‹ Campagne du MexiqueChapitre 1 sur 19 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

Notre intention, en publiant ces souvenirs de la campagne du Mexique, n'est pas de faire Thistoire de cette expédition, mais un récit anecdofcique, une chronique des faits et gestes de nos soldats. En nous plaçant à ce point de vue modeste et familier nous espérons montrer sous son véritable jour le type le plus original et le plus marquant peut-être dô nôtre époque \ nous voulons parler du troupief h 1-

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français, qui a pris de si grandes proportions depuis le jour où se réveilla la grande nation, et qui a joué, aux heures solennelles de Thistoire contemporaine, le principal rôle du drame européen.

Cette importante figure de notre temps, trop peu étudiée, n'est connue que sous certains aspects. Selon nous, dans les relations de guerre, les écrivaiQs se sont trop occupés de Tannée, trop peu du soldat ; et par ce mot, nous entendons toutes les individualités, du général au simple fantassin. Nous mettrons le type en pleine lumière, si faire se peut, et nous expliquerons ce caractère, singulier mélange de gaie bonhomie et d'intrépidité chevaleresque,- de folle insouciance et de stoïque résignation ; nous dirons combien la capote grise cache de bon sens, de fermeté et de droiture^ le tout marqué au coin d'une imagination originale qui jette sur tant de qualités son poétique reflet.

On aura alors le secret de cei^taines victoires impossibles, de certains faits d'armes inexpliquables pour ceux qui ignorent tout cô qu'il y a d'intelligence guerrière, de mépris du péril et d'instincts

SOUVENIRS DE LA CUfPÀGNE DU MEXIQUE. 3

stratégiques dans les rangs de notre armée, si brillamment commandée par cet admirable cadre d'officiers et de sous-officiers que nous envie T Europe si savamment dirigée par la plus riche pléiade de généraux qui soit au monde,

Notre but n'est donc pas de raconter des batailles que Ton connaît déjà quant aux manœuvres qui décidèrent de la victoire; nous voulons surtout dépeindre le caractère particulier de ces batailles , car toute action de guerre a une physionomie spéciale qu'il s'agit de saisir et de déterminer si l'on veut être vrai, si Ton veut surtout vivifier le récit et le rendre attrayant. Nous dirons pourquoi l'on se battit avec rage à Orizaba ; pourquoi l'on fut si gai, tan que dura le siège meurtrier de Puebla.

Chaque arme, chaque régiment a aussi son cachet à part ; le fond est toujours le même, mais l'aspect varie. Nous ferons défiler sous les yeux du lecteur tous les corps de l'armée en signalant les traits qui accentuent les différences*

Nous suivrons pas à pas la marche de l'expédition ; iious pénétrerons dans les bivacs ; nous décrirons

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les mœurs, us et coutumes du troupier. Nous ferons de sorte, en un mot, que nos portrais soient des photographies fidèles, prises sur le vif. Du reste, jamais campagne ne fut plus féconde en merveilleux succès ; nos lecteurs ne liront pas sans une émotion profonde et un légitime orgueil, cette défaite inouïe de trois mille hommes par la compagnie Diétrie ; ces charges de deux cents fantassins contre des corps d'armée. Et qu'on ne s'y trompe pas ! la défense de Puebla a prouvé que nos adversaires étaient braves ; mais nous dirons les défauts de leurs légions, qui en plusieurs rencontres se sont montrées dignes de nous par leur courage.

Quoique ces souvenirs soient surtout recueillis parmi les zouaves du 2^ régiment, dont nous avons eu l'honneur de faire partie, nous ne négligerons pas l'historique des autres corps ; mais en raison des matériaux que nous avons assemblés, et du plan que no us avons adopté, nous ferons du 2* zouaves, auquel notre passé militaire nous rattache, le pivot de ce récit anecdotique.

Nous devenons avec joie le chroniqueur de cette

fiOUTBNI&S Dl LÀ CAMPiGNK DU MEXIQUE. 5

expédition si glorieuse pour nos armes ; puissions nous ne laisser dans l'ombre aucune des actions d'éclat qui ont illustré nqs aigles sur ces plages lointaines !

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