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Esame del Pisano, o. c, doc. 408, p

9. Sur ce point, les témoignages abondent. L'expression curieuse : « far il crcscite » revient constamment à la boucbo des témoins : Som-

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la nouvelle République, les richesses seront mises en commun, et il sera permis à chacun de satisfaire ses désirs sexuels, sous l'unique réserve que seuls les hommes vigoureux, sains et bons, auront le droit de procréer des enfants '.

Entreces opinions et les doctrines exposées dans la Città del Sole, la concordance est frappante, dans le détail d'abord, ensuite dans l'ensemble. Les Solariens pratiquent le communisme des biens et des femmes. Ils réglementent le mariage en vue de la procréation d'hommes vigoureux, et autorisent en dehors de ces unions réglementées, et sous certaines conditions, la libre satisfaction de l'instinct sexuel. Ils vénèrent la mémoire de Jésus-Christ, au même titre que celle des autres grands législateurs, et ils l'adorent surtout dans ses œuvres, notamment dans la plus belle : le Soleil. Ils doutent des peines de l'autre vie, et conçoivent l'immortalité sous une forme qui ressemble à la transmigration des âmes. Ils remplacent le péché originel par l'idée de la transmission! héréditaire des défauts provenant de la mauvaise éducation' donnée par les parents 2. Leur robe blanche, qui leur descend jusqu'aux genoux, est exactement le costume qui d'après les témoignages produits au procès devait être adopté par tous les citoyens de la nouvelle République ^. Enfin, dans toutes leurs institutions, dans leurs dogmes et leurs mœurs, les Solariens sont représentés comme n'obéissant qu'à la seule nature : « Ce que tu me dis de ces gens-là qui ne connaissent que la loi naturelle, et qui sont si près du christianisme (qui, du reste, n'a rien ajouté à la loi naturelle si ce n'est les sacrements qui nous aident à l'observer), me fournit un argument très solide en faveur de la religion chrétienne.

mario, 0. c, p. 434 et 435, dépositions de fra Giovanni Battista di Pizzoni, de fra Silvestro di Lauriana, de fra Giovanni Battista di Placanica.

t. Esame di Maurizio di Rinaldis. o. c, doc. 307, p. 255.

2. Voir La Città del Sole, dans le manuscrit de la Vaticane publié par Kvacala. — Kvaf-ala, Gen., p. 48, lignes 11 sqq ; — p. 51, ligne 40 sqq ; — p. 52, 1. 1 à 39 ; p. 47, 1. 34 sq. ; p. 63, 1. 31 sq. ; p. 64, 1. 22 sq. ; p. 65, 1. 20 sq. — Civitas Solis, édition de 1623, p. 423 et 424 ; — p. 430- 431 ; p. 432, 422, 455, 457, 459-460. —

3. Città del Sole, Kvac-ala, Gen., p. 51, 1. 17-2S ; — Civitas Solia, éd. de 1623, p. 429-430 ; — cf. Soimnario, o. c, p. 440.

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qui est la plus vraie de toutes, et qui régnera un jour sur le monde entier, lorsque les abus qui l'altèrent auront disparu ^ »

Dira-t-on que la « Cité du Soleil » n'est qu'une utopie, et que Campanella ne prenait nullement à son compte, après 1599, les idées, les croyances et les pratiques morales des Solariens ■• Mais quel est le but de sa tentative philosophique, sinon de ramener le christianisme à la seule loi de la raison naturelle, qui selon lui a été celle de l'humanité à l'origine de son développement, et à laquelle elle reviendra à l'aube prochaine du nouvel âge d'or ? Il le répète bien souvent : toute règle contraire à la nature n'est qu'une règle fausse et un abus^. Quand il dit dans les Questioni suU'ottima republica que son utopie n'est pas une révélation de Dieu, mais « une invention philosophique de la raison humaine pour démontrer que la vérité de l'Evangile est conforme à la nature^ », il ne faut donc pas interpréter sa déclaration comme si elle entraînait la reconnaissance d'une opposition entre la religion de la raison et la vraie révélation, ni croire qu'il entend faire sérieusement et sincèrement la part du surnaturel chrétien. Ailleurs, en effet, il ne distingue pas l'enseignement du Christ de celui de la nature*, et du reste toute ambiguïté et toute équivoque est immédiatement dissipée, si on se reporte au titre primitif de la Città del Sole, qu'il n'a pas osé maintenir par la suite, et dans lequel il annonçait une description de la « réforme de la République chrétienne conforme à la promesse faite par Dieu à Sainte-Catherine et à Sainte-Brigitte » ^ : on voit que son livre était destiné,

1. Città del Sole, Kvafala, Gen., p. Co, \. 38 sq. ; Civitas Solis, éd. de 1623, p. 460; éd. de 1637, p. 166. —

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