LES EXIGENCES DE RIEL
Comment donc expliquer cette levée de boucliers? La raison nous en a été donnée au cours du procès de Régina. En même temps que les Métis réclamaient du gouvernement certains droits, Riel, lui, négociait plus ou moins secrètement pour obtenir une forte indemnité pour couvrir, disait-il, les pertes résultant de sa première révolte. Le P. André a été l’un de ses intermédiaires. M. McDowal, membre du conseil du Nord-Ouest, en fut un autre. Riel réclama d’abord $ 100,000. — On lui fit comprendre que c'était exorbitant. — Il se rabattait str $ 35,000. On lui dit encore qu'il serait difficile, sinon impossible, d'obtenir cet scrme. — Eh bien, dit-il, au P. André, tâchez d'avoir le plus possible comptant, et nous aviserons pour le reste. Dès le début, le P. André ayant fait observer à Riel que, quand bien même il recevrait une forte somme d'argent, cela ne réglerait pas la question métisse, il répondit : « Si je suis satisfait, les Métis le seront. » Ainsi toute la question métisse se réduisait à sa seule personne, suivant Riel. « Quand Auguste avait bu, toute la Pologne était ivre. »
Si le gouvernement eût voulu fournir la somme exigée par Riel, ce dernier eût consenti à se réfugier n'importe où. Il déclara un jour à Charles Nolin qu'avec ses $ 100,000 il irait fonder un journal aux États-Unis, et que là il soulèverait toutes les autres nationalités pour s'emparer du Nord- Ouest.