SOUDURE DE MONT-LOUIS
(du puig peyric au puig mal.)
Dans le cours des 26 kilomètres qui séparent le puig Peyric du puig Mal, la crête subit un affaissement qui n'est pas moins prononcé que son brus(|ue changement de direction. Elle prend là, en effet, la forme d'une sorte de chaînette dont le point d'inflexion est à 1 ,300 mètres au-dessous de ses deux points d'attache. Cette inflexion s'appelle col de la Perche n" i9'. C'est ce col que garde Mont-Louis.
Ce point, centre des Pyrénées de l'est, en est aussi une des stations les plus remarquables, et comme nœud de contre-forts, et comme origine de vallées.
En effet, le massif qui s'élève au N.-O. de cette place, est le nœud des Corbières qui, d'abord perpendiculaires à la chaîne, ne tardent pas à se retourner à l'orient pour aller dans celte direction envelopper au nord, jusqu'à la côte, la plaine du Roussillon. Egalement, le massif du S. E. projette vers l'Espagne un contre-fort plus puissant encore que les Corbières, qui forme jusiju'n l'Ebre la lisière occidentale de la Catalogne. En sorte que le Roussillon et la Catalogne sont, pour ainsi dire, des provinces isolées, et séparées du territoire dont elles relèvent par deux longues branches de montagnes qui partent précisément des deux massifs de Mont-Louis.
De ces deux massifs descendent aussi cinq grands cours d'eau, savoir :
Intérieurement : la Tet qui arrose le Roussillon ; la Sègre qui, après avoir longé la Catalogne à l'occident, va déboucher dans l'Ebre.
Extérieurement : l'Ariége et l'Aude au nord ; le Ter (vallée de Ribas) au sud.
De ces cinq grandes vallées, une seule est tributaire de l'Océan, celle de l'Ariége. Les quatre autres, groupées deux à deux, ont entre
elles ce rapport : que la Tet et la Sèpre sont deux rampes adossées au même col de la Perche, et que l'Aude et le Ter (dont le val de Rihas n'est que la branche occiiientalel coulent symétriquement au pied et à l'extérieur des deux contre-forts qui forment l'encadrement du Roussillon et de l'Ampurdan.