SR RE SAR ST DEEE VIRE A M
doit avoir une église et ressentir le besoin de la fré-
quenter.
Combien on est loin de notre libertarisme français! :
VI. — Les différences que je signale ici dans l'éducation des Canadiens et des Français de France expliquent jusqu’à un certain point pourquoi notre compatriote éprouve de la difficulté à réussir au Canada.
Le maudit Français (1), comme disent les Canadiens, est reçu avec amalilité lorsqu'il passe au pays (2), mais ila trop de points de dissemblance pour ètre complètement accepté, pour être englobé par nos cousins canadiens. Ils ont une prévention contre lui. Je puis citer des Français de France qui ont réussi dans le commerce mais n'ont pu arriver dans leurs affaires qu’en employant des commis canadiens. {ls auraient certainement obtenu des résultats moins favorables en se servant d’un personnel venu de France.
Il y a là une mentalité dont il faut tenir compte ; elle tient, je crois, à notre différence d'éducation, à l’évolution particulière subie par les Canadiens, du fait du voisinage des États-Unis.
Les prètres français eux-mêmes ne trouvent pas grâce aux yeux des Canadiens. Cette phrase, cueillie dans un journal de Montréal du mois de mai 1908, renseigne sur cet état d'esprit :
DRM 6575 - Re 0 SN ER Met 8 40 bou rca 1 da Lee canin ne ee :
1 Nos cousins prononcent ordinairement /ranç«, de mème qu'ils disent le Zât, pour le lait, Angla pour anglais, ce qui est bien normand
(2 C'est ainsi qu'ils désignent le Canada.
sue étui | SE rés
pesait fu létasilast | literie 24 soc
« Ah! s’il y a une chose à reprendre, c’est bien notre sot emballement pour tout ce qui est étranger, et particulièrement tout ce qui est français. S'agit-il d’avoir un principal pour une école des hautes études commerciales, vite, traversons l'Océan (1 ! Comme s’il était vraiment trop difficile à un homme intelligent et instruit d'aller étudier sur place le fonctionnement de quelques écoles de ce genre! S'agit-il d'enseigner la littérature, la chimie, les mathématiques, que sais-je? on va chercher des étrangers : nous ne sommes pas assez fütés à ce qu’il parait...
« Nous n'avons pas d'hommes ! dit-on. Maïs est-il si difficile d’en former, des hommes ? Sommes-nous tellement dépourvus que nous ne puissions préparer des sujets, quand certains des nôtres, instruits à l'étranger, remportent des distinctions remarquables ? Ne pourrait-on nous donner des prédicateurs canadiens qui vaudraient amplement ceux qu’on importe de l'étranger ?.. »
Je me souviens d’un jeune Français de France, ingénieur électricien très instruit, sortant d’une de nos écoles techniques. Il avait commis l'erreur d’entrer dans une grande usine d'électricité de la province de Québec sans savoir l'anglais, aussi l’avait-on mis sous la coupe d’un contremaitre canadien-français qui servait de traducteur entre les ingénieurs anglais et le Français. Quelques jours après son entrée, le Canadien lui dit : « Vous êtes d’une famille aisée, Pourquoi n’êtes-vous pas resté dans votre pays au
(1) C'est un Belge, venant de l'Université catholique de Louvain, qui à été nommé, à !n fin de 1907, à la tête de cette nouvelle école des Hautes Etudes commerciales.