RÉFORMES FAITES PAR LE GOUVERNEMENT
Quoi qu'il en soit de ces griefs, le gouvernement avait résolu d'y remédier plusieurs mois avant la révolte. Il est injuste de prétendre que les ministres n'ont agi que lorsque les fusils sont partis. Le combat du Lac des Canards — la première rencontre et la seule entre les Métis et la police à cheval — a eu lieu le 26 mars 1885. Or, dès le commencement de février — c’està-dire environ sept semaines avant ce combat — sir John Macdonald télégraphiait à M. Charles Nolin, l'un des chefs métis, que le gouvernement allait sans tarder faire droit aux demandes des Métis. C’est ce qu'a juré Charles Nolin lors du procès de Riel. D'un autre côté, le Père André a juré, dans le même procès, que le 4 mars 1885, une autre dépêche a été reçue annonçant que le gouvernement allait mettre les Métis du Nord-Ouest sur le même pied que ceux de Manitoba. Bien plus, le P. André a juré que toutes les réclamations des Métis étaient réglées avant la révolte, sau‘ la taxe de la coupe sur le bois.
On a beaucoup parlé des lettres du P. André, dont les premières sont si accablantes, si écrasantes pour Riel; on en a publié d'autres, écrites évidemment sous le coup des sympathies que la fin tragique du chef métis lui avait inspirées. On sait, en eflet, que le P. André fut son confesseur, qu'il passa à ses côtés ses derniers inoments, qu'il eut la consolation de le ramener à la religion de ses pères, religion qu'il avait apostasiée et qu’il avait fait apostasier par les Métis. Laissons de côté les lettres du P. André, puisqu'elles sont contradictoires sur quelques points, et citons un document inattaquable, son témoignage sous serment lors du procès de Regina.
Il résulte de cet interrogatoire : 1° que les Métis, avant l’arrivée de Riel, deman. daient des titres pour leurs terres, qu’elles fussent b nées en front à la rivière, ainsi que l'abolition des taxes sur les bois; et ils réclamaient les droits de ceux qui n'avaient pas eu de scrips à Manitoba, — 2% Que le gouvernement a répondu qu'il accorderait le changement dans le mode d’arpentage des lots le long de la rivière ; — qu’il a envoyé le #4 mars un télégramme accordant des scrips en réponse à certaines réclamations relatives à ceux qui n'avaient pas eu de scrips à Manitoba; enfin, quant à la question des (leitres patentes que M. Duck a été envoyé pour la régler, — Il ne restait donc à résoudre que les difficultés relatives à la coupe du bois.
On le voit, la révolte n'avait aucunement sa raison d'être. Les principaux
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