Campagnes de Russie & de Saxe (1812-1813): Souvenirs d'un ex-commandant des
L'histoire des guerres de la première République et de l'Empire est une mine inépuisable de documents inédits, de mémoires, de souvenirs personnels, qui, successivement, depuis près d'un siècle, sont venus apporter leur pierre contributive à l'édification de ce grand monument littéraire élevé par les écrivains militaires à la gloire des armées françaises.
Après les Victoires et Conquêtes, après V Histoire da Consulat et de l'Empire; après Michelet, Norvins, Lanfrey, Laurent de l'Ardèche et tant d'autres; après les Mémoires de tous les grands personnages : maréchaux de France, généraux en chef, ministres, ambassadeurs, cardinaux, diplomates, qui ont joué un rôle plus ou moins important dans cette grande épopée de vingtcinq ans, on a vu surgir une foule d'ouvrages dûs à la plume il'officiers subalternes et de soldats ayant servi sous nos drapeaux de 1792 à 1815.
La piété filiale de leurs descendants a, surtout dans ces dernières années, tiré de l'oubli et fait connaître à notre génération ces héros jusqu'alors
anonymes, qui ont pris part aux luttes gigantesques de la fin du XVITI* et du commencement du XÏX« siècle.
Aujourd'hui, c'est le hasard, seul, qui nous permet d'offrir aux lecteurs un fragment de mémoires écrits dans les premières années de la Restauration, par un des acteurs de ce grand drame napoléonien dont toutes les scènes ne sont pas encore connues.
Echoué parmi d'autres ouvrages disparates et hurlant dans leur promiscuité, oublié pendant de longs mois dans l'arrière-boutique d'un brocanteur, ce manuscrit, si intéressant, allait être détruit comme l'on été fort probablement ceux qui le précèdent.
Le voici dans son intégrité, car en fait d'histoire, toute relation écrite par un témoin oculaire doit être tenue pour précieuse; et c'est à ce titre que les Souvenirs sur tes Campagnes de Russie et de Saxe voient le jour de la publicité.
Le décousu et la simplicité même du récit, font voir qu'il n'était pas destiné à l'impression.
Néanmoins, le manuscrit a été publié tel quel, sans y changer une lettre, en respectant scrupuleusement l'orthographe quelquefois fantaisiste de l'écrivain.
On a craint que la moindre retouche ne nuisît à son caractère de véracité. La sincérité la plus
scrupuleuse était d'autant plus nécessaire, que ce document jette une lumière toute nouvelle sur deux campagnes célèbres dans nos fastes militaires.
Si le lecteur veut bien comparer les détails qui sont donnés dans les Souvenirs publiés aujourd'hui avec ceux qui ont été donnés jusqu'à présent sur les mêmes faits, il s'apercevra que si notre gloire nationale n'y perd rien, la vérité y gagnera désormais quelque chose.
Notre intime conviction est que ce livre est le dernier d'une série de vingt-trois volumes, qui ont dû être écrits^ à loisir, de 1820 à 1823, pour occuper les longues soirées de trois hivers passés à Briançon ou à Gap par l'officier général qui les a composés.
Les livres de commerce, malheureusement in* trouvables, eux aussi, d'un relieur établi rue Richelieu, à Paris, pendant la Restauration, auraient pu nous fixer à ce sujet.
Sur le premier feuillet du manuscrit se trouve, en effet, le n"" 23; et le récit continuant la narration des événements militaires postérieurs au 24 août 1812 jusqu'à la fin de l'Empire, tout porte à croire que le soldat devenu alors maréchal de camp, commandant la subdivision du départe-?
ment des Hautes-Alpes, a consigné, dans les vingtdeux volumes précédents, ses souvenirs person-
nels sur les événements militaires et peut-être sur bien d*autres faits intéressants de Tépoque révolutionnaire et impériale auxquels il a participé. Il s'agissait de connaître le nom de Técrivain dont, pour la premièrefois, depuis soixantedix ans, la prose voyait le jour. Un détail important, relaté dans la dernière partie de ces mémoires, a fait cesser Tignorauce dans laquelle on se trouvait à ce sujet.
