‹ Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées Orientales et description topographique de cette moitié de la chaine pyrénéenneChapitre 61 sur 64 · DIVISION · texte numérisé non relu

DIVISION

Nous suivrons , pour ce versant , la même marche que pour celui du nord : nous le décrirons par vallée successive.

La même division alors se reproduira, car il y a symétrie entre les vallées qui s'adossent sur les deux versants des Pyrénées orientales. De part et d'autre, en effet, les vallées qui se rapprochent du centre de la grande chaîne pyrénéenne courent perpendiculairement à celleci, et les vallées qui sont plus voisines de la mer ont une tendance plus ou moins prononcée au parallélisme; c'est, ensuite, sur chaque revers, le plus considérable de ses contre-forts qui trace la ligne de démarcation de chaque système, et ces deux lignes de partage, les Corbières au nord (1er vol. p. 283), et au sud le contre-fort dont la rive gauche de la Sègre dessine le pied, ces deux lignes se détachent des deux extrémités du même chaînon, du crochet de Mont-Louis (1er vol., p. 275); enfin, l'une de ces lignes enveloppe le Roussillon, comme l'autre, une partie de la Catalogne.

Nous diviserons donc le versant méridional en deux régions qui se présentent séparées par l'énorme et long contre-fort dont la rive gauche de la Sègre borde le pied jusqu'à son embouchure dans l'Ebre : 1° la région des vallées transversales; 2° la région des vallées latérales.

La première comprend les valiées de Venasque ou de l'Essera, de la Nuguera-Riva-Gorzana, de la Nuguera-Pallaresa, d'Andorre ou de la Balîre, et leur commun déversoir, la vallée de la Sègre. Toutefois , comme les quatre premières n'ont, par elles-mêmes et par les événements auxquels nous les rattachons, qu'une assez médiocre importance, nous n'insisterons que sur la cinquième, cette vallée de la Sègre si éminemment stratégique, et qui a joué un rôle si brillant dans la guerre que nous racontons.

La région des vallées latérales comprend le Llobregat, le Ter, la Fluvia et la Muga, qui ont vers l'est une tendance progressive, et portent directement leurs eaux à la Méditerranée. Ce second groupe, si nettement encadré par les Pyrénées orientales , la Sègre , l'Ebre et la mer, nous l'appellerons le grand bassin de la Catalogne; car, topographiquement, et surtout au point de vue militaire, la Catalogne proprement dite est tout entière dans ce carré , bien que le territoire de la province déborde assez largement la Sègre et l'Ebre. C'est, ainsi qu'on l'a dit avec raison, la place d'armes de la Péninsule. Mais comme nous avons déjà fait connaître l'ensemble de cet échiquier renommé (2e vol., p. 89-99), nous n'aurons plus qu'à en décrire quelques cases, c'est-à-dire les vallées ou portions de vallées qui ont servi de théâtre aux trois campagnes à l'intelligence desquelles ces notes sont destinées.

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