Op. cit.. p. 614 : De podagrâ ; — p. 208 : Paragr. III
4. Agrippa, De occulta philosophia, lib. I, cap. XV, op. cit., t. I, p. 24 et 25 : Quomodo debemus investigare et experiri virtutes rerum, per viam sumplam a similitudine.
ii. Astrologicorum libri septem, Francofurti, 1630. — Voir le livre VII : De fato siderali vitando. — 3. De sensu, 1637, lib. IV, cap. XIII, p. 186, cap. XIV, p. 188.
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crocosme » pour étudier à travers lui le « microcosme », c'est-à-dire l'homme, ou bien on ira au contraire du « microcosme » au « macrocosme », c'est-à-dire au monde extérieur. Les deux voies sont ouvertes à la philosophie occulte. La première est celle de l'expérience sensible; la seconde, qui paraît être celle de la psychologie, est en réalité à cette époque celle de la métaphysique et de la théosophie, car dans le monde l'œuvre la plus parfaite réalisée par le Créateur, c'est l'homme, mais dans l'homme c'est la raison intuitive. Laquelle de ces deux voies est préférable à l'autre ?
Paracelse dit avec toute la netteté désirable que c'est la première. Le microcosme en effet ou monde intérieur demeure obscur et caché. Le monde extérieur au contraire est visible et tangible, en sorte que l'étude de l'homme ne saurait précéder celle des éléments et des corps célestes ^ De même, pour Campanella, la pensée de Dieu est inscrite dans le monde, et il est nécessaire de la déchiffrer tout d'abord par l'étude de la nature 2. — Pourtant, puisque le monde intérieur contient tout ce qui existe dans l'univers, ne suffit-il pas à l'homme de se connaître lui-même ? « En se connaissant luimême, écrit Agrippa, il connaîtra en lui-même toute chose, d'abord et surtout Dieu, à l'image de qui il a été fait, puis le monde dont il porte en lui la représentation ; il connaîtra toutes les créatures avec lesquelles il a des rapports symboliques, et tout le secours qu'il peut attendre et obtenir des pierres, des plantes, des animaux, des éléments, des cieux, des démons et des anges ; et il saura comment adapter chaque chose à chaque chose dans les conditions appropriées de lieu, de temps, d'ordre, de proportion, et de mesure, et comment les attirer à soi, de la même façon que l'aimant attire le fer...
i. Paracelse, op. cit., p. 632, De colicâ : Porro autem macrocosmus visibilis est, non itidem Microcosmns... Caetera enim in nobis abscondita latent... [En marge : Microcoxmus ex Macrocosmo noscendus]. — Op. cit., p. 226 : Externa aiitem philosophia ex speculatione nuUa erumpit, sed ex homine externo omnino progignitur, docctque ac monstrat quid homo interior sit.
2. De sensu, 1637, lib, II, cap. XXXII : In superioribus sermonibus jam diximus quidquid intra se homo continet, imitatione ab eo foras exprimi, ac operae pretium esse philosophari ex actibus exterioribus ad interiores. —
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Plus grande sera en chacun la connaissance qu'il aura de luimême, plus grandes et plus admirables seront ses œuvres ; sa perfection est en fin de compte si élevée, qu'il devient vraiment fils de Dieu ^ ». Telle est la méthode, telle est la voie mystique indiquée par Agrippa. De ces deux tendances de la philosophie occulte, laquelle prédomine dans l'œuvre de Campanella ?
Tout d'abord aucune connaissance ne paraît plus obscure à notre philosophe que la conscience que l'âme a d'elle-même ; si l'esprit peut connaître quelque chose de sa nature propre, c'est d'une manière « réflexe », en se regardant dans le miroir du monde extérieur et des opérations qu'il exécute sur les êtres de ce monde ^. Plus tard cependant, et dès qu'il aperçut les contradictions inhérentes à la doctrine de la connaissance empruntée à Télésio, Campanella reconnut et affirma la primauté de la conscience de soi sur toute autre forme du savoir, de l'âme sur toute autre existence'. La direction de de ce mouvement de l'esprit, de ce développement progressif de l'être qui est pour lui à la fois science, activité, religion, est alors profondément modifiée : le chemin le plus court pour aller à Dieu n'est plus alors l'étude du monde extérieur, c'est le repliement de l'âme sur elle-même, la communication directe avec la divinité par l'extase, la réception en soi des dons vivifiants de l'Esprit *. Or, que dans la pensée de notre philosophe la connaissance intuitive de Dieu, qui est la révélation de la véritable vie religieuse, confère aussi à l'homme la science la plus haute et le vrai pouvoir sur les choses, c'est ce dont on ne peut douter si on se rappelle l'énergie persévérante avec laquelle, malgré l'échec de sa tentative de 1599, il affirme, du fond de sa prison, l'authenticité et la sublime origine de sa vocation de prophète et de thaumaturge, méconnue par les puissants de la terre. — En lui le sentiment religieux s'allie d'une manière singulière à l'idée de l'immanence, grâce à la conception d'un Dieu intérieur aux choses qui se révèle à l'homme tantôt directement, par une
1. Agrippa, De occulta philosophia, lib. III, cap. 36, op. cit., t. I, p. 332.