Le registre des mariages de Neuilly-sur-Seine mentionnait que, le 9 février 1815, le maréchal de camp Vionnet de Maringoné, épousait mademoiselle Beuzelin. Le nom de Tauteur n'était plus un mystère pour personne, et il était alors possible, sinon facile, de dire le rôle qu'il a joué et de le suivre pas à pas, dans sa carrière militaire.
Vionnet Louis-Joseph est né et fut baptisé le 16 novembre 1769, aux Longevilles, commune qui fait partie du canton de Mouthes, arrondissement de Pontarlier, dans le département du Doubs. C'est un village d'environ 650 habitants. Fils d'un simple artisan, Antoine -François Vionnet et de Jeanne-Claude Lanquetin, il eut pour parrain un de ses oncles, Pierre-Joseph Vionnet, et pour marraine la belle sœur de sa mère, Claudine -Françoise Sarran, femme de Pierre-Antoine Lanquetin.
Aussitôt qu'il fut en âge de travailler, le futur général, pour gagner sa vie et apporter au logis paternel sa faible part de salaire, fut occupé aux travaux d'exploitation d'une mine de fer. Mais l'enfant avait été, précédemment, mis à l'école du village et., grâce à son intelligence et à son désir d'apprendre, il avait conservé le goût de l'étudG, tant et si bien qu'un beau jour on lui fit quitter les outils de mineur pour le placer comme instituteur communal à Métabief, petit village voisin des Longevilles. Il avait alorfe à peine dixhuit ans.
Les événements de la Révolution de 1789 en firent un soldat, comme tant d'autres; et, le 22 juillet, quatorze jours après la prise delà Bastille, Vionnet s'enrôlait comme aspirant d'artillerie.
En 1792, il fut désigné par le Directoire du Doubs pour faire partie de la garde constitutionnelle de Louis XVI, mais le licenciement de ce corps de troupes, au mois de mai de cette même année, l'empêcha alors de partir pour Paris.
Nommé sous-lieutenant, le 5 août, et lieutenant, le 1^^ décembre de la même année, au 6® bataillon des volontaires du Doubs, il fut dirigé sur l'armée du Rhin, commandée, en 1792, parle vieux maréchal Luckner et par Biron.
En 1793, passant successivement- sous les ordres des généraux Desprès, Brassier, Custine
et Houchard, il fit d'abord partie de Tarmée du Haut-Rhin, ensuite de celle du Bas-Rhin, commandée, tour à tour, par Landremont, Beauharnais, Meunier, Michaud et Pichegru.
Les généraux en chef se succédaient rapidement, à cette époque de destitutions, de mises en Jugement et de guillotinades. (
En l'an II, c'est-à-dire dans les trois derniers mois de 1793, et en Tan III, le 6*^ bataillon du Doubs faisait partie de Tarméo de Rhin-et- Moselle, commandée par Hoche; puis, de Tarmée du Rhin, sous les ordres de Michaud et de Pichegru.
Le 13 octobre 1793 {22 vendémiaire an II), le lieutenant Vionnet se distingua à la défense et à la reprise des fameuses lignes de Wissembourg; suivant le rapport qui fut adressé au ministre de la guerre, il traversa avec deux pièces de canon toute Tarmée ennemie, placée au village de Stemfeldt. Le 4 thermidor an II (22 juillet 1794), Tépaulette de capitaine de canonniers à la 170* demi-brigade venait récompenser les services de Vionnet. Désigné pour faire partie de l'armée des Alpes, commandée par Kellermann, en l'an IV (1796), puis de larmée d'Italie, sous les ordres de Bonaparte, il fut blessé d'un coup de feu à la jambe gauche, à TafiTaire de Brentino, devant Rivoli, le 11 thermidor an IV (29 juillet 1796).
Ce jour-là, tous les canonniers qu'il commandait ayant été tués ou blessés, il continua, quoique blessé lui-même, à manœuvrer avec un caporal seulement, pendant plus de deux heures, son unique pièce de canon, et pointait si juste que chaque coup emportait une file de Tennemi auquel il démonta deux pièces. Quoiqu'il fût corné de toutes parts, la position qu'il occupait ne fut abandonnée qu'après qu'il eut brûlé sa dernière charge.
