LES MORMONS AU CANADA
L. Les Mormons dans le sud de l'Alberta. — IL, Visite d'une de leurs villes, — [IT. Organisation sociale des Mormons, — IV. La religion des Mormons. — V. Le livre des Mormons, — VI. Polygamie,
1. — Pendant mon voyage dans le sud de l'Alberta j'ai fait une excursion aux environs de Lethbridge, dans la région colonisée par les Mormons où les cas
de dourine (1) avaient été particulièrement nombreux.
Cette région fertiie manque un peu d’eau; celui qui à eu l'idée de la coloniser a d’abord pensé qu'il pourrait être utile d’y attirer des Français et, pendant deux ans, des négociations ont été faites avec les habitants de la région de Banyuls, qu'il considérait comme étant au courant des choses de l'irrigation. M. Magrath {2, n'ayant pu attirer des
1, Avarie du cheval. Voir chapitre XL.
(2, Fondateur de la ville de Magrath.
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Français de ce côté-là, eut l'idée d'aller à Salt-Lake- City demander aux Mormons de venir coloniser le pays.
Le 14 septembre 1906, je rartais de Lethbridge par le train de 7 h. 30 du matin, qui devait me conduire à Magrath. Deux jours avant mon départ,
j'avais recu du bishop Levi Harker, le grand chef des Mormons, une lettre en réponse à la mienne, où je lui demandais si je pouvais visiter son settlement. En quittant Lethbridge, je luitéléphonai pour l’avertir de ma visite pour le lendemain.
A la gare, je trouve l’hon. Finley, ministre de l'Agriculture de l'Alberta; il va à Raymond inaugurer la foire de cette ville, bâtie par les Mormons et située à quarante kilomètres de Magrath. Ce mème ministre est venu, il ÿ à huit jours, me rencontrer à la gare de Médicine-Hat, où il était de Passage. Au moment où nous pastions de Lethbridge, je le retrouve en Voyageur, sa valise à la main, son billet de chemin de fer à son chapeau comme nous tous. Nous causons, il est question de la dourine.
Me voilà dans le train quime mène à Magrath, où j'arriverai à neuf heures. Autour de moi, je vois de
nombreuses familles. Ce sont des Mormons, je sup-
pose. Il y a des mères qui allaitent leurs enfants, d’autres plus grands les entourent ; trois ou quatre de différents âges sont auprés de chaque femme. Ils sont jolis en général et paraissent forts et bien portants. Je fais des avances à une petite fille blonde. Elle minaude un peu, baisse modestement ses yeux bieus, me regarde en dessous et se retourne detemps
à autre. Bref, je l’oceupe beaucoup et, du reste, je
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