‹ CampanellaChapitre 104 sur 300 · Phil. rat., Logica, p. 10, cap. II, art. IV · texte numérisé non relu

Phil. rat., Logica, p. 10, cap. II, art. IV

3. 0. c, p. 490. — Cf. Cyprianus, Vita et Philosophia Th. Campanellae, Amstelodami, 1705 ; — p. 54-88.

a. Pourtant M. Dejob (art. cit., p. 135) écrit : « Dominicain, il [Campanella] laissait en paix la méthode syllogistique ».

homme est grammairien^ ». Voilà le syllogisme véritablement utile parce qu'il se confond avec la sensation et relève avec elle Je l'invention et non de l'enseignement 2. Il est le vrai fondement du syllogisme intellectif (syllogismus intellectivus) qui a trait plutôt à l'art didactique, et dont le moyen terme, étant universel, se constitue par la réunion de termes singuliers ^. Assemblons plusieurs syllogismes fondés sur la sensation, et nous aurons un syllogisme intellectif.

La déduction ne prouve donc rien qu'une induction antérieure n'ait déjà démontré. Mais la théorie de l'induction de Campanella se cantonne dans les limites du plus étroit empirisme. Il ne fait pas la théorie du raisonnement expérimental nouveau, par l'usage duquel son contemporain et ami Galilée inaugurait la véritable science physique. Il se contente d'assimiler toute généralisation à une accumulation d'exemples particuliers *, et, quand il dépasse cette position, c'est pour ouvrir la voie à une dangereuse méthode de raisonnement par analogie. Le doute classique sur la possibilité de l'induction complète l'a touché lui aussi : il reconnaît impossible l'énumération exhaustive de tous les cas singuliers ^, mais qu'importe, si entre tous ces cas on a constaté une ressemblance essentielle ^ ? — La force probante du syllogisme lui vient précisément de la similitude complète qui existe entre le moyen terme et les deux autres termes ^, et cette similitude suffira aussi dans l'induction. Mais comment y reconnaîtra-t-on une similitude d'essence ? Campanella ne le dit pas. Le raisonnement toutefois n'est source de découverte et de progrès qu'à condition qu'on puisse affirmer d'un semblable ce qui est vrai de son semblable. La science pourra ainsi se mouvoir fort à l'aise dans le domaine illimité des analogies ; les inductions les plus auda-

i. Phil. rat., Logica, p. 365.

Page 1