Passé, comme capitaine de grenadiers, dans la 12® demi-brigade de ligne, le 1^^ octobre 1798 (10 vendémiaire an VIT), il fit la campagne de Rome, en Tan VI, avec le général Saint-Cyr, et celle de Naples, en l'an VII, sous les ordres des généraux Championnet et Macdonald.
A l'affaire de Tyano, dans le royaume des Deux-Siciles, à la tète de 22 grenadiers, il emporta d'assaut le couvent de Saint-Antoine, bâti sur une montagne défendue par 300 hommes.
A la prise de Naples, il commandait les six compagnies de grenadiers qui traversèrent toute la ville, sous un feu très meurtrier, et entra le premier dans le fort de Saint-Elme.
A l'affaire de Modène, il fit un colonel et six hommes prisonniers de guerre.
A la retraite de Plaisance, après la bataille de la Trebbîa,il défendit pendant plus d'une heure,
avec sa compagnie, seule, contre toute Tavantgarde ennemie, le passage d'un pont; ce qui donna à notre armée le temp^ de se rallier.
Le capitaine Vionnet combattit encore a Novi, le 15 août 1799; il y fut blessé de deux coups de feu à la main gaucho et à la poitrine.
Après Marengo, où il combattit avec sa bravoure habituelle, il fit la campagne des Grisons, en l'an IX, sous les ordres do Macdonald. A Taffairo de Coire, le 2Q novembre 1800, il fut, de nouveau, blessé d'un coup do baïonnette au côté droit.
Le Premier Consul lui décerna, en récompense de son courage^ un sabre d'honneur, le 20 septembre 1802 (troisième jour complémentaire, an TX); et lors de l'institution de la Légion d'honneur, le capitaine Vionnet fut promu officier de l'Ordre, le 14 juin 1804 (25 prairial an XII).
Il servit au camp do Bru^cs^ en 1804 et 1805, et fit avec la Grande Armée, dans les rangs du 12^ de ligne, la campagne d'Ulm et d'Austerlitz.
Le 1^'' mai 180^s il entrait, comme capitaine de grenadiers à pied, dans la garde impériale, et faisait avec cette troupe d'élite les campagnes de Prusse et de Pologne, en 1806 et 1807.
Employé à l'armée d'Espagne en 1808, il passa avec son grade dans le 1^'" réG;iment de tirail-
leurs-grenadiers, le 1®^' février 1808; et, ce jourlà même, fut doté par l'Empereur d'une inscription de mille francs de rente sur le Monte Napoléone, en récompense de ses services dans les campagnes d'Ulm, d'Austerlitz et de Friedland.
La Garde quitta l'Espagne en 1809, pour aller faire la campagne d'Autriche; et, le jour de la bataille de Wagram, le 6 juillet, Vionnet était nommé chef de bataillon aux fusiliers-grenadiers. C'est en cette qualité qu'il prit part aux campagnes de 1810, 1811 et à une partie de celle de 1812, en Espagne, avec le corps de la Garde impériale, commandé par le général Dorsenne.
Il fut rappelé d'Espagne pour faire l'expédition de Russie et reçut doux fortes contusions, l'une à la jambe gauche et l'autre au côté droit, pendant le combat de Krasnoé.
Après la retraite de Moscou, il passa, comme chef de bataillon, dans le 2^ régiment de grenadiers à pied (Vieille-Garde), le 8 avril 1813, et y fut promu au grade de colonel-major, le 14 du même mois.
Le 26 août suivant, à la bataille de Dresde, il fut blessé de deux coups de feu et do doux coups de mitraille.
L'Empcreur'le nomma chevalier de la Couronne •de fer, le 30 du même mois, et lui octroya lo titre
de baron de TEmpire (baroa de Maringoné), le 14 septembre suivant.
Le 16 octobre 1813, à la bataille de VVachau, il fut atteint, de nouveau, d'un coup de feu au bras droit, et reçut^ quelques semaines après, \e2:i novembre suivant, la croix de commandeur de la Légion d'honneur.
Il revint en France après la bataille de Hanau, et fit, en Belgique et en Flandre, la campagne de 1814, dans le corps commandé par le général Maison.
