‹ Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées Orientales et description topographique de cette moitié de la chaine pyrénéenneChapitre 37 sur 64 · D. MARIANO ALVAREZ DE CASTRO · texte numérisé non relu

D. MARIANO ALVAREZ DE CASTRO

dont les héroïques faits

vivront éternellement

dans la mémoire de tous les gens de bien.

fit placer cette tierre

l'excellentissime SENOR

D. FRANCISCO XAVIER DE CASTANOS, CAPITAINE GÉNÉRAL DE L'ARMÉE DE LA DROITE.

Hàtons-nous d'ajouter que l'odieuse calomnie que renferme ou insinue cette inscription , et qui porte la date de 1815, est aujourd'hui repoussée par tous les Espagnols éclairés. Alvarez, qui avait été forcé d'abandonner le commandement de Girone avant la capitulation de cette place, parce qu'il se mourait, fut d'abord conduit à Narbonne, puis presque aussitôt transféré au château de Figuères où, onze jours après, il mit lui-même un terme à ses douleurs physiques et morales, en avalant un poison subtil qu'il avait, dit-on , caché dans le chaton d'une bague. L'illustre défenseur de Sarragosse n'a donc rien ajouté à sa gloire, ni à celle de son héroïque collègue de Girone, en faisant graver au-dessus de la porte du cachot d'Alvarez l'inscription ci-dessus.

trophe si étrange. Les uns l'attribuaient à des ordres secrets et perfides, émanés de Madrid dans la criminelle intention de hâter une paix qu'on voulait déjà exploiter ; d'autres parlaient d'un marché honteux. Mais ces imputations calomnieuses ou dénuées de sens, étaient les défaites volontairement illusoires d'un orgueil exaspéré; car ils savaient bien, ceux qui prétendaient lire dans une obscure conscience, qu'au conseil de leur roi, il n'y avait personne d'assez insensé pour commettre, au profit de son ambition , un crime prématuré et partant inutile , ni surtout personne d'assez infâme pour rêver le succès d'une si odieuse trahison; enfin, qui pouvait ignorer que, pour acheter le château de Figuères aux opulents possesseurs du Pérou, nous n'avions que des assignats? Il n'y avait donc, est-il besoin de le répéter? il n'y avait nulle part ni traître, ni acheteur, et la véritable, la seule cause du lamentable événement qu'on déplorait avec tant d'amertume , c'était la démoralisation inouïe d'une cohue de fuyards qui avait usurpé la place d'une brave garnison, c'étaient la terreur et l'effroi, ces trompettes d'alarme qui font tomber les murailles des forteresses, après les grandes défaites.

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