‹ Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées Orientales et description topographique de cette moitié de la chaine pyrénéenne (volume 2)Chapitre 55 sur 71 · PREMIÈRE MOITIÉ · texte numérisé non relu

PREMIÈRE MOITIÉ

(du mont vallier au puig peyric).

Cette portion de frontière faisant face, sur le versant méridional, à ti'ois contrées distinctes, l°au Haut-Aragon, 2° au pays neutre d'AndoiTe, 3° à la vallée de Carol qui déboucha entre les deux Cerdagnes dont l'une appartient à la France et l'autre à l'Espagne, nous la diviserons en trois chaînons que nous appellerons //onïs; car la première désignation entraîne une idée de similitude qui serait fausse ici, tandis que la seconde a l'avantage de rappeler que la chaîne frontière, telle que nous l'envisageons, est une sorte d'immense ligne fortifiée, décomposable, comme toute pièce de fortification, en éléments, en fronts, dont le tracé, les dimensions, les propriétés particulières, présentent souvent d'énormes différences.

Ainsi, la première moitié des Pyrénées orientales sera subdivisée en trois fronts que nous allons parcourir :

1° Le Front d'Aragon; 2° le front d'Andorre ; 3° le front de Carol.

Ajoutons que, pour dégager les généralités des détails et mieux faire ressortir les unes et les autres, nous avons rassemblé dans un paragraphe à part, sous forme de lisle numérotée, la description succincte de tous les passages des Pyrénées orientales .|ui mérilonl d'être signalés.

1° Front d'Aragon. — l! s étend du mont Vallier à la pointe d"Auzat, qui est une saillie très-prononcée vers le sud de la ligne frontière.

Ce front fait face : d'une part, au bassin du Salât et à l'affluent de l'Ariége le plus avancé vers l'ouest, le torrent d'Auzat ; de l'autre, à la Nuguera Pallaresa qui va se jeter dans la Sègre. {Voir plus bas, puis aux notes topographiques du 2' vol. la description de ces différentes vallées.)

Il compte cinq ports fréquentés. ( Voir ci-après la liste des passages, n''M,2, 3, 4 et 5.)

2° Front d'Andorre. — Il va de la pointe d'Auzat aux montagnes de Fi'amiquel et de la Mène, d'où descend l'Ariége.

Il fait face, d'une part au bassin de l'Ariége, de l'autre à la vallée d'Andorre.

Un peu moins élevé que le précédent, ce front compte douze ports que l'on peut diviser en quatre groupes correspondants aux vallées d'Auzat, de Siguier, d 'Aston et d'Ax, toutes tributaires de l'Ariége. Point commun de départ, Tarascon; d'arrivée, Andorre.

Le groupe d'Auzat comprend, dans notre liste, les n»' 6, 7 et 8.

Le groupe de Siguier, le n" 9.

Le groupe d'Aston les W' 10, 11, 12, 13 et 14 (ils méritent à peine d'être mentionnés).

Le groupe de l'Ariége, les n°= 15, 16 et 17.

3° Front de Carol. — Il commence avec le grand relèvement des Pyrénées orientales, à ces montagnes de Framiquel et de la Mène qui marquent la tête de la dislocation ou du soulèvement par lequel tout le reste de la chaîne, jusqu'à la Méditerranée, a été redressé parallèlement aux Alpes maritimes, dont la formation date de la même époque. Ce front se termine au puig Peyric.

Il n'occupe donc, en quelque sorte, qu'un point sur la chaîne. Aussi ne présente-t-il qu'un seul passage, le Puig Moren (n" 18) ; mais ce passage est un des plus remarquables de ces montagnes, attendu que, par l'Ariége, le Carol et la Sègre, il met la Garonne en communication directe avec l'Ebre. {Voir pages 32, 113 et 114.) Une route le traversera bientôt.

Le Puig Moren excepté, l'histoire militaire des Pyrénées orientales ne présente aucun cas d'entreprise sérieuse hasardée à travers l'âpre partie de la chaîne que nous venons de parcourir, et on pourrait lui appliquer ces paroles de Vauban : « que si on avait l'inquiétude de fermer tous les détroits des Pyrénées par où des partis pourraient entrer dans le royaume, il faudrait fortifier plus de cent cinquante

cols, co qui forait une entreprise à peu près aussi belle que relie (Je mettre eu ports de mer toutes les côtes de France. »

Page 1