Telle fut, en résumé, l'existence militaire de Vionnet pendant les guerres de la première République et de l'Empire.
Elle a été véritablement glorieuse; et ce soldat qui avait troqué contre un sabre l'abécédaire de l'instituteur communal, ce paysan arraché au minerai qu'il exploitait, devenu baron, pouvait, à juste titre, revendiquer, pour sa part, le droit de porter haut et fier le titre et les décorations que l'Empereur lui avait accordés en récompense de ses bons services.
Assurément, son avancement n'avait pas été rapide; il a dû voir, avec chagrin, les épaulettes de colonel et les étoiles de brigadier ou de divisionnaire, données, dans les derniers temps surtout, à quelques beaux fils des états-majors de l'Empereur ou de Berthier ; à certains privilé-
giés, aides*de-camp ou officiers d'ordonnance, poussés aux plus hauts grades, grâce à leur intimité avec certaines princesses de la fan^ille impériale ; mais on lui avait rendu justice dans la campagne de Saxe ; et, se souvenant de son origine plébéienne, tout faisait croire que l'ancien capitaine de grenadiers de la Vieille-Garde serait resté fidèle à son Empereur, à sa cocarde tricolore et à ses idées de volontaire de 1792. Il n'en fut rien. Aussitôt que l'abdication de Napoléon fut connue, le colonel Vionnet s'empressa d'envoyer son adhésion au gouvernement provisoire. Il fit prendre la cocarde blanche à son régiment, et avec les autres colonels du corps d'armée dont il faisait partie, il alla recevoir, à Calais, soa nouveau maître, le roi Louis XVIII. a Messieurs y je vous fait tous maréchaux de camp », telle fut la première parole du nouveau souverain s, ces hommes qu'une simple visite élevait subitement d'un grade dans la hiérarchie militaire.
Malgré ses actions d'éclat, Vionnet avait été confiné, pendant douze ans, dans le grade de capitaine. Au bout d'un an à peine, il changeait ses épaulettes de colonel contre l'habit brodé dégénérai; le régime lui a semblé bon, il s'y est tenu depuis lors.
Mis en non activité, le P^ septembre 1814, il fut créé chevalier de St- Louis, le 17 du même mois.
Le 9 février 1815, il épousa, à Neuilly-sur- Seine, M"® de Beuzelin, fille d'un ancien officier de marine, propriétaire du château des Ternes, magnifique propriété qui s'élevait sur l'emplacement occupé aujourd'hui par Téglise Saint-Ferdinand des Ternes et les rues environnantes.
Le retour de Napoléon vint le surprendre en pleine lune de miel; ses nouvelles convictions royalistes aidant, il refusa énergiquement de reprendre du service pendant Les Cent Jours; il n*a pas compris que sa place était à la frontière menacée de nouveau par un million d'étrangers; il n'a pas, il est vrai, comme Bourmont et Clouet, déserté en face de l'ennemi ; il n'a pas, comme Reiset, suivi fidèlement Louis XVIII à Gand, mais il n'a pas voulu non plus, comme Ney, Pajol, Letort, Duhosme, Kellermann, Milhaud, Gérard, Reille, Vandamme et k)us les autres héros de Ligny et de Waterloo, se trouver au dernier rendez-vous do l'honneur et du patriotisme.
Il a voulu se ménager pour l'avenir, il prévoyait le retour dos Bourbons, pressentait l'impossibilité pour l'Empereur de lutter contre les forces coalisées do l'Europe entière; et il est resté tranquillement dans son château des Ternes, pendant qu'au milieu de l'armée en déroute, tandis que les tambours battaient la Grenadière, ses
anciens soldats criaient aux Anglais : « La garde meurt et ne se rend pas! »
Après la seconde abdication, pendant les quelques jours d'interrègne dans Paris, en juillet 1815, tandis que Carnot se lamentait de son impuissance, que Davout hésitait sur le parti à prendre envers Blûcher qu'il pouvait écraser avec los forces dont il disposait; pendant que Fouché intriguait, le général Vionnet tenta, avec quelques autres royalistes, une démonstration qui faillit lui coûter cher.
