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nouvelles, issues de la révolution française, effarouchent nos cousins d'Amérique, si bien que, jamais, à la faculté de droit, une chaire n’a été oCcupée par un seul Français de France {1}. A la faculté de médecine, je suis le premier pour lequel une chaire ait été créée,
Un certain nombre de médecins canadiens viennent en France, maïs simplement pour se perfectionner lorsqu'ils sont déjà docteurs ; ils ne viennent pas commencer la médecine chez nous, aussi ils sont moins d'éducation médicale française que les Argentins de l'Amérique du Sud par exemple, où l’on voit, du reste, bien plus de livres médicaux de notre langue. 11 faut bien dire aussi que le Canadienfrançais est moins riche que l'Argentin. Les Canadiens vivent entre eux, ilsont un vocabulaire moins étendu que les Français de France; je crois qu’on peut affirmer qu’ils lisent moins que nous. J'espère ne pas me faire écharper par eux en affirmant ceci, d'autant plus que je trouve qu'ils ont raison. Ils ont bien d'autres choses à faire, dans ce pays neuf, qu’à chercher l’érudition, bonne pour les concours de la vieille Europe.
VI. — Les Canadiens ont donc encore, à l'heure actuelle, le désir de ne pas voir venir au milieu d'eux de médecins français.
Lorsque je suis arrivé en Australie, il ÿ a quinze ‘ns, comme directeur de l'Institut Pasteur à Sydney, j'xi présenté mon diplôme de docteur en
1} Cependant, d'ins les tribunaux de la province de Québec, on applique en grande partie nos lois francaises, et ou suit la coutume de Paris.
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médecine de la Faculté de Paris au conseil médical chargé d'examiner les demandes pour l'exercice de la médecine. On m'a questionné pendant cinq minutes sur la longueur de la durée des études médicales à Paris, sur les matières enseignées, et on m'a donné immédiatement le diplôme australien.
Pendant ma mission dans l’Afrique du Sud, feuilletant un jour le recueil des règlements sur l’exercice de la médecine, je vis que les médecins allemands, russes, suisses, autrichiens, pouvaient faire inscrire leur diplôme et exercer la médecine comme ils le voulaient. Le décret ne parlait pas des m idecins français ; je me rendis compte que c'était ,obablement parce que jamais un Français n’était venu faire inscrire son diplôme. J’écrivis au gouvernement pour faire combler cette lacune. Il me fut répondu que l’on ne pouvait pas ajouter les médecins français ; que si, au début, ils n'avaient pas été placés sur la liste, il devait y avoir une raison, mais que, pour moi, je n’avais qu’à produire mon diplôme et qu’on statuerait de suite sur mon cas en me donnant la licence. Je répondis qu’en mission officielle, chargé de soigner des hommes atteints de rage et d'autres du béri-béri, je ne considérais pas avoir besoin d'autorisation spéciale pour moi personnellement. Pendant tout mon séjour j’exerçai la médecine sans être inquiété. Je regrette, à l’heure actuelle, de ne m'être pas fait inscrire, car cela eût créé un précédent que les médecins français qui iront dans la suite s'installer dans le pays pourraient invoquer. J’ai signalé en son temps cette lacune des règlements qui, en ne mettantpas le docteur français sur le même
pied que celui des autres Pays, nous crée une infcriorité vis à vis des populations qui se demandent si les études faites en France ne sont pas aussi bonnes que celles faites dans les différents Pays compris sur la liste.
Quand je suis arrivé à Montréal l'an dernier, comme professeur à la Faculté de médecine, j'ai tenu à faire enregistrer mon diplôme pour avoir le droit de signer une ordonnance et surtout pour être, devant les élèves, un médecin aussi qualifié que les autres. Je présentai donc au conseil médical chargé d'examiner les titres des futurs praticiens mon diplôme de docteur en médecine de la Faculté de Paris et la licence qui me donne le droit d'exercer la médecine en Australie ; je pensais recevoir immédiatement le droit d'exercice de la médecine. 11 n’en fut rien. Les médecins m nis d’un dipiôme étranger doivent passer un exacn sur toutes les branches des études médicales avant de pouvoir pratiquer. Il me fallut subir une série d'épreuves devant dix médecins examinateurs, gouverneurs du collège des médecins, élus par leurs confrères ; l'examen dura plus de deux heures, plus de dix minutes pour chaque examinateur.
VIT. — Les questions qui m'ont été posées, ainsi que la durée des épreuves publiques, montrent que cet examen a été sérieusement fait. Voici ces questions :
Mécanisme de l'accouchement. — Accidents après l'accouchement. — Fièvres à la suite des accouchements. — Prolapsus utérin.
Mécanisme de l'infection de l'oreille externe, — Mécanisme de l'infection de l'oreille interne,
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Rhinite atrophique. Rhinite hypertrophique.
Innervation de l'œil. Troisième paire des nerfs craniens.
Les ophtalmies.
Diphtérie. Trachéotomie. Sérum.
Tumeurs adénoïdes.
Désinfection d’une pièce.
Maladies données par l'eau.
Quantité d’air nécessaire à la vie de l’homme.
Mécanisme de la mort dans la sidération.
Respiration artificielle. Tractions rythmées de la langue.
Génération spontanée.
Diagnostic différentiel entre "7 rage et le tétanos.
Scarlatine.
Cancer du sein.
Traitement des plaies simples.
Symptômes de l'empoisonnement par l’atropine.
Préparetion de l’eau oxygénée.
Adrénaline.
Calomel en thérapeutique.
Aloës.
Après m'avoir reçuavec grande distinction, comme veut bien le dire le rapport officiel, l'un des examinateurs vint, comme pour s’excuser, me dire : « Nous vous remercions d'avoir subi cet examen; maintenant, quels que soient les titres des médecins qui viendront de France, nous pourrons leur demander à tous de faire comme vous. Aucun ne pourra présenter plus de titres puisque vous veuiez comme professeur dans une de nos facultés où une chaire a eté créée pour vous. »
Ainsi donc, que le docteur en médecine français qui arrive au Canada sache bien qu’il aura à payer quarante dollars pour frais d'examen, vingt dollars pour frais de diplôme et qu'il devra se présente: devant un jury de médecins pour subir un examen de plus de deux heures sur toutes les matières qui composent l'enseignement médical. Après cela, mais seulement après, il aura le droit d'exercer la médecine.
On a tellement parlé du Canada depuis quelques années qu'il devient à la mode. Non seulement les colons agriculteurs songent à y aller, mais aussi ceux appartenant à des professions libérales. Nous pensons donc qu'il estutile de mettre en garde les médecins français qui songeraient à partir pour s'établir dans la province de Quebec.