Met. lib. VIII, cap. III, art. I, pars II, p
2. Real. Phil. epilog., 1623 ; Physica, cap. I, art. II, p. 4.
li est fils du Non-Etre, c'est-à-dire de l'Impuissance. Sa place dans la hiérarchie des notions est donc moins élevée que celle de l'espace, à qui appartient la « pérennité ». Campanella se sépare ici de Télésio qui avait placé ces deux notions sur le même plan de réalité, et dont il avait reproduit presque littéralement la théorie dans le Compendium de rerum natura ^ — De celle-ci néanmoins il conserve plusieurs traits importants. A l'exemple de son maître, il avait démontré contre Aristote que la mesure a une existence distincte en dehors de l'objet mesuré, et que par conséquent il n'est pas de l'essence du temps d'être le nombre du mouvement. Il avait cru établir ainsi la nécessité de faire correspondre à cette notion une réalité d'une espèce toute particulière, distincte, comme celle de l'espace, de l'existence des objets sensibles, et constatée seulement, sans qu'on puisse l'expliquer, dans la succession des événements, notamment dans le mouvement du soleiP. Maintenant que sa métaphysique est constituée, Campanella reproduit encore les critiques de Télésio, mais il découvre dans une Primalité du Non-Etre : l'Impuissance, un principe d'explication de la durée.
L'origine de la succession, c'est l'impuissance oii se trouve la réalité physique du monde des corps distincts à exister au moment où elle le veut. « Le changement fait partie du devenir, et il est le Non-Etre de la chose qui devient. La chose qui devient existe en effet peu à peu, et, avant qu'elle existe tout entière dans la chose dans laquelle se forme un nouvel être, elle se succède à elle-même parties par parties, à cause de l'impuissance de ce qui agit, de l'opposition de ce qui résiste, et de l'écoulement de ces mêmes petites parties vers les corps de même espèce'. » — La conséquence de cette théorie, c'est que le changement est davantage dans le temps que le mouvement, qui sans doute y est plus qu« le repos, mais n'est pas, comme le changement physique, accompagné d'un écoulement
1. Prodr., Comp., p. 30. — Cf. Beal. Phil, 1623, Physica, cap. I, art. III, p. 16 ; — Telesio, De rerum natura, lib. I, cap. XXIX, p. 42 sqq ; — Fiorentino, Telesio, t. I, cap. IV, p. 231, 234-233.