Revêtu de son uniforme, la cocarde blanche au chapeau, il marchait à leur tête, parcourant la ville en criant : « Vivent les Bourbons! Vive Louis XVIII ! y> et en engageant les passants et les soldats isolés qu'ils rencontraient aies imiter.
Le hasard les fit se croiser avec un groupe de gardes nationaux fédérés qui, furieux du désastre de la patrie, loin de partager les vues des royalistes, se jetèrent à bras raccourcis sur eux, les dispersèrent et, se saisissant du général Vionnet, qui semblait le chef des manifestants, se disposaient à le pendre à un réverbère, quand la force armée vint, avec peine, Tarracher de leurs mains.
Pour le récompenser de son dévouement de fraîche date, la Restauration le nomma commandant du département du Rhône, le 15 novembre
1815. Il fut compromis dans les accusations de cruauté portées, contre le général Canuel. lors de la répression des troubles du Lyonnais et du Dauphiné, de 1815 à 1817.
Il existe, aux Archives de la commune des Longevilles, son pays natal, une notice écrite par lui sur les événements auxquels il a été mêlé à cette époque. Elle est très intéressante à consulter, ^r elle établit réellement le rôle qu'il a joué à Lyon au milieu des cruelles répressions de cette époque néfaste. (V. la Curiosité Militaire 1899)^
Par suite de l'ordonnance qui supprimait une partie des états- majors, le général Vionnet fut privé de son emploi et mis en non-activité, le l^'" avril 1817.
Trois ans plus tard, il fut désigné, le 1^^ avril 1820, pour le commandement de la 3® subdivision de la 7® division militaire (département 'des Hautes -Alpes), et passa à la 1^"® subdivision (département de la Drôme), le 6 juin 1821.
Comme tant d'autres anoblis du premier Empire, il éprouva alors le besoin d'un titre moins peuple que celui dont l'avait gratifié Napoléon.
Il y avait encore, à cette époque, tant de barons que tous ne demandaient qu'à ne plus l'être, et le titre de vicomte de Maringoné, octroyé au général Vionnet, par ordonnance royale, en date du 17 août 1822, vint mettre le comble au bonheur
du pauvre petit mineur des Longevilles, de l'ancien instituteur de Métabief.
Ce qui donne une singulière idée de l'état d*âme du nouveau vicomte, c'est la lecture de différentes lettres qu'il écrivit à cette époque à ceux qui lui firent obtenir cette faveur.
Il insiste à plusieurs reprises pour que, dans ses lettres patentes, on omette complètement son véritable nom, Vionnet ; il semble honteux de ravoir porté jusqu'au moment où l'Empereur a fait de lui un baron; il rougit d'être le fils d'un pauvre paysan et demande en vain, du reste, qu'il ne soit question que du baron de Maringoné sur. le parchemin qui le range parmi les privilégiés de l'Armoriai de France.
Le 13 février 1823, il fut désigné pour commander une brigade dans le 4^ corps de l'armée des Pyrénées, et fit, en cette qualité, la campagne d'Espagne.
Nommé lieutenant-général, le 3 octobre de la même année, il prit le commandement de l'armée de Catalogne. Le 6 novembre, il s'empara, sous les ordres du maréchal Moncey, de Puycerda, et entra, sans coup férir, dans Figuières. L'ordre du jour, à la suite des affaires de Lhaïo et de Lhiéri, en Catalogne, porte que le général de Maringoné a eu la part principale de ce qui s'y est fait de distingué en ces circonstances.
Grand-croix de Tordre de Saint-Ferdinand d'Espagne, le 23 novembre 1823, il fut mis en disponibilité, le 22 septembre 1824, et resta dans cette situation jusqu'en 1831, époque à laquelle il fut admis à la retraite. Il mourut à Paris, sans laisser de postérité directe, le 29 octobre 1834 ; sa veuve lui a survécu pendant quelques années.
Telle fut l'existence du soldat écrivain dont le lecteur appréciera, comme il mérite de l'être, nous n'en doutons pas, ce fragment de mémoires qu'une bonne fortune a sauvé de l'oubli.
Rodolphe VAGNAIR
Février 1899