Francesco Fiorentino, Porta, o. c, p. 267 et
204 l'influence de la philosophie occulte
à de grandes distances des objets très petits ^ C'est pourquoi il put, en 1612, revendiquer contre Galilée la priorité de la découverte de la lunette astronomique. Quelle que soit la vérité historique sur cette question très controversée ^, c'est déjà une preuve suffisante du caractère sérieux de ses recherches d'optique que le fait qu'il ait pu être considéré par des contemporains et par quelques historiens comme le promoteur d'une invention aussi importante et aussi féconde.
Quelle est maintenant la tendance philosophique qui s'affirme dans les livres de Porta ? C'est à l'empirisme qu'il déclare se rallier. Dans la Magie naturelle, sa principale préoccupation est de fournir le plus grand nombre possible de faits authentiques qui prouvent par l'expérience la possibilité des opérations magiques. Il ne veut pas qu'on tienne pour imaginaires des phénomènes parfaitement constatés sous prétexte qu'ils sont inexplicables, et il s'impose, dit-il, la condition de ne jamais parler que de ceux dont il a été le témoin, ou dont la vérité est, pour d'autres raisons, incontestable. Il se défie des savants qui en exigent une explication préalable et risquent ainsi de compromettre l'existence même de la science'. La nature nous offre le spectacle d'une foule de merveilles dont nos hypothèses ne peuvent rendre compte ^. La magie appelle occultes certaines propriétés des choses précisément parce que ces propriétés ne sont pas l'objet d'une science appuyée sur des démonstrations rigoureusement probantes ^. Il vaut donc mieux se borner à classer les phénomènes constatés en les réduisant à quelques types généraux tels que la sympathie et l'antipathie mutuelle des êtres®, les actions et les réactions réciproques des quatre éléments d'Aristote : la terre, l'eau, l'air et le feu ^ enfin les influences astra-