LE MAGE
Je viens, je viens, berger blanc, je savais Que ton bonheur était vers mon chemin : Je t'apporte un triomphe certain Car depuis bien des jours je t'attendais. Suis-moi, la pente est douce et toute veloutée Qui conduit à ma tour ;
Je t'apprendrai pourquoi la nuit et le jour Se liguèrent contre toi, Je te dirai la femme adverse Et forte d'être belle, Je te dirai la ville qui te hait et qui renverse Et qui écrase toute révolte contre elle, Je t'apprendrai l'iniquité des rois.
Je te révélerai le mot de la Forêt Et tu seras puissant si tu es avec moi Et tu vaincras,
JACQUES SIMPLE
Tu parles bien toi, mais j'ai toujours froid Et ta face me déplaît pâle comme un linceul... Pourtant si j'allais avec toi ?
LES VOLX PARMI LE VENT
Jacques Simple, tu dois te sauver toi seul : Souviens-toi...
JACQUES SIMPLE
C'est vrai... qu'iraisje faire aussi vers les faux sages
Aux yeux obliques ?...
Arriére toi, ne me tente pas, va-t'en mage Avec tes rites et tes reliques Et tes images Et les pantacles où brillent tes sortilèges ; Des voix sont sur moi qui me protègent Et qui maudissent ta parole...
Arriére, tu mens et ta route est folle : Retire-toi de moi ou je te frappe I
Le mage fuit en mauîissant^ des brumes régnent
Où les roses et les jasmins se flétrissent,
Mais alors voici que le Satrape
Aux bracelets d'or lourds comme des cJiaînes
Surgit du chemin d'aubépines