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CANADA ET CANAD.ENS

blouses blanches, les blouses d'été. Je portais les

habits que j'avais en automne en France, rien de

plus. Lorsque je sortais, j'avais un manteau de fourrure, des gants chauds, une toque de fourrure,

ce qui me permettait de relever mon col de paletot lorsqu'il faisait trop froid dans la campagne. Mes | souliers étaient recouverts de saoutchoucs pour | m'empêcher de glisser, et, lorsque j'en eus l'habitude,

je marchais vite sur la neige dure qui craquait sous

mes pas et qui recouvrait le sol depuis le 20 no- | vembre, On ne voit jamais personne glisser et tomber, ce que j'ai fait une fois le premier jour.

Ce qu'il y a d’extraordinaire pour un colonial français, habitué aux pays chauds, c'est d'être dans une colonie et de marcher vite, d’avoir besoin d’activité. Plus de pas colonial mesuré, cadencé, que le plus vif des Français prend au bout de quelques mois de vie dans nos colonies chaudes. Je faisais avec plaisir, deux fois par jour et à pied, les trois kilomètres qui séparent la Ferme expérimentale (1), de la ligne des petits chars (à l'usage des Français de France, jetrad. ‘rai ce mot par son synonyme bien français celui-là : « Tramway »).

En France, j'ai tellement froid tout l'hiver que lorsque j'’arrivais autrefois à l’Institut Pasteur, mon premier soin était d'entrer dans la grande étuve où l'on cultive les microbes. Je restais là quelques minutes pour me réchauffer; mais bientôt il faisait trop chaud et il fallait sortir pour se refroidir dans les corridors.

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(4, Jardin d'essai d'Ottawa.

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Au Canada, dans toutes les maisons, existe une douce température entretenue dans toutes les pièces par des tuyaux d’eau chaude. Ce chauffage est produit par un poële situé au sous-sol ou à l'étage inférieur. Le feu ne s'éteint pas de tout l'hiver et pour une maison de dimension ordinaire, comme celle que représente le laboratoire de Biologie, où je travaille à la Ferme expérimentale, la dépense est seulement de quatre-vingts dollars, environ quatre cents francs par an.

Au dehors, il y a de la neige, mais jamais de pluie et jamais de brouillard, toujours du soleil.

Les ouvriers travaillent ici avec des gants, ils en ont tellement l'habitude que dans l'Ouest, pendant l'été, on voit des ouvriers terrassiers remuer la terre les mains gantées. Aussi, le dimanche, on reconnaît difficilement le travailleur de l'employé de commerce. Ils portent les mêmes habits, L'état des mains ne peut même pas servir à établir un diagnostic. -

III. — J'ai passé deux hivers dans ce pays, mes premières impressions ne sont pas modifiées (1). Il me reste de ces hivers le souvenir d’une période de soleil, d’une période où l'on s'amuse, car les sports qui s'organisent sur la neige et la glace, le toboggan, les raqueties, le hockey sont une source de plaisir pour tous les habitants qui volontiers prennent part

1) Le froid du Canada est passé en Europe à l'état de légende. Un journai parisien a donné l'année dernière un cliché photograe phique représentant une maison de Montréal recouverte de glace : pour la dégager on fut obligé d'employer la pioche et !a béche. Or, cette maison. que jai vue, avait subi un comm nent d'incondia et l'eau des pompes d'extinction avait gelé, c'est ce qui explique la formation de ces stalactites en pleine rue.

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à ces divertissements si hygiéniques. Les voitures sont remplacées par des traineaux qui glissent sur la neige et, sur le siège ou couvrant les voyageurs, on voit les belles peaux noires des bulfalos. Les clochettes tintent aux brancards et rompent le silence, Les enfants se bousculent, se vautrent dans la neige, en font des projectiles inolfensifs qu'ils se lancent ou glissent dans toutes les rues sur de petits toboggans. Des mamans poussent de minuscules traineaux où des petits enfants ont des figures réjouies,.

Cependant, si l’on ne souffre pas du froid, il arrive quelquefois, lorsque la température est très basse, l’air calme, le soleil brillant, d'avoir tout à coup la surprise de ne plus sentir son nez ou ses creilles, mais en les frottant un peu on ramène la circulation et on évite ainsi d’avoir une partie du visage gelée, Cela m'est arrivé une fois au commencement du mois de février, il m'a suffi de ramener ma casquette de fourrure sur mes oreilles pour éviter la désagréable impression dont je commencçais à subir les elfets.

A cette occasion un Canadien me racontait l’histoire suivante :

Un Canadien-français du nom de Gouin, ancien officier devenu cultivateur, reconduisait un jour dans sa carriole le gouverneur lord Dorchester. On était au mois de janvier et il faisait un froid glacial. Le gouverneur passait l'hiver pour la première fois dans ce pays de neige. Sans méfiance, il avait négligé d'emmitoufler, avec le reste, son nez qu'il avait fort grand. Tout à coup son compagnon s’aper-

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