‹ CampanellaChapitre 103 sur 300 · Met., pars I, p. 332, lib. IV, cap. I, art. III · texte numérisé non relu

Met., pars I, p. 332, lib. IV, cap. I, art. III

nous verrons que Campanella n'attribue en réalité au syllogisme aucun rôle véritablement important.

Les principes du syllogisme sont des propositions universelles, synthèses de propositions singulières connues par induction, c'est-à-dire par l'expérience des sens ^ C'est donc l'induction, conçue comme une accumulation d'exemples particuliers, qui est le véritable nerf de la méthode scientifique. C'est seulement dans la théologie que l'autorité divine de la révélation impose l'adoption de prémisses non prouvées par l'expérience. Dans la logique, qui a pour but l'enseignement, le syllogisme est en grand honneur ^. En est-il de même dans les sciences d'invention .^ « Toutes les preuves faites par des définitions aristotéliciennes et mathématiques, constituées à l'aide de la seule cause formelle, sont, écrit Campanella, de fallacieuses pétitions de principe, et non des démonstrations, sinon pour les élèves ^ » . Et il dit encore : « La preuve qui va de l'universel au particulier pèche par le même défaut. Si en effet je nie que Pierrre soit un animal, c'est en vain qu'on avancera que tout homme est un animal, et que par suite Pierre est un animal. Il faut donc prouver cette proposition : tout homme est un animal, par l'induction. Il n'y a donc pas une seule démonstration aristotélicienne au monde qui soit autre chose qu'une explication à des élèves* ».

La netteté de ces passages ne laisse rien à désirer ^. Mais ailleurs Campanella précise sa pensée sur la fonction du syllogisme. Toute démonstration peut se mettre sous la forme syllogistique. Il y a un syllogisme fondé sur la sensation {syllogismm sensatus). C'est une exposition, une analyse de la perception. On peut l'appeler une « indication » (indicatio). Il a pour moyen terme un pronom démonstratif ou personnel : « Cet homme est Pierre, cet homme court, donc Pierre court ; je suis quelque homme, je suis grammairien, donc quelque

1. 0. c, pars I, p. 33S ; — Phil. rat., Logica, p. 367, p. 400.

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