LES DOUKHOBORS ET LA POLITIQUE CANADIENNE
I. Arrivée des Doukhobors. — Il. Leurs centres de colonisation. — II. Tolstoi et les quakers. — IV. Le communisme des Doukhobors. — V. Ils marchent nus dans la campagne. — VI. Persécution.
I. — Depuis dix ans que M. Laurier est premier ministre du Canada, l’opposition n’a pas fait beaucoup parler d'elle. Son programme est, du reste, bien difficile à différencier de celui du parti au pouvoir. À tel point que les conservateurs, pour expli- É quer les progrès indiscutables faits depuis dix ans dans la politique économique du pays, disent que les libéraux se sont appropriés le programme des conservateurs et que là est la cause du succès. Une nouvelle législature commencera l’année prochaine, les dernières élections générales ayant eu lieu il y a quatre ans. L'opposition a peu de chances d'arriver
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au pouvoir, mais elle cherche cependant ses armes de différents côtés. Une question qu’elle soulève en ce moment est celle des Doukhobors. Elle reproche au gouvernement Laurier de spolier des colons qu'on a fait venir au nombre de neuf mille, il y a neuf années, sachant parfaitement que s'ils quittaient la Russie, c'est parce qu'ils se mettaient en dehors des lois de leur pays, et mainteaant ils agissent à l'égard du Canada comme jadis à celui de leur pays d’origine. Le gouvernement, dit-on, aurait dù s’attendre à ce qui arrive et le prévoir, afin de ne pas risquer de s’aliéner ces neuf mille colons russes au moment où des efforts considérables sont faits en vue de la colonisation du Canada.
Dans ce pays qui se proclame celui de toutes les libertés, où toutes les dénominations religieuses sont représentées depuis le catholicisme et le protestantisme avec toutes ses sectes jusqu'à l’Armée du Salut, les Mormons, les Scientistes, les Honorrites, etc., le gouvernement aurait voulu de la façon la plus élégante possible se débarrasser de ces gènants Doukhobors et était prèt à payer le rapatriement de ces sujets du tsar, mais le gouvernement russe refuse absolument de les reprendre puisqu'ils ont conservé leurs idées philosopaiques, qu’ils continuent à les mettre en pratique et qu’il faudra recommencer, parce qu'ils refuseront d’obéir à la loi commune, d’en envoyer un certain nombre en Sibérie.
À l'heure actuelle, la plupart de ceux qui résident au Canada ont encore là-bas des parents prisonniers. Veriguine, leur chef, n’est venu les rejoindre qu'il ÿ a sept ans. Il quittait alors la Sibérie où son père était
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