‹ Canada et canadiens [microforme]Chapitre 44 sur 78 · EST ARE · texte numérisé non relu

EST ARE

m'occupe beaucoup d’elle. La mère, qui s’est aperçue du manège, sourit. Je lui parle. Elle me dit que sa fille a quatre ans. Elle est belle et forte pour son âge.

Au dehors, la prairie se déroule sans {:. E!le est moins mouvementée qu'autour de Lethoridge; il ny a pas d'arbres, mais la campagne est :e: cultivée : des champs à perte de vue, du blé, de: vraies piantations de betteraves; c'est, du reste, le pays des sucreries. Au loin, à plus de quatre-vingts kilomètres, les Montagnes-Rocheuses, au sommet couvert de neige.

IT. — Le train ralentit sa marche, nous arrivons. Une de nos voyageuses salue de la main un homme qui est sur la route, puis se retourne en rougissant. — « Magrath!! » Je descends. Lévi Harker est là, il m'attend. Il me présente un Anglais, ‘rès au coul'au, me dit-il, des cas de dourine qui ont eu lieu dans le pays.

Je demande à cet Anglais s’il est Mormon, il me répond qu'il est méthodiste, mais que, malgré les différentes confessions auxquelles ils appartiennent, tous les habitants du pays vivent ensemble en bonne intelligence.

À Magrath, dans cette ville vieille de six ans, il \ a 1.265 habitants, sur lesquels cent environ ne sont pas Mormons. Je retourne auprès du bishop, auquel je dis que je ne suis pas seulement venu pour l'étude de la dourine, mais aussi, en grande partie, pour voir les Mormons. Je lui exprime mon désir de ne pas passer ma journée entière avec un méthodiste, malgré toute l'aménité de celui avec lequel il a bien voulu me mettre en rapport. Il m'a compris. Îi me

présente alors à un j--ne homme qui parait avoir vingt-deux ans. C’est un missionnaire mormon ; il parle le français, à été en mission en Belgique et en Suisse, où les Mormons ont des adeptes. Je ne me sens pas d'aise, tant je suis content de ne pas visiter cette ville de Mormons avec un méthodiste, et lui demande de rester avec lui les heures que je passerai à Magrath. Il m'engage à monter dans la voiture du méthodiste et me prévient qu'il viendra me prendre dans une heure pour m'amener déjeuner dans sa famille. Je vais enlin voir un intérieur de Mormons, y vivre quelques heures. Je suis joyeux d’ajouter cet incident à l'imprévu de ma vie.

Je pars donc en voiture avec le méthodiste. Il s'occupe d'importation de fer et se plait dans ce pays. « Les Mormons, me dit-il, sont de braves gens. Iei, les différents cultes ont leur temple où chacun se rend, mais c'est affaire de religion, sans aucune influence sur les questions commerciales. » Nous nous arrêtons devant un magasin, dans la rue principale de la ville. On y vend de tout : des chapeaux de femme, de la lingerie, de la mercerie, de l’épicerie. Le propriétaire a un cheval atteint de la dourine, Je demande s’il est Mormon (le propriétaire, pas le cheval); on me répond négativement. Il est anglican de la high church. 11 y à trois magasins comme le sien dans la ville, mais comme il cherche à satisfair: sa clientèle le mieux possible, il fait bien ses affaires. Aussi va-t-il mettre un peu plus de capital dans son commerce, afin de lui donner plus d'importance. Lui aussi sa dit content d'être dans un pays de Mormons. Je demande à entrer chez le médecin de Magrath,

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