LE DIRE DE LA FORET
Pleine d'échos plaintifs, de pleurs et de murmures, La Forêt que revêt un deuil crépusculaire Evague le vt^ux rêve épars en ses ramures — Et son âme palpite aux chênes séculaires ; Le vent triste du soir l'obsède et la dépouille Et lui chante à voix basse une morne oraison Que répètent parmi l'or sombre de leurs rouilles Les chœurs agonisants des lourdes frondaisons.
C'est la mort : le ciel rouge oii fume un sang royal Ouvre un gouffre lugubre au fond de l'occident, L'air brûle — et la Forêt du mystère et du mal Parle au Simple attentif et V implore en tremblant .