Ibidem
5. Ibidem : Occultae sunt, quia certis demonstrationibus sciri non possunt.
6. Op. cit., lib. I, cap. IX, p. 10 : De sympathia et antipathia. —
7. Op. cit., lib. I, cap. VI, p. 6 : De elementis et eorum virtutibus ; — cap. VII, p. 7 : De qualitatibus elementorum et eorum operationibus.
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les ^ qu'il est préférable pourtant de remplacer dans les explications par les qualités et les éléments constitutifs des corps ^. Campanella croit au contraire et soutient contre Porta qu'une explication générale et métaphysique de ces diverses sortes de phénomènes est possible. Tous en effet témoignent selon lui en faveur du panpsychisme ^, tous ont pour cause la correspondance rigoureuse des mouvements et des sensations ou autres états de conscience chez tous les êtres de l'univers. Au reste, et c'est la raison pour laquelle, malgré cette réserve théorique, il intègre à sa propre doctrine la magie de Giovanni Battista délia Porta, le philosophe de Stilo est loin de dédaigner l'esprit d'observation positive dont cette science est pénétrée. Lui-même affecte souvent un certain mépris pour les ratiocinations à perte de vue familières aux auteurs scolasliques de traités de physique, même lorsqu'il s'agit de faits dûment constatés, comme l'existence des antipodes : le raisonnement n'a que faire là où on dispose d'une preuve empirique, et Porta mérite d'être applaudi pour avoir rompu avec la vieille coutume des philosophes et des médecins de remplir leurs livres de dissertations rebattues sur le chaud et le froid, l'humide et le sec, et de livrer au public, au lieu des résultats de leurs expériences personnelles, les enseignements transmis par d'autres, mais résumés, ou amplifiés, ou présentés dans un ordre nouveau *. Par la prépondérance des préoccupations expérimentales, par la réaction contre la routine scolastique, la jnagie de Porta se soude naturellement à la physique de Télésio.
1. Op. cit., lib. I, cap. XV, p. 19 : ^4 coelo et sideribus vim nasci.
2. J. B. Portae Neapolitani Physiognomoniae coelesti^ libri sex, Rothomagi, Sumptibus loannis Berthelin Bibliopolae, p. 2 et 3 du « Prooemium ». —
3. De sensu, 1637, lib. IV, cap. I, p. 152 : Conatus est bis nihilominus studiosissimus Porta banc scientiam [magiam] revocare. Sed historiée tantuin, nullas praeclaras primasque reddendo dictorum suorum causas. Non enim ad sensum rerura, sed ad qualitates elementares, et vulgarem Astrologiam, et sympathias occultas et signaturas omnia refert. —
4. Phytognomonica lo. Baptistae Portae Neapolitani octo libris contenta, Rothomagi, 1650, Sumptibus loannis Berthelin, Bibliopolae ; — Prooemium, avant-dernière page.
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La fusion est d'autant plus complète que bien des idées directrices du physicien napolitain coïncident avec celles de Campanella. Sa méthode favorite, c'est l'emploi de la similitude, de l'analogie. L'attraction entre les semblables est la loi de l'univers physique \ et dès lors la chimie, la médecine, l'horticulture, toutes les sciences appliquées, doivent déduire de cette loi leurs préceptes généraux et particuliers. Les plantes douées de longévité sont favorables à la vie des animaux ; les plantes nées de putréfactions lui sont au contraire nuisibles ; les plantes exsudantes provoquent des sueurs 2. Les alchimistes tenteraient vainement de transformer l'un en l'autre deux corps trop dissemblables d'aspect et de propriétés '. Les sciences théoriques ne procèdent pas autrement que les sciences appliquées. L'interprétation des songes par exemple est fondée sur l'analogie : ainsi dans le songe de Pénélope, la vision de l'aigle tuant les oies domestiques annonçait le retour d'Ulysse et le meurtre des prétendants *.
En fin de compte, la magie repose donc sur des inductions dont le point de départ est la similitude de l'aspect et des propriétés externes des êtres, et le point d'arrivée l'identification de leurs propriétés internes, vitales ou spirituelles. L'extérieur y révèle l'intérieur. S'il s'agit des plantes, la science magique consiste dans la « Phytognomonie » qui se sert des signes fixes ou mobiles constatés dans les végétaux : racines, graines, fleurs, odeurs, saveurs, couleurs, formes, pour déceler leurs vertus internes : les lois de leur germination, de leur génération, leurs conditions d'existence et de reproduction, justement appelées leurs qualités et leurs vices 5. Appliquée aux animaux et surtout aux hommes, cette science prend le nom de « Physiognomonie » ; elle étudie la dépendance réciproque de l'âme et du corps, l'étroite connexion des sentiments et des idées avec les formes, les traits.
1. Op. cit., lib. I, cap. VIII, p. 15 ; — Magia naturaîis, éd. de 1560, lib. I, cap. XIV, p. 17 : De rerum similitudine .