I. — La magie naturelle et l'idée de miracle
CHEZ LES PRÉDÉCESSEURS DE CaMPANELLA
C'est par l'exclusion du miracle que la conception de la magie, telle que nous la rencontrons chez les philosophes du XVP siècle, se présente sous l'aspect le plus intéressant. Ici encore, comme dans la théorie de la connaissance et dans la morale, c'est Pomponace, devancé il est vrai à certains égards par Pietro d'Abano, Cecco d'Ascoli, et les penseurs padouans du XrV^ siècle, qui se montre le véritable initiateur.
Jamais en effet la négation de l'intervention transcendante de Dieu ou des esprits dans le cours immuablement réglé des phénomènes naturels n'a été plus hardiment formulée que dans le De Incantatiombus ^ Beaucoup de prétendus miracles ne sont pour Pomponace que des tours de prestidigitateur. D'autres ne correspondent à aucun fait réel, mais seulement à des illusions de l'imagination 2. Enfin ceux qui sont vraiment authentiques s'expliquent par le seul jeu des forces naturelles. Leurs causes sont alors l'influence toute puissante des constellations, et l'action exercée par l'esprit vital et par les images sur les mouvements de l'organisme *.
1. Pétri Pomponatii De iiaturalium effectuum admirandorum causis, seu De Incaniationibus liber, Basilae, ex officina Henricpetrina, MDLXYII. — L'ouvrage est de 1520. — Sur Cecco d'Ascoli et Pietro d'Abano, voir Mabilleau, o. c, p. 92, 93, 111, et surtout p. 255 sqq. — Cf. Francesco Fiorentino, Pietro Pomponazzi, cap. XIII, XIV et XV. —