OBSERVATIONS SUPPLÉMENTAIRES
Pendant l'impression des feuilles qui précèdent, nous avons reçu des renseignements dont il est juste de tenir compte. Dans notre Rapport sur la guerre d'Amérique, publié au printemps dernier, nous avions déjà (pages 1 01 et 1 02) produit la remarque qui fait le fond de notre Observation des pages 5 et 6 du présent volume ; c'est-à-dire que les armées fédérales de l'ouest, en laissant Beauregard s'éclipser de Corinthe, avaient contribué à l'échec de l'armée du Potomac devant Richinond. Le traducteur de notre Rapport, M. le colonel Nager, adjudant général ad intérim du général Halleck , a relevé cette remarque dans les termes suivants : « L'auteur « est naturellement tombé dans cette erreur par l'opinion généra- « lement répandue à ce moment. Il est aujourd'hui reconnu que « très-peu de renforts {that no reinforcement except a few fragments) « furent envoyés à Richmond par cette armée (Beauregard) après « son évacuation de Corinthe, ce que la nature boisée et maréca- « geuse de la contrée rendit impossible de prévenir. Corinthe fut « occupée par les fédéraux immédiatement sur les talons de l'en- « nemi , qui fut poursuivi aussi vivement que les routes et les ponts « de bois le permirent. »
Nous dirons à notre tour que les explications de M. Nager sont loin de détruire notre observation, et qu'elles ne font tout au plus que l'atténuer dans une mesure que chacun appréciera. Notre annotateur reconnaît lui-même que des troupes de Beauregard rejoignirent Richmond, et l'on sait qu'il s'en trouvait aux batailles des Sept-Jours, sur le Chickahorainy ; mais il ajoute qu'il n'y en eut que très-peu (a few fragments). Reste à savoir en quoi consista ce trèspeu, dans lequel se trouvait le général Beauregard lui-même. Les uns ont dit une vingtaine de mille, les autres deux à trois mille hommes. Si peu qu'il y en eut, du moment que l'armée du Potomac ne reçut pas de renforts correspondants des armées de l'ouest ,
n'eston pas en droit de dire que celles-ci n'aidèrent pas à la tâche de la première autant qu'elles l'auraient dû ? (p. l.)
En complément de ce que nous avons dit aux pages 45, 46 et 47 du présent volume sur les positions et les effectifs des sécessionnistes en avant du Potomac, nous ajouterons qu'un rapport remis au général Mac Clellan par le comte de Paris, le 24 février 486*, les indiquait comme suit :
Division Holmes, sur le Potomac, de Fredericksburg à Dum-
fries 4 2,000 hommes.
Division Withing, de Dumfries à l'Ocoquan. 6,000 —
Une division sur l'Ocoquan 40,000 —
Une brigade autour de Nanassas 3,000 —
Division Smith entre Manassas et L'nion-Mills. . 17,000 —
Une brigade de cavalerie au pont de Bull-Run. . 3,000 —
Une division (Longstreet?) à Centreville 44,000 —
Brigade Hill à Leesburg 6,000 —
Total, en nombre rond 70,000 hommes.
De plus, division Jackson à Winchester. 42 à 48,000 —
Cela donne, y compris ce dernier, 80 à 90,000 hommes à l'armée confédérée; ce qui a été reconnu depuis a confirmé à peu près ce chiffre, (f. l.)