Op. cit., p. 24, lib. I, cap. V
3. Op. cit., p. 1. — P. 330 : N'am sicuti imago Dei mundus est, sic imago mundi homo est. — P. 331 : Homo itaque aller mundus vocatus est et altéra Dei imago quia in seipso habet totum quod in majore mundo continetur, ut nihil relictum sit quod ipsum non et vere et realiter in ipso homine reperiatur. —
4 Uet., pars II, p. 15b. 156, 248.
198 l'influence de la philosophie occulte
l'image directe de Dieu : il est l'image d'une image ^ Paracelse emploie les mêmes expressions. Si l'astronomie, étude du monde céleste, et la philosophie, étude du monde terrestre, c'est-à-dire des éléments, sont deux colonnes de la médecine, c'est parce que dans le monde intérieur de l'homme, objet de l'art médical, se reflète comme dans un miroir le monde des éléments, qui est lui-même le miroir du monde astral ^ : à chaque maladie correspond un métal, mais à chaque métal un astre '. Pour connaître un univers dont la loi est l'assimilation et la constante production des mêmes analogies, une seule méthode convient : le raisonnement qui conclut du semblable au semblable, et c'est en effet la méthode de la magie théorique et pratique. Agrippa en donne de nombreux exemples : ainsi le philtre tout indiqué pour provoquer l'amour se composera de la chair de tourterelles; pour accroître son courage et son audace, on se nourrira de viande de lion et de coq *. Campanella applique systématiquement ces procédés : c'est le principe de sa médecine (similia similihus servantur, contraria contrariis curantur), des préceptes de son astrologie pour conjurer le destin astral ^, des règles pratiques énumérées et proposées dans le De sensu rerum pour inspirer ou modifier les sentiments d'autrui, et en général pour employer à un usage magique les animaux, les plantes et les minéraux : « Contrariiim expellii contrarium, simile educit simile ® » .
Seulement, pour ce qui concerne la magie théorique, l'assimilation des êtres de la nature les uns aux autres peut se faire dans deux directions opposées : ou bien on partira du « ma-
1. Agrippa, op. cit., p. 330 : Hinc putant quidam dictum esse quod homo non simpliciter imago Dei creatus est, sed ad imaginem, quasi imaginis imago ; idcirco microcosmus dictus est, hoc est minor mundus. —
2. Paracelse, op. cit., t. I, liber paragranum, tract. I, p. 189.