intervalle de plusieurs années sur lesquelles rien n'a encore été publié. C'est cet intervalle que nous voulons essayer de combler en partie, à l'aide de [précieux documents que nous avons entre les mains. François de Plas, en effet, alors capitaine de frégate,^ prit une part active à la station navale des mers de Chine de 1851 à 1858 : une première fois comme commandant de la corvette à vapeur le Cassini, une seconde fois comme capitaine de pavillon de l'amiral Guérin, sur la frégate la Virginie. Toutefois son premier voyage en Chine mérite seul de fixer plus particulièrement notre attention; aussi ^ réservant pour sa biographie ce qui concerne la campagne de la Virginie, nous ne publierons aujourd'hui que ce qui regarde la campagne plus importante du Cassini (1).

Le commandant de Plas était à la fois brillant officier et fervent chrétien. Aussi la campagne du Cassini se présente-t-elle sous un aspect tout nouveau qu'on chercherait en vain dans les expéditions du même

(1) Un appendice sur la fln de l'insurrection de Chang-hai nous permettra de dire un mot de la campagne de la Jeanne d'Arc et du Colbert, sous les ordres du contre-amiral Laguerre.

VIII Avertissement

genre. Les lettres à sa mère nous révèlent toutes les délicatesses de son cœur aimant, et les rapports à ses supérieurs hiérarchiques nous montrent un esprit droit, dégagé de tout intérêt personnel, uniquement préoccupé de la pensée de bien remplir son noble métier. Mais au-dessus des légitimes affections de la famille et des impérieux devoirs de la profession, François de Plas avait compris qu'il est une sphère supérieure où s'ennoblissent et se purifient tous les meilleurs sentiments de l'âme ; et c'est à la source de toute vérité, de toute bonté qu'il puisa ce désintéressement, cette grandeur qui étonnaient parfois autour de lui, mais qu'on^ ne pouvait se lasser d'admirer. Caractère loyal, il saisissait toutes les occasions de se montrer bon Français en servant avec la même ardeur et la religion et la

patrie.

A ce moment, les rebelles Tai-ping, secouant le joug de la dynastie tartare, parcouraient les provinces de l'ouest , le fer et le feu à la main. Le Cassini, mouillé dans la rade de Chang-hai, eut pour objet de protéger la concession européenne et les missions cathohques. De là de fréquentes relations d'amitié qui s'établirent entre nos officiers et les missionnaires, et qui ne tardèrent pas à devenir intimes avec les Jésuites auxquels est confiée la propagation de la foi dans la province du Kiang-nan. L'histoire de l'insurrection ne se trouve nulle part aussi fidèlement racontée que dans les lettres de ces zélés apôtres, vivant dans leurs chrétientés dispersées au milieu d'une population de cinquante millions d'habitants. C'est donc à leurs ins-

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