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à évacuer Dresde, mais à condition que ses troupes seraient ramenées en France. Ses 30 000 soldats avaient à peine déposé leurs armes (11 novembre) que le général autrichien Klenau les déclarait eux et leur chef prisonniers de guerre. Il n'y avait plus contre la France de justice, ni même d'honnêteté !
Les 26000 hommes enfermés à Torgau avec Narbonne éprouvèrent le même sort. Ils avaient d'abord essayé de résister, mais le typhus les décima, et les assiégeants n'eurent plus qu'à laisser agir le fléau. Les défenseurs de la place la rendirent à condition de rentrer en France. On le leur promit (26 décembre), mais la capitulation fut encore violée.
Lapoype à Wittemberg et Lemarois à Magdebourg s'étaient enfermés dans les forteresses dont la garde leur avait été confiée. Ils n'auraient pu être contraints à en sortir que dans l'intérêt d'une grande concentration, qui ne leur fut pas demandée r aussi se contentèrent-ils de défendre ces deux places jusqu'au moment où la faim et les maladies les contraignirent à en ouvrir les portes (13 janvier 1814).
A Hambourg se trouvait Davout, que les inexplicables défiances de Napoléon avaient relégué dans ce poste secondaire, au grand détriment des opérations générales. Il s'était enfermé dans cette place au lendemain de nos désastres, et y avait rapidement concentré une armée de 40000 hommes, à la tête desquels il soutint pendant plusieurs mois un siège ou plutôt une véritable campagne défensive. Séparé de la France et fermement résolu à être le dernier des généraux français qui rendrait son épée aux alliés^ il tint glorieusement cette parole.
Sur rOder, Grandeau à Stettin,. Ravier à Damm, Fournier d'Albe à Custrin, Laplace à Glogau ne luttaient que pour l'honneur du drapeau, car ils se savaient abandonnés et n'ignoraient pas que Tennemi ne consentirait jamais à les laisser rejoindre en France leurs compagnons d'armes. Au moins voulaient-ils jusqu'au dernier moment tenir haut et ferme le drapeau de la France en pleine Allemagne. Stettin n'ouvrit ses portes que le 5 décembre 1813, après neuf mois de blocus. Custrin ne capitula que le 30 mars et Glogau* que le 10 avril 1814.
Dans le bassin de la Yistule Zamosç et Modiin s'étaient rendues le
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22 et le 35 décembre. La défense de Danzig fut mémorable. Rapp s'était enfermé dans la place en décembre i812, avec environ 40 000 hommes, dont la plupart avaient rapporté de Russie une fièvre spéciale, dite de congélation, qui enleva rapidement plusieurs milliers d'entre eux. Il avait à sa disposition les immenses approvisionnements qui avaient été accumulés pour la campagne de Russie et étaient restés dans les magasins faute de transports. Aussi n'avaitil rien & craindre de la famine. Les Prussiens et \e^ Russes tenaient à Danzig. Ils^en attaquèrent avec fureur les ouvrages, mais furent constamment repoussés. Désespérant de s'en rendre maitres, ils se contentèrent de bombarder la place. Tout le mois d'octobre 1813 fut employé sans relâche et sans pitié à cette terrible exécution. Les alliés dirigeaient leurs feux surtout contre les amas de bois que contenaient les chantiers de la ville. D'efTroyables incendies avaient éclaté, mais nos soldats, qui, depuis plusieurs semaines, vivaient sous un orage de fer et de feu, ne pensaient pas pour autant à se rendre, et leur chef intrépide, confiant dans l'avenir, repoussait toutes les sommations, déclarant qu'il ne capitulerait que sur un ordre écrit de l'Empereur, ou quand l'ennemi serait entré par la brèche. Il ne consentit à ouvrir les portes de la ville que le 29 décembre 1813, et avec les mêmes conditions qu'à Dresde. Cette fois encore la capitulation fut indignement violée et la garnison déclarée prisonnière de guerre.
Notre drapeau ne flotta bientôt plus que sur quelques postes isolés et à Hambourg, où Davout, à force d'énergie, parvint à se maintenir. C'est ainsi que furent annihilés ou disparurent les uns après les autres ces 180000 incomparables soldats, qui auraient défendu victorieusement la frontière du Rhin et repoussé l'invasion.
L'invasion! tel était le triste résultat de tant de batailles 1 Repousses de défaite en défaite de la Yistule au Rhin, les Français se trouvaient acculés à leur frontière. Ils avaient été lés maitres de l'Europe, et voici que les souverains de l'Europe, coalisés contre eux, leur reportaient la terreur et les humiliations^ dont ils avaient été abreuvés. Tant il est vrai que, tôt ou tard, la justice immanente des choses finit par exercer ses droits
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