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Disput., Physiol. epilog., cap. XIII, art. Y, p

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Il en est de même, d'autre part, de l 'affirmation de Dieu, encore que le lien soit ici moins étroit. En magnifiant la puissance de la connaissance discursive, Campanella a réintégré dans ses droits la raison, qui n'est pas, dit-il, un « être de raison » ^ Les exigences du principe de causalité ec du principe de finalité peuvent donc avoir leur plein effet. Il est clair que toute la philosophie naturelle du De sensu rerum et magiâ donne leur sens complet et profond aux preuves tirées de l'harmonie du ciel et des éléments, de la vie universelle, et du merveilleux consensus des parties dans les organismes. Seulement la divinité dont l'existence est ainsi démontrée a bien des chances d'être une divinité intérieure aux choses, qui anime le monde du dedans ^, et « meut toutes choses plus intimement, plus savamment, plus efficacement que l'âme ne meut notre corps et nos pieds » '. Campanella a donc grand'peine à se dégager du panthéisme naturaliste des stoïciens. Il tente d'y parvenir en distinguant Dieu de l'Ame du Monde, qui n'est, dit-il, que le premier instrument du Créateur, et aussi en restaurant dans son système, à l'exemple de Nicolas de Cusa et de Giordano Bruno, un peu de la -transcendance néo-platonicienne : si Dieu n'est pas circonscrit dans les limites de l'univers, c'est à cause de son infinité même ; il ne peut pas y avoir d'infini corporel, ni môme d'infini spatial ; l'Etre infini est donc transcendant au monde créé. Il l'est même à certains égards à notre âme : sinon elle n'aurait pas oublié son origine, et elle ne se connaîtrait pas d'une connaissance aussi confuse et aussi cachée (cognitio abdita).

A vrai dire. Dieu est à la fois transcendant et immanent,

i. Met., lib. V, cap. I, art. IV, pars 1, p. S44 : Ratio non est ens rationis, sed rei.

2. Met., pars II, p. 144, lib. VII, cap. V, art. V : Deus enira cuilibet enti intimus est, sed latet. — Met., pars II, p. 243. lib. .K, cap. 1. art. III : Quod etiam sit [Deus] intimius nobis quam nos nobis etiam secundum mentem [praeponamiis], si qnidem et spatium ipsum intimius est corpori quam corpus sibi.

3. Ath. tr., 1636, cap. III, p. 27 : Et vidi qualiter Deus cum sit intrinsecus ipsis rébus, non autem extrinsecus, sicut Faber, hos actua dédit non manibtis et violentia, sed virtute quam influit rébus quibus internus est. Movetque omnia majori intimitate, et magisterio et virtute quam anima movet pedem nostrum et brachium, et totam humanam statuam.

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et il ne peut pas en être autrement, puisque l'univers est le produit d'une synthèse mystérieuse de l'être et du non-être. A ce double aspect de la nature divine correspondent aussi deux voies différentes que l'homme peut suivre pour atteindre l'Etre absolu : il découvre Dieu dans la nature, par la contemplation de ses œuvres, et en lui-même, dans son âme immatérielle, qui est transcendante par rapport aux éléments, et qui pénètre immédiatement par l'extase dans le monde « archétype ». Quel que soit cependant le chemin que nous ayons suivi, c'est toujours le même Dieu qui se révèle à notre intelligence : en lui nous reconnaissons la Puissance infinie, la Sagesse infinie, et l'Amour infini, l'essence dont dérivent toutes les essences, l'existence qui est la source de toutes les existences, l'Etre enfin qui est éminemment, en tant que cause, tous les êtres de la nature, avec plus d'unité, d'universalité, et de plénitude (unitius, universalius et plenius) ^ Prouver Dieu autrement que par l'expérience religieuse de l'extase, c'est donc établir que l'être qui existe par participation suppose un être qui existe par essence et par perfection, que toute puissance suppose une Puissance première absolue, toute connaissance une Sagesse première et infinie, tout amour un Amour premier- et parfait.

A cette preuve il arrive à Campanella de donner une forme qui, par l'ordre des idées, fait songer à la connexion établie par Descartes entre le « Cogito » et l'affirmation de Dieu. Comme l'auteur des Méditations, il part alors de la connaissance de l'âme par elle-même qui, en démontrant notre existence par la pensée, exclut le néant, et introduit la notion de l'Etre absolu, nécessaire pour rendre compte de l'être contingent et relatif : « Nous ne pouvons pourtant pas admettre, écrit-il. l'inexistence de toutes choses et de Dieu, et par conséquent le néant, car au moment où nous comprenons que les choses n'existent pas, nous ne pouvons pas comprendre que nousmêmes nous ne soyons pas ; si en effet nous n'existons pas, nous ne comprenons nullement. Mais si nous existons, alors Dieu aussi existe, comme cela sera prouvé, car s'il est donné quelque être diminué par participation, l'être par essence et

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