‹ Campagne du navire l'espoir de Honfleur 1503-1505: Relation authentique du voyage du CapitaineChapitre 14 sur 18 · Bltpositions pour le retour · texte numérisé non relu

Bltpositions pour le retour

Disent outre qu'à la parfin la nauire ayant esté radoubée, gallifrestée, et munie au mieux qu*on peut pour le retour, fut arresté de s'en partir pour France.

Et parceque c'est coustume à ceux qui paruiennent à nonuelles terres des Indes, d'en amener à Chrestienneté aucuns Indiens, fut tant fait par beau semblant, que ledit seigneur Arosca vousistbien qu'un sien jeune

(1) ms : donnée honneste.

(2) ms : mesnie

(3) ms : memoré.

fils qui d'ordinaire tenoit bon auec ceux de la nauire. Tint en Cbrestienneté, parce qu'on promettoit aux (1) père et fils le ramener dans "vingt lunes au plus tard; car ainsy (2) donnoient*ils entendre les mois. Et oe qui plut leur donnoit enuie, on leur faisoit à croire l[u'à cils qui viendroient par deçà on leur apprendroit Tar^ tillerie; qu'ils soubaitoient grandement, pour pouuoir maistriser leurs ennemys : comme estout (3) à faire mirouërsi Gousteaux, hacbes', et tout ce qu'ils voyoient et admiroietit aux Gbrestiens ; qui estoit autant leur pro« mettre que qui promettroit à un Cbrestien or, argent et pierreries, ou luy aprendre la pierre pbilosopbale. Lesquelles affaires creùes fermement par ledit Arosca, il estoit joyeux de ce qu'on Touloit atnener son dit jeuiie fils qui aUoit à nom Essomericq ; et luy donna pour compagnie un Indien d'âge de trente cinq ou quarante ans appelle Namoa. Et les vint luy et soii peuple conuoier à lanauire; les pouruoyant de force Tiures, et de maintes belles plumasses et autres rare* tez, pour en faire leurs présens de sa part au Roy nostre Sire. Et ledit Seigneur Arosca et les siens attendirent le départ de la nauire, faisant jurer le capitaine de s'en reuenir dans vingt lunes ; et lors dudit départi tout ledit peuple faisoit un grand cry, et don* noient à entente qu'ils conserueroient bien la croix ; faisant le signe d'icelle en croisant deux doigts.

(1} fffif .* au.

(I) mi : aussy.

(3) ms : estoit.

Toyttire de retour.

2b. — Gros temps et mahidiei.

Item disent qu^adonc partirent desdites Indes méridioballes le tiers jour de JuUiet cinq cens quatre, et depuis ne virent terre jusques au lendemain Saint Denys, ayant couru diuerses fortunes, et bien tourmentez de fieure maligne , dont maints de la nauire furent entachez, et quatre en trépassèrent, sçauoir : Jean Bicherel, du Pont-1'Evesque, chirurgien de la nauire; Jean Renoult, soldat, d'Honfleur; Slenoz Vennier, de Gonneuille sur Honfleur, valet du capitaine ; et Tindien Namoa.

Et fut mis en douhte de le baptiser, pour euiter la perdition de Tâme; mais ledit monsieur Nicole disoit que ce seroitprophaner baptesme en vain, pour ce que ledit Namoa ne sçauoit la croyance de nostre mère Sainte Eglise comme doiuent sçauoir ceux qui reçoiuent(l) baptesme ayant âge déraison; et enfutcreu ledit monsieur Nicole comme le plus clerc de la (2) nauire. Et pourtant d'empuis en eut scrupule^ si que l'autre jeune indien Essomericq estant malade sa fois, et en péril, fut, de son aduis, baptisé-, et luy administra son sacrement ledit monsieur Nicole, et furent les parrains ledit de Gonneuille capitaine, et Antoine Thiéry(3]', et au lieu de marreine fut pris Andrieu de la Mare pour tiers parrain ; et fut nommé Binot, du nom de baptesme d^celuy capitaine : ce fut le quatorzième sep-

(1) mf ; receuoient.

(2) ms : du.

(3) ms : Tury.

tembre que ce fut fait. Et semble que ledit baptesme seruit de médecine à Tàme et au corps» parceque d*empuis ledit Indien fut mieux, se guérit, et est mainte* nant en France.

Page 1