Amabile, Cong., t. I, p. ISO et passim
3. Voir ci-après : Troisième Partie, chapitre troisième, 2. —
voir ^ Enfin les cérémonies et les sacrements lui paraissent jouer un rôle surtout moral et social, grâce à l'influence puissante qu'ils exercent sur la sensibilité et l'imagination des fidèles 2. Ce sont là précisément trois idées qui éclairent d'une lumière très vive la signification d'un des griefs relevés au procès d'hérésie, à la suite de la déposition d'un témoin qui déclarait avoir entendu Campanella rapporter à la raison d'Etat l'origine de la croyance au surnaturel, et avouait n'avoir nullement compris cette explication ^.
Ouvrons maintenant VAtheismus triumphatus, où le philosophe, suivant les déclarations faites ouvertement en octobre 1605 au nonce Jacopo Aldobrandini et au commissaire du Saint-Office fra Deodato Gentile, et reproduites dans ses lettres de 1606 au pape Paul V et aux cardinaux Farnèse et San-Giorgio, se proposait de s'assurer lui-même et d'assurer les hommes de la vérité du christianisme en le comparant avec les autres doctrines des philosophes et des sectes religieuses, et en démontrant sa parfaite conformité à la loi de nature. Dans plusieurs passages, l'auteur présente l'ouvrage comme un dialogue qui a lieu entre lui-même et son âme immatérielle (mens) *. A celle-ci il propose toute une série de doutes et de difficultés portant sur les dogmes les plus essentiels du catholicisme: la Trinité ^ l'Incarnation, l'Eucharistie^, ainsi que sur la légitimité du culte des astres^. Ces doutes, l'âme les surmonte à l'aide d'arguments dont nous aurons à expliquer le sens et à apprécier la sincérité. Pour l'instant, il nous suffit d'enregistrer l'aveu de Campanella : il a, dit-il, hésité à admettre plusieurs croyances étrangères à la raison