Portrait dei habitants
Item disent que là ils trouuèrent des Indiens rustres, nuds comme venants du ventre de la mère, hommes et femmes*, bien peu y en ayant couurant leur nature; se peinturant le corps, signamment de noir; leures trouées, les trous garnys de pierres verdes pro-
(1) ms : eaux.
prement polies et agencées; incisés en maints endroits delà peau, par balafres, pourparoistre plus beaux fils; ébarbez, my-tondus. Au reste, cruels mangeurs d'hom* mes ; £rrands chasseurs, pescheurs et nageurs; dorment pendus en lits faits comme un rets, s'arment de grands arcs (1) et massues de bois, et n*ont entre eux ne Roy ny maistres : au moins n'en ont-ils rien remerché*
Au parsus habitent un beau pays, de bon air, terre fertile en fruits, oiseaux et «inimaux; et la mer poinsonneuse : les espèces dissemblables de celles d'Kurope. Et font leur pain et breuuage de certaines rncines.
S7. — Blalenoontre ob«i om OftimibAlMi
Disent outre qu'aux lieux dudit pays qu*iU abordèrent y auoit eu jà des Chrestiens, comme estoit »[)parent par les denrées de Chrestienneté que leiidlU Indiens auoient : aussy n'estoienl-ils estonnr» de \olr lanauire; et pour tant surtout craignoient«iU Piirlillerie etharquebuses.
Et ayant brauement abordé terre, comme nuctinii des compagnons puisoient de Teade, et autres eslolent en terre sans armes ne rien craignans, furent Iraitreu» sèment assaillis par iceux mescbanslndens,qui tuèrent un page de lanauire nommé Henry Jesanno, prirent et emmenèrent dans les bois Jacques L4Iomme dit Lu Fortune, soldat, et Colas Mancel, marinier, tous d'Honfleur-, et furent ces deux pauures gens pordan, sans leur pouuoir donner reconfort.
Plus y auoit encore en terre quatre hommcis, qui gagnèrent la barge et se sauuèrent, tous naurex fors (S)
(1) ms : arcts.
(2) ms : fort.
un ; et 6i, un des dit! mourut ore prime (1) quMl fuat mo&lé en la nauire s iceluy estoit ledit monsieur Ni-^ colle Le Febure susmentionné, qui» par curiosité dont il estoit plein^ s'estoit descendu à terres et fut de tre* tous regretté* comme méritant meilleure auantUre$ car il estoit prude, aiTablei et de sçauoir.
38* — Mouvelle relâche à oent lieues plut loin.
Item disent que ce piteux cas leur fit quitter le lieu de ce malencontre, et amonter la coste bien cent lieues plus amont; où ils Irouuèrent des Indiens pareils en façon : mais de ceux-cy ne receurent aucun tort; et quand ils en eussent machiné, ils n'en fussent venus à chief 9 parceque le cas aduenu faisoit qu'on ne s'y fioit.
Et là, pendant que la nauire y demeura elle fut chargée de \iures et des marchandises dudit pays pré* déclarées, en la quantité plus à plein et en détail contenue en la plainte et douléance baillée à Justice contre cils qui ont pillé la nauire : y recours. Et eussent lesdites marchandises vallu deffrayer le vegage, et outre bon proffit, si la nauire fust Tenue à bon port.
Iteni disent qu'ils partirent dudit pays entre Ift Saint Thomas et Noël cinq cens quatre, ayant attrapé deux tndiens, qu'ils cuidoient amener en France; mais det la première huit ils se coulèrent en mer, estant lors la nauire à plus de troys lieues de coste : mais ces gallands sont si botis nageurs que tel trajet ne les effrite.
(1) mi .* ore prume.